La vie de Guillaume Peltier, c'est un peu l'histoire d'une jeune fille rangée. L'étoile filante de l'extrême droite finit comme il se doit, en poussière d'étoile... C'est désormais probable : le
garçon finira conseiller général de l'Indre-et-Loire, sous l'étiquette UMP. On comprend la déception de nombre de ses admirateurs, qui n'avait pas vu chez ce jeune loup l'ambition et
l'opportunisme de Rastignac et en faisait au contraire un modèle de probité tout neuf.
Nous n'étions pas, pour notre part, tombés dans le panneau.
Guillaume Peltier commença sa carrière militante dans les chapelles intégroïdes. Il fut le chef d'un mouvement traditionnaliste jeuniste appelé JAC - Jeunesse, Action, Chrétienté (tout un
programme) en même temps qu'il militait au FN. Il quitta bien vite le sulfureux parti pour offrir son sourire carnassier au service de la cause villiériste.
Peltier se fit remarquer au MPF. Parmi un bande de jeunes qui fleurait bon la naphtaline, son relatif sens de la communication (le jeans plutôt que le velours, les Rayban plutôt que les lunettes
d'écaille) lui garantit une ascension fulgurante. Il devint le bras droit de Villiers.
C'est à ce titre et tout naturellement, quoi que l'intéressé en pense, que Guillaume Peltier dut rendre des comptes, après l'échec tragique de Villiers à la présidentielle :
n'était-il pas directeur de campagne? On se mit à le détester au MPF. Lui n'apprit pas grand'chose : campagne hargneuse aux municipales de Tours contre Donnedieu (qui est nul, certes) et propos
publics peu amènes envers Villiers - vrai coupable de l'échec à la présidentielle selon lui. On le mit à la porte.
On apprend donc aujourd'hui que son passage à l'UMP est sur le point d'être officialisé. Peltier était poussière et retourne aujourd'hui à la poussière. Tous nos voeux de succès à M. le
conseiller général!
Par Secrétaire Général
-
Publié dans : Microcosme
-
0
-
Recommander
La campagne pour les élections européennes de demain était d'une fadeur rarement atteinte, et dans le fond (que l'on a touché), et dans la forme (soporifique). seul petit piment (d'Espelette) :
la sortie de Bayrou face au gauchiste Daniel Cohn. Bayrou, rebondissant sur le terme "ignominie" employé par l'autre, a fait allusion à une vieille histoire : c'était dans les années 70 et Dany
le rouge vantait les mérites du sexe pour les enfants. Coup bas objectif de Bayrou, certes, sur un sujet tellement à la mode, certes-bis.
Mais voilà : tout le monde a accâblé ce pauvre Bayrou et l'a traité de monstre, avec une emphase très suspecte. Car enfin, si le procédé employé par le Béarnais est contestable, il
n'en est pas moins un "classique" de la politique que tous ou presque pratiquent à l'occasion! Qui ne reparle pas du bruit et de l'odeur à Jacques Chirac? Des points de détail à Le Pen? (etc,
etc.). Les réactions excessives de tous les parangons en disent long sur la détestation qu'on porte à François Bayrou. Peu suspects de sympathie politique pour l'homme, l'affaire nous le rend
sympathique tant, au-delà du procédé du vieux dossier, le sujet de fond est grave : quand Morin qualifie quasiment Bayrou de fou, d'homme "qui perd tous ses repères", n'est-il pas en train
d'inverser les rôles? N'est-ce pas l'apologue de la sexualité infantile qui a, depuis longtemps, perdu ses repères? On pourrait - on devrait, même - exiger de Cohn-Bendit un long développement
sur ces thèmes, car c'est bien l'ambiguïté entretenue sur ses théories de jeunesse qui est la cause première des attaques de Bayrou, et non la perte de repères de Bayrou lui-même.
Morin, Bertrand, Bachelot et les autres ne sont animés que par des motifs politiciens : Bayrou est l'homme à abattre et tous les moyens sont bons. Ce faisant, en occultant purement et simplement
la question de fond, ils jouent avec le feu et laissent croire qu'ils minorent la gravité du sujet... Tandis que Bayrou, exaspérant qu'il est dans son rôle d'instituteur "IIIème République", a au
moins la morale pour lui, nous affirmons, nous, que c'est ce pauvre Morin qui a perdu tous ses repères!
Par Secrétaire Général
-
Publié dans : Journal de campagne
-
0
-
Recommander
Ségolène n'est pas mon parti [...]. Martine, elle, est archaïque, ringarde, c'est une salope. Elle m'a tué, mais c'est mon parti.
Bertrand Delanoë, in Le Canard Enchaîné, 19 novembre 2008 (page 2).
Par Secrétaire Général
-
Publié dans : Socialisme à visage humain
-
0
-
Recommander
Dimanche 23 novembre 2008
Quel heureux dénouement! On pouvait craindre le pire : en opposant deux candidates au tempérament de feu (voire au caractère insupportable), les socialistes se sont offert un beau
crêpage de chignons qui aurait pu très mal finir. Or le résultat dépasse toutes les espérances : c'est Margolène Robry qui a été élue.
A tous les sympathisants socialistes, à tous les ténors en mal de chef d'orchestre, Margolène apporte enfin clarté et force de volonté. Après la gestion en rondeurs de François Hollande, la
ligne claire tant attendue, la voici!
C'était un match entre raison et sentiment, entre militants et supporters, entre le centre et l'aile gauche.... La synthèse issue des urnes est parfaite, exemple d'équilibre subtil et
de conciliation des contraires : foi et raison, pour et contre le MoDem à la fois, les Chtis et les Provençaux tous ensemble. Aucun doute, le nouveau PS est arrivé.
Nous présentons tous nos voeux de succès à Margolène qui, nous n'en doutons pas, va nous faire rêver encore longtemps!
M. le président, félicitations ! Au terme d'une brillante campagne, qui, toute proportion gardée, nous en rappelle une autre, vous avez brillament conquis la Maison Blanche et emporté une
victoire historique.
Je ne reviens pas sur ce qui a déjà l'objet de nombreuses analyses : un président Noir, 45 ans après le "I have a dream" de Martin Luther King, dans un pays encore hanté par l'esclavage, la
guerre de Sécession, la ségrégation et le racisme ordinaire d'une société dite multiculturelle ou multiraciale.
Je m'attarde seulement sur l'espoir que suscite votre élection. Un espoir - je le dis pour mes détracteurs et néanmoins amis de la Démocratie Nationale - qui n'a rien à voir avec ce doux parfum
léger et bobo qui amène le monde à s'extasier devant le triomphe (néanmoins historique) d'un métis qui a vécu en Indonésie et triomphé des Clinton comme des Républicains.
Cet espoir est proportionnel à l'ampleur du rejet, du ressentiment, voire même du dégoût qu'inspire l'Administration Bush au monde en général et à la France (qu'elle soit gaulliste ou gauchiste
!) en particulier.
Il est également à la mesure de la crainte que pouvait inspirer l'accession d'une nouvelle néo-conservatrice à la vice-présidence et pourquoi pas (à 72 ans, un drame est si vite arrivé) à la
présidence. Mme Palin, sans sombrer dans la critique caricaturale, je ne crois définitivement pas que le seul critère pour savoir si une personne est digne ou non d'assumer la direction d'un pays
soit sa position sur l'avortement. Pro-life ou pro-choice, qu'est-ce que cela a à voir avec la gestion de deux guerres et d'une crise économique ?
Cet espoir est néanmoins raisonné et vigilant. Mr Obama, nous nous y attendons et c'est tout simplement votre mission, vous avez en charge les intérêts suprêmes de l'Amérique et vous les
défendrez de toute votre force jusqu'au terme de votre mandat. Vous n'hésiterez pas une seconde à essayer d'affirmer votre leadership et à profiter de votre charisme et de votre aura pour
l'imposer. Pas plus qu'hier, nous n'accepterons, nous vieux Français et Européens, d'être des vassaux. Plus qu'hier en revanche, nous vous attendons avec impatience pour éteindre l'incendie
financier, faire progresser la paix au Proche-Orient et restaurer avec nous le dialogue des civilisations.
La tâche est immense. Vous n'êtes pas un dieu, ni même un surhomme. Vous avez cependant montré à une époque où beaucoup en doutent (j'en ai fait partie) que la volonté politique n'est pas rien et
qu'elle peut faire bouger les choses.
Par Kléber
-
Publié dans : Points de vue
-
1
-
Recommander
Toujours désireux d'expliquer à nos lecteurs les maux du monde dans un langage qu'ils puissent comprendre, le RDN est heureux de vous offrir cette parabole pour illustrer les subprimes.
Nous sommes sûrs que chacun saura s'identifier sans difficulté aux protagonistes de notre petite histoire et mieux comprendre ainsi les rouages complexes des marchés
financiers.
Alors voilà, Mme. Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de Calais. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au
chômage de longue durée.
Vu qu'elle vend à crédit, Mme. Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du "calva" et du ballon de rouge. Le jeune et dynamique directeur de
l'agence bancaire locale, quant à lui, pense que les "ardoises" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme. Ginette, ayant les dettes des
ivrognes comme garantie.
Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre. Ces instruments
financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties
sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme Ginette).
Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays. Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que
les alcoolos du troquet de Bertincourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes. La buvette de Mme. Ginette fait faillite. Et le monde entier l'a dans l'os...
Par Alcoolique Anonyme
-
Publié dans : Gaudriole
-
1
-
Recommander
Il n'est un secret pour personne que les députés sont habituellement soumis aux consignes strictes et fermes du gouvernement. Le suspense haletant de la préparation du congrès qui va modifier
notre Constitution semble cependant générer des inquiétudes telles que le gouvernement sort l'artillerie lourde. Philippe de Villiers finit par balancer : c'est drôle.
Villiers décrit ce qui s'appelle tout simplement du harcèlement et du chantage : coups de fil répétés et insistants (un appel par heure!), qui viennent de plus en plus haut, pour demander de
voter la réforme. On demande au député ce qui lui ferait plaisir ("une mission sur la famille?" cite Villiers) avant de sortir l'artillerie lourde : le commissaire politique Marleix fait du
chantage à la carte électorale. En clair, si le député ne vote pas bien, on le menace de redécouper sa circonscription de sorte qu'il ne soit pas réélu.
Ces pratiques méritent d'être connues. Certes elles n'ont rien de nouveau, mais la crainte de l'échec lors du vote entraîne dans des proportions inouies le clientélisme bas de gamme. On peut
s'interroger sur la permanence de pratiques choquantes et pourtant à peine masquées :
- la supériorité de la vérité sur l'erreur s'impose naturellement et permet de convaincre les parlementaires de choisir le bien contre le mal ?
- la nullité des parlementaires oblige le gouvernement à en arriver là pour sauver la démocratie ?
- le cynisme des uns et des autres permet de trouver des arrangements qui satisfont toutes les parties ?
Quoiqu'il en soit, nous voici au coeur du paradoxe : pour modifier une Constitution en faveur du rôle du parlement, on déploie des trésors d'inventivité pour réduire à néant ce même rôle. Comme
Villiers rend l'affaire publique, tout le monde se trouve discrédité. La réforme de la Constitution commence très mal! Pour la mise en pratique, on devrait bien rigoler.
Par Peronito
-
Publié dans : France
-
0
-
Recommander
Les
sarkofanatiques de l'économie de bouts de chandelles, gavés de RGPP et d'OGM gascon, vont encore nous faire de mauvais procès. Pourtant, il ne s'agit pas de la querelle des anciens et
des modernes. Il ne s'agit pas non plus de se cacher derrière les symboles de la République pour faire l'apologie béate des conseils généraux et défendre ainsi le précieux siège d'élu du
canton qui fabrique une foule de petits barons locaux inutiles.
Il ne s'agit que de symboles. Un détail? Pas forcément. On ne peut sans cesse vider de son sens tout ce qu'on touche sans proposer des repères culturels alternatifs! On évoquait ici, il y a peu,
le blues de l'armée : celle-ci n'a pas le blues parce qu'on la réforme (c'est nécessaire!), elle a le blues parce qu'on profite de la réforme pour imposer aussi la révolution culturelle : les
militaires ressentent que sous les hordes des Huns libéraux, l'herbe verte de l'esprit militaire qui fonde le sens du sacrifice des soldat ne repoussera pas.
Mutatis mutandis, comme dirait l'autre, c'est un peu pareil pour le département. L'organisation administrative n'est pas optimale, soit. Mais la réforme est loin d'être faite! Or on voudrait
supprimer le numéro de département. Le prétexte invoqué est mathématiquement indéfendable et sort tout droit de l'esprit malin (et avide) de consultants qui ont vu là le moyen de vendre
une lucrative révolution. Ce qui est sûr, c'est que le vide symbolique créé par la disparition du numéro de département n'est remplacé par rien. L'attachement au 64 donne une fierté aux béarnais,
qui en ont fait une marque de fringues à succès. L'attachement au 08 est ce qui reste à l'ardennais pour lui donner envie de se battre, de créer, d'entreprendre alors que le département,
sinistré, perd aussi ses tribunaux et ses casernes. C'est une partie intégrante de l'identité nationale qui permet une fierté locale dans le plus strict respect de l'unité de la République.
Oter ça aux Français, en ricanant de la ménagère qui joue à deviner d'où vient la voiture immatriculée 87 sur la route des congés payés, c'est idiot et c'est irresponsable.
La nature a horreur du vide. L'apparition prochaine des langues régionales dans la Constitution est-elle d'ailleurs une simple coïncidence ou bien le comblement d'un vide? Toujours est-il
que ce nouveau régionaliste est bien moins innocent pour la République que le gentil numéro de département. Mais l'Europe des régions qui pointe son nez est-elle justement
l'horizon inavouable des néo-minéralogistes.
C'est pourquoi, avec nous, jamais sans mon département!
Par Peronito
-
Publié dans : Société
-
3
-
Recommander
Voici un texte qui circule dans l'armée. Il en dit long sur le malaise de nos soldats...
"27 juin 2018, manifestation de passation de management de la base de sécurité et défense de X...
Le commentateur : Mesdames, Messieurs,
La manifestation à laquelle vous allez assister est organisée à l'occasion de la passation de commandance de la base de sécurité et défense de X... Elle est placée sous le haut patronage de M. le
Haut manager à la défense, près le ministère de la sécurité.. Sur les rangs, de l'extrême gauche vers la gauche, vous reconnaîtrez : l'agence de management de la base, la task-force de
l'out-sourcing, la cellule de benchmarking, le bureau des ingénieurs civils pilotes de drones et robots, le bureau des commandos de la guerre virtuelle, le bureau des experts de systèmes de
systèmes, le bureau du contrôle de gestion, les délégations syndicales, la société de transports contractualisés, l'entreprise de maintenance externalisée, le comité local de vigilance contre la
résurgence du militarisme, les pompiers de la municipalité, une délégation de la gendarmolice, une délégation de consultants.
Par devoir de mémoire et respect humanitaire, une délégation de l'association des anciens militaires et de drapeaux des anciens régiments et bases aériennes dissous a été conviée. Elle est placée
à l'extrême droite du dispositif..
La manifestation commencera par une allocution du délégué à la défense de la préfecture régionale, qui prononcera la formule de passation de commandance : "Vous reconnaîtrez désormais pour
manager l'attaché principal d'administration Jean Civil, ici présent, et vous vous concerterez sur tout ce qu'il vous proposera, pour le bien du service, l'observation des lois, le respect de la
réglementation et la garantie de la sécurité de la France".
Il est rappelé que :
- par solidarité avec les personnes à mobilité réduite, il est recommandé de ne pas se lever pendant que le DJ fera jouer le MP3 de l'hymne national "La Lilloise" ;
- lorsque que le délégué criera "Et par le ministre", vous êtes invités à répondre, avec les collaborateurs de la base, "vive la sécurité !".
Cette première partie de la manifestation sera suivie d'une marche éco-citoyenne de proximité et de solidarité républicaines, organisée selon le rituel officiel établi par M. Découfflé, président
du comité de démilitarisation des manifestations de la défense. Le DJ diffusera la version remixée de l'hymne de la défense "Civils et volontaires". Vous êtes bien entendu invités à chanter en
profitant de l'écran géant de karaoké placé en fond de tableau.
Enfin, un buffet payant vous sera servi par la société Sodexho. Une partie des bénéfices sera versée à l'Association de secours aux anciens militaires devenus SDF (ASAM-DSDF), l'autre partie
étant au profit des associations Greenpeace, DAL et ATTAC."
Par Secrétaire Général
-
Publié dans : Politique fiction
-
0
-
Recommander
Commentaires