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Samedi 19 avril 2008

Des sauvageons ont caillassé le mur de la paix. Ce n'est pas bien. Mais c'est une occasion inespérée pour débarrasser le champ de Mars de cette vilaine verrue. Le mur de la paix était un monument provisoire : happening maçonnique d'une artiste (mal) inspirée, Clara Halter (femme d'un écrivain dont j'oublie le nom). Le provisoire a trop duré. If faut dire que ça devait être si plaisant aux bobos à vélib' d'avoir ce truc en plastique sur le champ du dieu de la guerre et face à l'école militaire.

Je sais bien qu'au pied du mur tous les alcooliques du quartier viennent trinquer à la paix universelle ; je sais bien que la jeunesse encannabissée vient y fumer le calumet de la paix ; je sais que la bourgeoisie locale aime aussi y célébrer la concorde sociale entre gens de même milieu, lors de pique-niques mondains arrosés au champagne.

Mais s'il vous plaît, ce mur est vraiment trop moche. Qu'on l'enlève!

par Peronito publié dans : Culture communauté : Vu de droite
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Jeudi 3 mai 2007

Dalida nous a quittés il y a tout juste 20 ans. Bien plus que ses frasques avec un socialiste célèbre dont j'oublie le nom, bien plus que son frère atypique, Dalida lègue à l'histoire de l'univers deux leçons extraordinaires : sa musique d'abord, faite d'un indémodable disco à boîte à rythme, de chorégraphies léchées et de tenues éblouissantes. Les méditations sur la vie que sont les textes de ses chansons, tour à tour enjouées, émues, pleines d'espoir ou de nostalgie, sont une mine inépuisable pour les démocrates nationaux toujours en quête de vérité sur la nature humaine. Derrière l'artiste, et c'est là le second enseignement, se cache le penseur : car sous des airs socialistes, Dalida fut pompidolienne jusqu'à la fin : subtile, visionnaire, moderne. Jusqu'à la fin, jusqu'à réclamer, comme le cher président, de mourir sur scène. Avec deux septennats et un cancer, Mitterrand, une fois encore, n'égala ni son devancier ni sa muse.

Comme Dalida, comme Pompidou, le RDN, s'il doit mourir, mourra sur scène. D'ici là, il ne se taira pas!

par Président publié dans : Culture
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Mardi 12 décembre 2006
Rien à voir avec le groupe culte des années 80 ou avec son leader, l’immense Jimmy Somerville. Non, rien à voir. Figurez-vous, chers amis, que votre serviteur a eu le plaisir de se rendre, dimanche dernier, à l’exposition organisée par la Bibliothèque historique de la Ville de Paris intitulée : « Regard d’un Parisien sur la Commune ».
 
Dans une vaste salle du sous-sol de l’édifice, affichés sur les murs, de superbes clichés d’une réalité saisissante vous permettront de découvrir des vues inédites de Paris, depuis le siège jusqu’au début de l’été 1871. Des élégants en haut-de-forme posant devant les ruines des Tuileries aux ouvriers aux visages noirs réparant des ouvrages d’art aux allures étonnamment modernes, les sujets susciteront sans doute en vous une curieuse impression face à ce Paris terriblement contemporain et pourtant irréel.
 
Il faut savoir que lors de la Semaine sanglante, la Commune insurrectionnelle, brillant des derniers feux de son désespoir et de sa frénésie face aux assauts des soldats de la jeune République, a incendié, selon un plan précis, les principaux édifices du pouvoir. Le problème c’est qu’en France le pouvoir a toujours eu la fâcheuse habitude de se loger dans les bâtiments les plus emblématiques de la richesse de notre patrimoine culturel. Un détail, sans doute, car rien n’a échappé à l’ivresse de destruction des « amis du genre humain » : Tuileries, Hôtel de Ville (dans sa construction Renaissance), Chancellerie de la Légion d’Honneur, Conseil d’Etat, Préfecture, Palais de Justice, Monnaies et médailles, …
 
C’est bien là le mérite de cette exposition : nous montrer de manière saisissante, par le biais de la photo, le visage d’un Paris moderne, encore plus beau que celui d’aujourd’hui, un Paris que nous ne connaîtrons jamais, dont nous sommes à jamais privé par la sauvagerie criminelle des communards. C’est ce décalage qui est impressionnant.
 
Un dernier mot sur le parti pris de l’exposition qui nous montre le visage de ceux qui sont aux affaires place de l’Hôtel de Ville. Vous aurez la chance, en parcourant la pièce, de profiter de la mise en ambiance offerte par la Mairie grâce à la diffusion du « Best Of Commune » : l’Internationale, Vive la Sociale, etc. Repus de sons et d’images, vous regagnerez le rez-de-chaussée où vous pourrez faire l’emplette de livres à la gloire des destructeurs du patrimoine culturel : Iconographie de la Commune, Pensées de Louise Michel, et même, surprise !, un ouvrage sur la révolution de 1917 …
 
Vous aurez ainsi le plaisir de voir le socialisme municipal (précisément la direction des affaires culturelles, en charge du patrimoine) célébrer, la larme à l’œil, les incendiaires de la plus belle ville du monde.
par Agathon publié dans : Culture
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Jeudi 7 décembre 2006

Une campagne de publicité d'un goût assez douteux sévit en ce moment dans le métro de Londres. Elle se veut une invitation aux anglais à venir se cultiver en France. L'image représente une salle de musée d'art contemporain. Une salle presque vide, des tableaux bleu avec des lignes blanches, horizontales ou verticales. Un type, franchouillard apparemment, les mains dans les poches, l'air benêt, qui est collé contre un tableau. Et une réplique, prêtée à ce Français : "mon fils de quatre ans aurait pu le faire". S'ensuit le slogan qui tue : "l'art contemporain à Paris a désespérément besoin d'un public éduqué". Un appel aux Anglais à venir se cultiver à Paris pour y apprécier ce que les Français beaufs que nous sommes seraient incapables de comprendre.

Jean-Paul Huchon appelle donc les Anglais à la rescousse. Il en a coulé, de l'eau sous les ponts, depuis Jeanne d'Arc!

La région Ile-de-France, en phase terminale de gauche-caviardisation, a donc trouvé une riche idée : ricaner de notre supposée beaufitude pour faire venir les touristes anglais. Voilà pour qui vous avez peut-être voté, chers lecteurs : des gens qui vous prennent pour des ploucs et qui s'en vantent. C'est censé être drôle, du second degré publicitaire, mais c'est fait avec le plus total mépris pour ce que nous sommes, pour notre intelligence et notre bon goût. Monsieur Huchon et ses sbires considèrent que nous sommes irrémédiablement butés et l'explique aux londoniens. Classe! 

L'affiche est scandaleuse. La gauche caviar conchie le "peuple", elle vomit dessus à la première occasion et chez nos voisins de préférence. L'histoire n'est pas anecdotique, elle rappelle à qui l'oublierait ces temps-ci quel camp incarne vraiment la culture populaire et quel camp défend un élitisme germanopratin insupportable. Cela fait très longtemps que la gauche libérale ne s'intéresse plus à ses compatriotes.

La campagne publicitaire est accompagnée d'un site internet, www.cestsoparis.com, qui prodigue de bons conseils aux anglais pour ne pas passer pour de vulgaires touristes à Paris. Affligeant. Merci les socialistes - nous nous en rappellerons lorsqu'il faudra voter.

par French frog publié dans : Culture
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Dimanche 26 novembre 2006

Une visite au palais de Tokyo, en compagnie de notre avisé conseiller du RDN aux affaires culturelles, nous offre une occasion rêvée de quelques considérations sur la vie culturelle en France.

Le palais de Tokyo est en travaux. Pour cette raison, l'entrée est réduite à deux euros et nous ouvre le droit de parcourir deux salles et un couloir d'une exposition sur le thème "cinq milliards d'années". Après l'entrée sur une métaphore de champignon nucléaire faite de deux cents kilos de nouilles de soja, qui nous met en appétit, voici deux Vespa délabrées, couchées au sol et recouvertes de monticules de cire sur lesquels brûlent trois bougies. Plus loin, une bicyclette retournée dont on peut à loisir faire tourner les roues, et une caisse d'ampoules (en état de marche?) éclairée par le fond, d'un artiste inconnu. Cette dernière oeuvre s'intitule "wrong time wrong place". Les "rotoreliefs" de Marcel Duchamp, eux, sont invisibles.

Et c'est à peu près tout. Voilà ce que l'on voit dans un des très grands musées parisiens pour deux euros - un euro certes si l'on présente une carte d'étudiant en arts.

Les visiteurs du palais de Tokyo ne devraient pas être suspects d'allergie à l'art contemporain; sinon ils iraient au Louvre ou ailleurs. Pourtant, c'est bien avec l'impression d'un grand foutage de gueule que l'on ressort! On souhaiterait voir des oeuvres exigentes, nées d'une réflexion un peu poussée, mises en scène autour d'un thème qui a un sens et qui a un rapport avec ce que l'on expose. Est-il criminel de dire cette évidence, face aux intellectuels de caniveaux qui se gargarisent d'un jargon abscons et de productions dénuées d'intérêt? Il faut croire que oui, tant la mode et un certain milieu artistique sont obtus, perclus de certitudes et dégoulinants d'arrogance. Des ratés, des mauvais, des naufragés de l'intellect qui ont fini par trouver une audience (au royaume des aveugles...).

Mais parce que nous ne sommes pas des autruches bloquées au XVIIème siècle, nous réclamons l'art - l'art de notre époque - pas de la mauvaise parodie.

par Azote liquide publié dans : Culture
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