Images aléatoires

Recherche

Le monde est fou

Mercredi 27 septembre 2006

          J'essaie de suivre un peu les news et j'ai décidé d'en parler un peu parce qu'il y a vraiment des trucs qui commencent à m'énerver. 

          Commençons par le (vaste) dossier du nucléaire iranien : je suis attéré de constater que tous les hommes politiques se sont fixés comme programme présidentiel sur ce sujet de baisser leur froc devant le président iranien sous prétexte de non-alignement avec les Etats-Unis, suivant ainsi la voie que Chirac est en train d'instituer... 

          Le problème, c'est qu'il n'ont pas face à eux un homme qui raisonne de façon sensée : je passe sur ses propos sur l'éradication d'Israël, sur ses interventions toujours provocantes sur la scène internationale, sur son concours de carricatures sur la Shoah... après tout il ne s'agit là que de provocations.
           Là où les choses se compliquent, c'est lorsqu'on voit les réponses qu'il envoie à la face de George Bush et Angela Merkel... Il s'agit vraiment de paroles de fanatique illuminé. N'importe quel dictateur (même Saddam) tente de ménager les opinions internationales pour ne pas se faire d'ennemis trop puissants pour lui. Mais lui court droit au suicide...
          
           Il a refusé la main généreuse que lui a tendue Vladimir Poutine qui voulait s'assurer des soutiens dans la région. Il s'agissait d'un traité très généreux qui lui offrait un programme nucléaire civil complet, à condition que le traitement de l'uranium (procédé également indispensable pour la conception d'une arme nucléaire) ait lieu en Russie. N'importe quel être doté de raison et d'un minimum d'intelligence aurait accepté : il gagnait ainsi la protection d'une grande puissance, membre permanent du Conseil de Sécurité, faisait un progrès immense dans son programme nucléaire et pouvait continuer (si c'est bien son intention) à développer une arme nucléaire clandestine. Mais non.
           M Ahmadinedjad envoie chier (et le terme est gentil) le président russe. Pire, il le provoque sur la question tchétchène, comme il provoque les Etats-Unis sur la question irakienne, perdant ainsi son seul soutien possible au Conseil de Sécurité de l'ONU (à part la France, bien sûr, "pays des Droits de l'Homme", qui ne voudra sans doute pas "heurter les sensibilités"...).
           Tout cela démontre que le président iranien n'est pas un pas un islamiste pragmatique, mais dogmatique, qui ne mesure pas les conséquences des ses actions mais est prêt à tout pour atteindre ses objectifs, quitte à se mettre volontairement à dos les plus grandes puissances mondiales. Le régime iranien des Mollahs n'a pas changé mais le visage du pays est en train de se durcir...
     
           M Amhmadinedjad gagne donc ostensiblement du temps, dans le but probable (?) de doter l'Iran de l'arme nucléaire. Il apparait donc un jour provocant, un jour plus conciliant. Il critique ouvertement les propos (insultants?) du Pape sur l'Islam, convoque l'ambassadeur du Vatican à Téhéran et exige des excuses. Puis il déclare hier aux Nations Unies qu'il est près à suspendre son programme d'enrichissement de l'uranium s'il obtient des "conditions équitables" (qu'il ne précise pas). Et aujourd'hui il revient à la charge en faisant défiler ses troupes et ses miliciens aux cris de "Mort à l'Amérique !" et "Mort à Israël !" et en affirmant en guise de provocation qu'il frappera "comme la foudre" ses ennemis en cas d'attaque. Mais tout va bien puisqu'il a précisé : "Nous avons dit que l'arme atomique n'a pas de place dans notre doctrine de défense et notre guide suprême (l'ayatollah Ali Khamenei) a déclaré que l'utilisation de l'arme atomique était haram (proscrite par l'Islam)". Me voilà rassuré !
 
           Une dernière chose : que faites vous quand vous voulez gagner du temps ? Une diversion ! Le Hezbollah ("le parti de Dieu"), parti musulman chiite libanais minoritaire, qui comprend un bras armé composé de milices formés par les Gardiens de la Révolution iraniens est soutenu et financé par les deux puissances chiites de la région : la Syrie et surtout l'Iran. 
           Jusqu'ici, les milices du Hezbollah se livraient régulièrement à des provocations en tirant des roquettes sur les territoires israëliens. Pourtant si on regarde les chiffres (je ne les ai plus exactement en tête), pour plusieurs centaines de roquettes tirées, il n'y a eu que quelques dizaines de morts (dont, je crois 8 crises cardiaques d'octogénaires) . Comment l'expliquer puisque les miliciens ont été correctement formés ? Ils pourraient provoquer plus de dégâts. La réponse est simple : leur chef Hassan Nasrallah est un pragmatique. Il est bien conscient qu'une provocation trop importante pourrait avoir des conséquences dramatiques pour le Liban. Le Hezbollah se contente donc généralement de tirer une roquette au hasard (le plus souvent en plein champ) et de déguerpir.
    
           Et pourtant...le 12 juillet de cette année, le Hezbollah déclenche un nouveau tir de roquettes et, chose nouvelle, mène une incursion en territoire israëlien. Bilan de l'opération côté israëlien : 8 morts et 2  soldats prisonniers du Hezbollah. L'échec de l'opération de sauvetage conduira à la mort de 5 autres soldats israëliens, membre du commando de récuparation. Vous connaissez la suite... La riposte israëlienne a été disproportionée, ce qui est essentiellement dû à l'incompétence totale (chose rare) du nouveau gouvernement israëlien en matière militaire.  
            Nasrallah a lui-même déclaré que s'il avait pu prévoir les conséquences, il n'aurait pas donné l'ordre de cette opération. Et pourtant, il  avait prévu puisque depuis des années il évitait toute provocation grave à l'encontre d'Israël. Alors ? Tout simplement l'ordre n'est pas venu directement de lui mais de Téhéran, ce que Chirac a compris, comme les spécialistes du Moyen-Orient, puisqu'il affirme que le Hezbollah est soutenu par "on ne sait qui" (lire entre les lignes).
 
            M Ahmadinedjad gagne donc ainsi du temps en forçant les Nations-Unies à s'enliser dans une difficile et coûteuse opération de rétablissement de la paix (mais certes indispensable pour maintenir la stabilité de la région). De plus, Hassan Nasrallah réapparait, se posant en vainqueur et en libérateur  du Liban (lui qui s'est planqué pendant l'offensive israëlienne), puisque les Israëliens se sont retirés. Il oublie au passage de préciser qu'environ 80% de ses miliciens ont été mis hors de combat par Tsahal. Il ne semble pas non plus trop pressé de désarmer ce qui lui reste de partisans, comme l'ordonne la résolution 1701 de l'ONU.
 
            Soit, me direz-vous, mais pourquoi soucier de cette question? L'Iran n'a qu'à trouver une bonne raison (pas trop dur) pour dénoncer le Traité de Non-Prolifération et il pourra développer sa bombe en toute légalité. C'est vrai, mais le problème est que cette bombe serait forcément proliférante. Rien ne ferait plus peur aux états musulmans sunnite du Proche-Orient que de voir une bombe atomique entre les mains d'une puissance chiite, surtout si celle-ci se nomme Ahmadinedjad.
            Donc que croyez-vous que vont faire nos alliés et partenaires musulmans, notamment la Turquie et l'Arabie Saoudite s'il se rendent compte que les grandes puissances sont incapables de les protéger d'une nucléarisation de l'Iran? Ils vont se demander à quoi servent leurs alliances et mettre au point leurs propres bombes. Et ça sera rapide, car Riyad en a largement les moyens...
 
           C'est vrai, la bombe atomique sunnite existe déjà au Pakistan, mais dans cette région, elle est "équilibrée" par la puissance nucléaire indienne. Au Moyen-Orient, c'est différent : la situation entre sunnites et chiites et vraiment tendue et pas seulement en Irak (où la tension est décuplée par des années de persécutions).
           Si vous ne me croyez pas, regardez le temps qu'a mis la ligue arabe à se réunir (et encore, par délégation, au niveau des ministres des affaires étrangères) après le déclenchement de l'offensive israëlienne, elle d'habitude si prompte à fustiger la moindre action israëlienne (assez souvent à juste titre d'ailleurs). Et encore ! Pour aboutir à quelle conclusion ? La condamnation de l'agression israëlienne ? Pas du tout. Les pays n'ont pas réussi à se mettre d'accord entre cette option et la condamnation du Hezbollah pour ses provocations... On croit rêver ! 
          Tout cela prouve bien que la menace chiite fait bien plus peur aux sunnites que la menace israëlienne, qui, après tout, ne concerne que les quelques pays limitrophes...
 
           Voilà, à part ça tout va bien sous le soleil de Téhéran. Les membres du Conseil de Sécurité n'arrivent pas à se mettre d'accord et Ahmadinedjad jubile.
            Que peuvent faire les grandes puissances ? Déjà parler fermement et tous d'une même voix. Ca ne sert à rien de faire de l'anti-américanisme primaire sur ce sujet. A partir de là, les Nations-Unies pourront prendre des sanctions si l'Iran refuse l'envoi d'inspecteurs. Un embargo serait efficace. Même s'il serait très couteux pour nous à cause de la hausse des prix du pétrole, il paralisera l'économie de l'Iran qui est incapable de raffiner son pétrole et importe donc ses carburants.
            
             J'ai l'impression que les hommes politiques français, même à droite, se désintéressent totalement de la question, ce qui est plutôt inquiétant. On a jamais réglé une crise en jouant à l'autruche...
             Sinon, il faut savoir qu'il y a aussi une crise interne en Iran, dont on ne parle pas trop (justement entre pragmatiques et dogmatiques) et que Ahmadinedjad a déjà survécu à deux attentats le visant, et probablement pas commandités par le Mossad...à suivre...     
   
             Voilà, si vous avez tout lu jusqu'ici, vous êtes bien courageux, parce que je m'aperçois qu'en fait c'est super long et probalement assez sopo... Mais bon j'avais quand même envie de réagir...
Par Monsieur N - de Buenos Aires
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 10 octobre 2006

Kim Jong Il devrait arrêter les champis. Sa façon de carburer aux "mushrooms" - pas hallucinogènes hélas, quoique l'ambiance en Corée du Nord soit atomique ces temps-ci, devrait lui valoir rapidement des soucis pénibles : voilà où cela mène de jouer les mauvais garçons.

Kim Jong Il a mauvaise réputation. D'abord il succède à son légendaire père, et être le "fils de" n'est jamais top. Ensuite il est laid et bedonnant (très bedonnant), porte des semelles compensé et aime les femmes paraît-il. On dit aussi qu'il est débile léger, ce qui n'arrange rien. La cerise sur le gâteau, il est stalinien, un bi-comble quand on vit en 2006 et qu'on habite à 200 bornes (au pif) de Pékin. D'un autre côté nous passerons vite sur son stalinisme : au RDN on sait apprécier les gens un peu décalés, voire vieux jeu (clin d'oeil appuyé à notre président fondateur).

Donc Kim (ou Jong, ou Il, je ne sais jamais où est le nom de famille)... allez : donc, Il a fait sa bombinette. Il devait faire ses preuves, inventer un truc (les parlementaires n'inventent-ils pas des lois inutiles qui portent leur nom ?) voilà ça c'est fait. Mais le moment était-il vraiment judicieux? Les voisins de la Corée sont en fête : le nouveau secrétaire général de l'ONU est sud-coréen et Shinzo Abe vient d'aller se papouiller avec les chinois (avant de faire une halte à Séoul, du coup) : la région est à la mode et ils font tous la paix. Kim, avec son sens de l'à propos douteux, gâche tout. Chinois, sud-coréens, japonais doivent le trouver fort mal élevé et très importun. Et le reste du monde, qui a déjà eu la blague atomique avec l'Iran tout récemment, se dit que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Le comique de répétition passe mal !

Réjouissons-nous, pour une fois, que la raison du plus fort soit toujours la meilleure ; il y a fort à parier que l'espérance de vie de Kim Jong Il se trouve considérablement réduite (et pas parce qu'il aurait été irradié...). C'est une bonne chose pour nous, pour le monde et pour les nord-coréens surtout, dont le sens de l'humour noir a été plus que sollicité depuis des décennies. Ne boudons pas notre plaisir à venir, la chute d'un régime affreux est peut-être imminente. 

Par Peronito
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 24 octobre 2006

La massification vient de franchir une étape effrayante. Après les congés payés et les vacances pour tous, après l'éducation et le Bac pour tous, voici maintenant que les diplômés rentrés de vacances veulent tous être président de la République. Ils seraient plus nombreux que jamais, dit-on, à sillonner la France de l'Ariège à la Haute-Saône et des Hautes-Alpes au Finistère en quête des précieuses 500 signatures.

Parmi eux un cas qui, à défaut de présenter le moindre intérêt, est particulièrement navrant : il s'appelle Edouard F. Edouard F (appelons-le Doudou - nous tairons son nom afin de ne pas lui faire une publicité exagérée) représenterait un groupuscule inconnu d'obédience très libérale et à tendance burlesque.

Notre Doudou n'a pas trente ans et il n'a qu'un rêve : nous faire profiter de son enseignement pour faire le guignol à la télé.

Preuve s'il en est que le ridicule ne tue plus : Doudou se porte comme un charme. Malgré l'embonpoin, une phlébite due à l'inflation des chevilles et une probable hypertension, il affiche une santé de fer illustrée par un sourire carnassier à rendre jaloux l'adversaire de Terminator (ou un célèbre méchant de James Bond, c'est kif-kif).

L'écharpe rouge au vent et la raie gominée, Doudou est libéral. Mais le libéralisme de Doudou est d'un genre particulier. Plus semblable à Pierre Poujade qu'à Tocqueville, Doudou n'a rien de l'érudit posé et ouvert sur le monde (pourtant seul vrai portrait psychologique d'un libéral). Il est plutôt un Rastignac agité qui est contre tout : contre les grèves et contre les syndicats, contre les pauvres, contre les radars automatiques, contre le pastis et contre le soleil (qui décourage le travail). Et aussi contre le plus élémentaire bon sens. Ne me demandez pas pour quoi il se bat car du libéralisme il a au moins l'individualisme forcené : il se bat pour lui.

Ces candidats de pacotille ridiculisent la démocratie. Ils tournent en dérision l'élection présidentielle à la seule fin d'atteindre un peu tôt l'apogée de leur gloire. Tout cela pour une photo dans un quotidien gratuit? Allons Doudou, est-ce vraiment raisonnable? Pouvons-nous vraiment nous consoler à l'idée que la chute sera prochaine et rude? Non. Il faut sauver Edouard. S'il était crédible, il serait notre pire ennemi puisque les idées qu'il croit avoir sont la négation de la Démocratie Nationale. Mais il n'est pas crédible. Les magnanimes que nous sommes doivent faire un geste.

Alors, Messieurs les quelques maires qui avez étourdiment promis une signature : nous vous en conjurons sauvez Doudou de lui-même, rétractez-vous. Vous avez promis car vous avez été trompés. La fraternité, la charité chrétienne vous commandent de faire grandir en humilité ce poids lourd du mauvais pastiche. C'est pourquoi le RDN n'a qu'un seul mot d'ordre : Doudou au placard!

Quant au RDN, il s'est toujours battu pour l'intérêt national et lui seul ! L'heure venue, il appellera à une candidature unitaire qui seule permettra aux Français de s'unir et de se reconnaître dans un président légitime.

Par Peronito
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Samedi 28 octobre 2006

Les réactions de la part du premier ministre turc à la proposition de loi punissant la négation du génocide arménien ne se sont pas fait attendre…

 

Lors d'un discours à Edirne, dans le nord-ouest du pays, M. Erdögan s'en est pris à la décision des législateurs français, qui selon lui « ont fait une grave erreur en adoptant une loi primitive ». « A cause de certains députés bornés, la France que nous connaissions comme le pays des libertés est obligée de vivre avec cette honte », a-t-il martelé ; « Si la France n'annule pas ce texte, c'est elle qui perdra et pas la Turquie ».

 

Il faut dire en effet que cette loi est un peu primitive. Depuis 2001, et notamment depuis la loi Taubira légiférant sur [ce qu’elle considérait comme] le début et la fin de l’esclavage en Afrique, les parlementaires français on en effet une fâcheuse tendance à légiférer sur l’histoire.

 

Mais loin de ce débat sur l’imposition d’une histoire commune et sur la liberté intellectuelle, est-ce une raison suffisante pour  menacer la France une fois de plus ?

 

Le pire c’est que le gouvernement français, au lieu de faire preuve d’un peu de fermeté et d’assumer les décisions de sa propre assemblée se ridiculise d’incohérence. Ainsi notre cher Président s’est-il empressé, à peine la proposition votée, de téléphoner à Erdögan pour se confondre en excuses. Celui-ci affirme que Jacques Chirac a « indiqué qu'il me donnait raison » et « qu'il fera tout ce qu'il peut dans la suite du processus » parlementaire, qui doit voir le texte soumis aux sénateurs, puis aux députés en seconde lecture, avant d'être définitivement adopté.

 

Il n’y a pas de doute donc, Erdögan va gagner comme il l’annonce si fièrement. Mais gagner quoi ?

 

Pour lui, l’intégration dans l’Union Européenne est une lutte sans merci dans laquelle il s’agit de faire le moins de concessions possible et surtout de ne pas modifier son régime. Continuer à nier le génocide arménien alors que sa reconnaissance devait être un préalable à l’entrée de la Turquie dans l’Europe, ratifier le projet de Constitution européenne alors que son pays n’appartient pas encore à l’UE, hurler au crime de lèse-majesté à chaque fois que quelqu’un ose demander des comptes à son pays et bien sûr fustiger la France, encore et toujours, parce que celle-ci a eu le culot  d’envisager un référendum concernant l’entrée de la Turquie dans l’Union, telle est la stratégie d’Erdögan le bulldozer pour forcer son entrée.

 

Et ça marche. Erdögan nous fout la trouille et pourrit le débat sur l’entrée de la Turquie dans l’Union. Les citoyens français sont désormais persuadés que l’adhésion de la Turquie ne dépend finalement pas de leur réponse à ce référendum. Le premier ministre turc a fait très fort en considérant cette adhésion comme acquise et en retournant la situation. Ce n’est en effet plus la Turquie qui doit faire un effort pour obtenir son entrée, mais nous qui devons nous allonger à ses pieds dès que des « parlementaires bornés » se permettent de ralentir le processus.

 

Et l'on s’allonge, et la France va perdre, pas la Turquie.

Par Lo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 15 novembre 2006

C’est fait. Le Vietnam, toujours communiste, vient d’adhérer à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Cela ne suffit pas à en faire un pays libéral, mais c’est un tournant indiscutable vers le libre échange et le pays a dû prendre un certain nombre d’engagements, pour se transformer en économie de marché. Le Vietnam devient ainsi le cent-cinquantième membre de l’OMC et, outre sa situation paradoxale de pays «marxiste à économie de marché», ce pays attire l’attention par son importance (84 millions d’habitants), ses liens historiques avec la France et les guerres qui ont marqué son histoire, la nôtre et celle du monde libre.

Le 150e membre de l’OMC

Ce n’est pas une adhésion comme une autre. D’abord parce que le Vietnam est le cent-cinquantième pays adhérent à l’OMC, chiffre qui mérite d’être noté et marque une nouvelle étape dans la mondialisation. Non que l’OMC soit une officine libérale — elle a tous les défauts des bureaucraties internationales — mais elle a toujours défendu clairement le libre-échange, à la suite du GATT et c’est dans le cadre de ces deux organismes qu’ont été négociées les grandes disparitions des droits de douane et des contingentements dans le monde.

Cette adhésion mérite aussi d’être notée parce que, sur le plan politique, le pays, comme la Chine, avec lequel il a bien des points communs, reste un pays marxiste avec le Parti communiste comme parti unique, une absence de libertés civiles et une persécution religieuse. Et d’autres pays, qui sont, officiellement du moins, plus démocratiques, comme le Russie de Poutine, attendent toujours sur le seuil de la porte. Enfin, 84 millions d’habitants, ce n’est pas rien et la situation géographique du Vietnam, en Asie, dans la région la plus dynamique du monde sur le plan économique, mérite d’être notée.

Il y a vingt ans maintenant que le Vietnam prépare son adhésion, à l’époque au GATT, aujourd’hui à l’OMC. Il y a vingt ans qu’a commencé une lente transition vers l’économie de marché, une sorte de perestroïka, appelée là-bas Doi Moi. C’est ainsi que les privatisations d’entreprises et les créations directes d’entreprises privées se sont multipliées, atteignant désormais 60% du PIB. Certes, cela veut encore dire 40% du PIB dans des entreprises publiques, ce qui est énorme, mais faut-il rappeler qu’après 1981 en France 33% du secteur industriel avait été nationalisé : on n’était pas très loin des 40% !

8,4% de croissance

La libéralisation progressive de l’économie a permis depuis dix ans d’avoir un taux de croissance du PIB de 7,5%, et même de 8,4% en 2005 : on se situe entre l’Inde et la Chine quant à la rapidité de la croissance. Mais l’adhésion à l’OMC (qui représente un document de 200 pages) comporte des engagements beaucoup plus profonds, qui ont été négociés ligne à ligne. Il y est question de la poursuite de la privatisation des entreprises et d’abolir le contrôle des prix (faut-il avoir la cruauté de rappeler qu’il n’a été aboli en France qu’en 1986 ?).

La question de la propriété est également sensible, en particulier pour la propriété industrielle, qui sera désormais protégée. De tout cela, Truong Dihn Tuyen, ministre du Commerce, en attend «un véritable coup de fouet économique». C’est un vrai défi pour les entreprises publiques, habituées jusque-là au rythme tranquille de la planification, qui favorisait comme toujours le sommeil des entreprises. Le vice-premier ministre Nguyen Sing Hung a déclaré que «si ces entreprises [publiques] ne se réforment pas rapidement, elles connaîtront des difficultés importantes».

Mais elles seront obligées de se transformer sous l’aiguillon de la concurrence : «La potion de la concurrence étrangère va être dure à avaler pour les firmes vietnamiennes, mais elle les aidera à se renforcer.» Mais surtout, il a admis — ce qui constitue une rupture totale dans la politique menée jusque là — que «dans la concurrence, des entreprises et des produits vont échouer». Il y aura donc des disparitions d’entreprises.

La dynamique des exportations

Car la rupture la plus importante, symbolisée par cette adhésion à l’OMC, c’est l’acceptation du libre-échange : le pays a dû baisser «drastiquement» ses droits de douane, et a éliminé les barrières dans l’agriculture, les produits industriels, les services ; il s’agit aussi de libéraliser le climat des affaires et ouvrir le jeu de la concurrence. Les investissements seront également libérés. Les pays voisins craignent qu’une partie des financements ne les quitte pour aller au Vietnam, en raison du potentiel de croissance. Le pays devient une destination sûre pour les investissements, qui se comptent déjà en milliards de dollars et ont été multipliés par trois en cinq ans. Quant aux exportations, elles ont progressé de 28,7% en 2004 et de 30,1% en 2005 et cela va s’amplifier. Elles devraient tripler en cinq ans.

Une nouvelle fois, ce sont les échanges internationaux qui vont permettre le décollage d’un pays jusque longtemps ruiné par la planification, mais aussi par son isolement. La formule suivant laquelle le commerce est la meilleure forme d’aide au développement se confirme à nouveau. Car l’ouverture des frontières non seulement donne de formidables opportunités d’exportations, mais surtout oblige toutes les entreprises nationales, sous l’effet de la concurrence, à s‘adapter sans cesse et à jouer le jeu du marché. On ne peut plus tricher dans une économie ouverte.

Et pourtant, on ne peut s’empêcher, comme dans le cas de la Chine, de se poser des questions. Le parti unique est toujours là. L’absence de liberté se fait sentir. Comment choisir librement des produits si l’on ne peut librement communiquer ou se déplacer ? Comment même faire coexister la libre publicité avec l’absence de liberté des médias ? Et comment ne pas sentir la contradiction entre le choix de la liberté économique et les dogmes toujours présents du marxisme, dans l’enseignement ou la politique ?

Il viendra sans doute un moment où il faudra trancher. Parions sur la dynamique des libertés, qui, du domaine économique, devrait gagner peu à peu la politique. Mais l’histoire du communisme nous apprend à rester prudents. Le parti ne se laisse pas facilement dissoudre.


Jean-Yves Naudet, professeur à l’université Paul-Cézanne (Aix-Marseille III).

Source : Liberté Politique

Par Liberté Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 3 janvier 2007

Un chef d'Etat arabe laïque et progressiste a été pendu haut et court. Il avait stabilisé l'Irak et tenté de libérer les koweïtiens d'une monarchie absolue oppressive : cela lui coûta cher.

On ne sait pas très bien si ses bourreaux sont des chiites ou des sunnites (ou des indépendantistes corses), mais la peine capitale, appliquée en présence de hauts dignitaires, avec hommes de main encagoulés et téléphones portables pour filmer la scène, a un air de grossière parodie de justice. Une vengence facile.

Saddam Hussein était un fou dangereux. Aujourd'hui pourtant, on le trouverait presque sympathique.

Par Azote Liquide
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Mardi 27 mars 2007

Antonio Oliveira de Salazar a été élu plus grand Portugais de tous les temps par les téléspectateurs lors d'une émission de télévision portugaise. Avec 41% des voix, il bat même Vasco de Gama (que de toutes façons le vote télévisuel a ravalé au rang de vestige poussiéreux et inintéressant de l'histoire antique de la navigation : il n'était même pas deuxième). Salazar, au pouvoir de 1932 à 1968, n'a pourtant pas de quoi susciter l'euphorie. Son "nouvel Etat" était relativement autoritaire et idéologiquement ça ne cassait pas des briques (en ce sens, n'en déplaise à certains, tous les chefs d'Etat en uniforme ne se valent pas). Le régime fut balayé en 1974 par un vent de liberté mémorable : la révolution des oeillets était un formidable élan romantique. Elle tient son nom de militaires fleuris qui ne s'étaient pas remis de la mort de Salazar six ans plus tôt et qui en avaient assez de faire des guerres de décolonisation. Malgré tout, le régime de Salazar semble avoir laissé une bonne image aux Portugais qui sont mécontents et blasés de leur classe politique actuelle.

Soit Salazar est un incompris honni de tous mais qui peut s'enorgueillir de stabilité et de croissance économique, soit la classe politique portugaise a atteint un niveau de nullité qui fait froid dans le dos. Soit les deux...

Par Peronito
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Dimanche 29 avril 2007

La Mongolie, sa densité de 1,7 hab/km2, ses yourtes et sa capitale, Oulan Bator… Cette destination pour « grand voyageur » est aussi le pays de résidence de 71 de nos compatriotes. Alors, pour qui vote-t-on au premier tour lorsqu’on vit à Oulan Bator (ville même pas reconnue par le dictionnaire Microsoft Word) ?

Et bien sûrement pas comme les Français de la métropole. Normal, pensez-vous, les Français à l’étranger votent relativement plus à droite que les Français de métropole. Détrompez-vous il n’en est rien, car au bureau de vote BV01 Oulan Bator, c’est Ségo qui emporte largement la mise.

Voici donc les résultats :
Nombre d’inscrits : 45
Nombre de votants : 40

Résultats du vote :
1. M. Olivier BESANCENOT : 0
2. Mme Marie George BUFFET : 0
3. M. Gérard SCHIVARDI : 0
4. M. François BAYROU : 8
5. M. José BOVE : 1
6. Mme Dominique VOYNET : 0
7. M. Philippe DE VILLIERS : 4
8. Mme Ségolène ROYAL : 18
9. M. Frédéric NIHOUS : 0
10. M. Jean-Marie LE PEN : 0
11. Mme Arlette LAGUILLER : 0
12. M. Nicolas SARKOZY : 9

En fait, la population des expatriés en Mongolie est assez particulière. Elle est majoritairement formée de fonctionnaires de l’ambassade (si, si vous avez bien lu il y a une ambassade à Oulan Bator), de chercheurs du CNRS et d’humanitaires ce qui explique peut-être les presque 50% de Royal.

Par contre, on ne sait pas bien d’où sortent les 10% de Villiers, mais je parierais pour le consul, sa femme, l’attaché de défense du consulat et le responsable local de l’ Alliance Française…

Par Cassandre
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Jeudi 24 mai 2007

Comitiis praesidentialibus die Dominico factis Nicolas Sarkozy novus praesidens Franciae electus est, cum circiter quinquaginta tres centesimas suffragiorum obtinuit.

Sarkozy, vir quinquaginta duorum annorum, ministerio et rerum interiorum et oeconomiae in hodierno regimine functus, praesidenti Jacques Chirac succedit, qui duodecim annos in munere fuit.

Potestas praesidentis in Francia maior est quam apud plerasque alias nationes Europaeas.

Praesidens ministrum primarium eligit sed eum dimittere non potest. Legem latam in parlamentum remittere potest, sed non saepius quam semel.

Potest etiam legem in tribunal constitutionale mittere aut eandem suffragio populi subicere. Praesidenti licet scelestis impunitatem concedere aut poenas eorum breviores reddere. Est etiam imperator exercitus.

Munus praesidentis antea septuenne fuit, nunc iam iterum quinque annos durat.

Numerus praesidentatuum non est limitatus, ut exempli gratia in Finnia, ubi idem semel tantum denuo eligi potest.

(Tuomo Pekkanen)

Par Urbi et orbi
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 6 septembre 2007

Il y a au sujet d’Aung San Suu Kyi trois catégories de personnes : ceux qui ignorent qui elle est, ceux qui militent pour sa libération en distribuant des tracts très engagés, et le RDN.

Depuis déjà quelques décennies, la riante nation birmane est gouvernée d’une main de fer par un quarteron de généraux en retraite assez pittoresque. A l’image du philarmonique de Berlin, leur groupe est connu mais peu savent qui est le chef d’orchestre ou le premier violon. C’est ainsi que l’ancien SLORC (State Law and Order Restoration Council) – devenu Conseil pour la paix et le développement sur les conseils d’un cabinet de relations publiques américain, règne anonymement et continûment. Sous cette apparence de continuité se dissimulent moult révolutions de palais, évictions, mises en résidence surveillée et morts plus ou moins naturelles. L’actuel patron de la junte se nomme Than Shwe – il a à peu près 75 ans et le grade respectable de généralissime. Than Shwe a eu dans sa jeunesse tout le loisir d’aiguiser son sens de la communication lorsqu’il fut affecté au département de guerre psychologique. Malgré son uniforme mal taillé, il mérite cependant ses nombreuses décorations, non pas obtenues dans les salons de Rangoon mais bien au cours de guerres civiles particulièrement sanguinaires, contre la rebellion karen par exemple. Son premier ministre, Thein Sein, est à peu près le même genre de personnage raffiné. Notre sympathie habituelle pour les uniformes n'y peut rien faire, la junte birmane, ça ne passe vraiment pas.

Aujourd’hui, les généraux vont et viennent entre Singapour (où l’un soigne sa leucémie) et Naypyidaw, véritable ville à la campagne, nouvelle capitale construite dans la jungle, vide et bunkerisée, entourée dit-on de missiles sol-air au cas où les Américains (toujours eux) seraient pris d’un accès d’antimilitarisme birman. Dans leur cas, paranoïa est un euphémisme!

A l’opposé dans le paysage politico-militaire birman, Aung San Suu Kyi est la grande figure de l’opposition à la junte. Au premier abord, nous serions tentés de nous en méfier. L’onction très droit-de-l’hommiste d’un prix nobel de la paix a fait d’Aung San Suu Kyi l’égal d’un Yasser Arafat, Nelson Mandela ou le Dalaï Lama (des personnalités qui ne suscitent pas totalement notre extase) ; son père Aung San, assassiné très jeune en 1947 et dont elle tire historiquement sa légitimité, était le héros de l’indépendance birmane et de la lutte contre les Anglais ; enfin, ses positions sur le boycott de la Birmanie –rapportées de façon caricaturale en Occident – la feraient aisément enfin passer pour une dangereuse extrémiste.

Pourtant, Aung San Suu Kyi est plus intéressante que son image. Eduquée à Oxford, parlant anglais et japonais, elle tient un discours étonnament moderne : plaidoyer libéral modéré pour l’économie de marché qui pourrait presque être sarkozyste (raison pour laquelle, peut être, ce dernier s’est assigné comme nouvelle mission quasi-divine de libérer Suu Kyi) et un mouvement politique dont le nom, la Ligue Nationale pour la Démocratie, évoque presque à la perfection la Démocratie Nationale qui nous est chère. Aung San Suu Kyi et le Président du RDN, même combat ? Sans doute. 

Aung San Suu Kyi est en résidence surveillée à Rangoon. Deux barrières et quelques paires de policiers se tiennent prêts à bloquer la route, encadrant une entrée rouge et jaune et une haie de drapeaux aux couleurs de la Ligue. Dans ce pays très pauvre, où le prix du carburant vient de doubler cet été, la révolte gronde désormais à nouveau. Il y a quelques heures à peine, les dépêches annonçaient que les moines prennent à leur tour part à la fronde. Puisse la révolte devenir une révolution !

Par Peronito
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés