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Journal de campagne

Mercredi 18 octobre 2006

Le débat insipide entre Gogolène et ses rivaux inspire aux journalistes des commentaires tout aussi insipides. On essaie de hiérarchiser, de qualifier. Il y aurait le prof démago, l'instit coicée, le gaucho pas caviar... Mais la vérité, toute nue et toute simple, c'est que c'était très chiant. Le Midi libre ce matin parle de "maturité démocratique" : eh bien la maturité démocratique version débat d'hier soir, c'est la fin de la politique! C'est chiant. Glauque. Horrible. Insoutenable. Nul. D'ailleurs n'achetez plus le Midi Libre sinon vous allez déprimer. Ou alors lisez-le si vous voulez vous laisser convaincre de fuir le pays à toutes jambes, d'aller dans des endroits moins matures démocratiquement, c'est-à-dire plus joyeux et plus inventifs, plus sincères et plus enthousiastes. Moins gogolénisés.

Les démocratiquement matures ont donc pour caractéristique de tuer la politique. D'en faire une simple affaire de gestion à la petite semaine. La Turquie par exemple (pour revenir au débat d'hier) : qu'en penses-tu donc, l'amie Ségolène? Est-ce un allié utile dans une politique internationale qui tiendrait debout, ou au contraire les Turcs des fréquentations douteuses qu'on ne veut pas dans l'Europe? Rien de tout cela. Ségolène n'a pas d'avis et n'a pas de vision politique : elle dit "les Français choisiront". Mais elle elle ne propose rien, elle s'en fout. Elle est mature démocratiquement, selon Monsieur du Midi Libre.

J'ai presque honte, alors, d'évoquer l'événement le moins intéressant de la journée d'hier qu'était ce débat interne aux socialistes retransmis à la télé. Les fiches récitées, le décor brejnévien, l'absence de débat, "ce fut très ennuyeux pour le dire poliment", comme dit le journaliste du Progrès. Le seul qui est un peu lucide, même si on aurait aimé qu'il le dise moins poliment à l'unisson du RDN : la maturité démocratique version Gogolène et ses mignons, ça nous les brise menues.

Par Peronito
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Mercredi 25 octobre 2006

Deuxième round des primaires socialistes hier. La séance était nettement plus ludique que la première (même si ludique est un grand mot, n'oublions pas de qui on parle) : petites vacheries, idées saugrenues et séance de bâchage qui n'avait rien à envier à Brice de Nice.

Dans les vacheries : à propos du contrôle des élus par des jurys citoyens, Fabius accuse Gogolène de faire le lit de l'extrême droite. C'est si bon de voir que cette accusation légendaire n'est pas réservée au camp d'en face (celui de la réaction). Ca a dû lui faire bizarre, à Gogolène, en tant que force du progrès. Son insulte préférée fait boomerang.

Dans les idées saugrenues, il y avait justement celle des jurys citoyens, et même la présence de Français "moyens" (pensée émue pour Sheila) au conseil des ministres. N'importe quoi! Le RDN offre ses services (au tarif normal du consultant politique) à Gogolène pour lui préparer une liste des propositions les plus ubuesques.

Quant au bâchage, on aura noté que Gogolène l'encaisse mal et tire facilement la tête. Les deux garçons ont été assez vilains avec la dame il faut dire. Ils ont démonté son programme, ils l'ont titillé et elle l'a fort mal pris. Son air vexé, tendu voire excédé est de bonne augure pour la campagne présidentielle, quand ses adversaires auront encore moins de raisons de la ménager que ses amis du PS. A quand les premières larmes paravents de l'incompétence?

Pour l'heure on aura surtout vu que malgré le concours de "cassage" les trois socialistes sont d'accord sur l'essentiel - cet essentiel-là que nous n'aimons pas.

Par Peronito
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Dimanche 29 octobre 2006

La présidentielle est encore loin, mais déjà on ne parle que de ça. Après l'insupportable - et interminable - phase de gogolénisation de la vie politique, voici désormais sous vos yeux le naufrage déchirant de la candidature Royal.

Depuis quelques jours, tous tirent à vue sur le cadavre encore chaud de Gogolène candidate (faisant d'elle au passage une sorte de muse du bon mot politique), pour le plus grand bonheur des amateurs de bons mots.

Quelques extraits :

D'abord Jean-Marie Le Pen. A 78 ans il se paie le luxe de dénoncer le populisme de Ségo et de ses jurys citoyens. Le Pen qui dénonce le populisme, c'est déjà croustillant. Mais sa meilleure réplique, la voilà : "J'ai connu des femmes très belles, superbement maquillées en début de soirée, dont le rimmel coulait en fin de soirée". C'est cruel, mais la prédiction paraît aujourd'hui très probable.

Strauss-Kahn, s'il est un peu moins spirituel, est encore plus méchant. L'échec de Gogolène au meeting de jeudi dernier, il l'explique de façon très directe :  "La vie politique n'est pas faite que d'applaudissements. Il peut arriver à chacun d'entre nous de faire une mauvaise intervention. Ne transformons pas un mauvais discours en une crise des socialistes". Comme Domi n'a pas honte de tirer sur une ambulance, il en rajoute, encore et encore : "Il arrive que l'on traverse de mauvaises passes dues à de mauvais sondages ou à des formulations approximatives. Mais un candidat à l'élection présidentielle doit savoir ne pas faire porter aux autres la responsabilité de ses propres erreurs". Intarissable, le Brice de Nice socialiste n'en finit plus : "rétropédalage", "démagogie"... Gogolène a bien des raisons de supplier que le martyre cesse - et il ne fait aucun doute pour nous qu'elle a déjà perdu.

Mais alors, qui va être le candidat socialiste? Les paris sont ouverts. De quoi s'amuser encore un certain temps.

Par Peronito
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Lundi 6 novembre 2006

Jean-Pierre Chevènement a annoncé ce soir sa candidature, au journal télévisé.

Le RDN salue l'entrée dans l'arène de ce nouveau gladiateur. Il se réjouit de trouver enfin un adversaire talentueux et honnête. Puisse-t-il d'ores-et-déjà permettre d'élever le niveau encore bien pitoyable du débat politique à gauche!

Par Secrétaire Général
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Dimanche 12 novembre 2006

A chaque élection présidentielle les mêmes questions politiciennes se posent (les véritables restant malheureusement souvent tues) et les mêmes risques s’amoncellent pour les représentants de la droite dite « parlementaire ».

 

Le Premier ministre et le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale ont eu le demi courage de dire que la présence de JMLP au premier tour de l’élection présidentielle était souhaitable et que pour ce faire ils encourageaient les maires UMP à donner leur paraphe tant convoité. Mais quand annonceront-ils la révision de cette règle ridicule des 500 signatures non anonymes ? Elle n’a pas d’autre effet que de permettre au leader de la droite dite « extrême » d’apparaître une fois de plus en victime expiatoire de l’UMPS ! Ce pitoyable prélude à sa pièce jouée pour la première fois en 2002 : « Nous partîmes 500 et par un prompt renfort nous nous trouvâmes au second tour ».

 

Anonymes, les signatures seront plus facilement accordées aux candidats dont la présence est nécessaire (Edouard F. que le RDN a récemment appelé à sauver ne fait naturellement pas partie de cette catégorie !), même si elle est dangereuse pour les chances de succès des non collectivistes. Elle rendra indispensable la cessation des hostilités internes à l’actuelle majorité et définitivement hors de propos au regard des défis que nous devons relever. Sans croire à l’impossible, espérons que le débat politique à droite ne se résumera pas à l’affrontement stérile entre un ancien champion de moto et le fils d’un ancien Premier ministre actuellement haut perché…

Par Kléber
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Mardi 23 janvier 2007

L'Esprit devait souffler sur la rencontre entre Royal et le chef du Parti Québecois (PQ). Le candidat socialiste, inspiré et conscient de faire face à l'Histoire, s'est rappelé le Québec libre et a tenté de mettre ses talons aiguilles dans les pas du Général. Cette jolie tentative est presque plaisante, et la mauvaise humeur du premier ministre canadien à la susceptibilité froissée est amusante.

Il est aussi drôle de voir les journalistes dénoncer la nullité de Gogolène en matière de politique étrangère : c'est devenu un lieu commun, alors qu'ils n'y comprennent parfois guère plus et qu'ils n'essaient même pas de comprendre. Ce qu'ils aiment c'est le conformisme et l'absence de vagues ; ils ne savent que dénoncer les petites phrases, les dérapages. De la même façon jadis les journalistes du Figaro, après Montréal, faisaient passer de Gaulle pour fou : il dérangeait. 

La comparaison s'arrête toutefois là (nous sommes déjà bien bons de l'avoir poussée si loin). A vouloir mettre ses pas dans les pas de géant d'illustres prédecesseurs, Gogolène aux petites gambettes risque de déchirer son tailleur ou ses ligaments. Comme toujours - et là est l'incompréhensibilité, l'étrangitude voire l'indiscernabilité de sa politique, elle ne choisit pas. Elle dit blanc à Israël et noir aux Palestiniens, gris aux Chinois, et flatte André Boisclair le souverainiste québecois sans vouloir fâcher les canadiens. Elle trouve que "Vive le Québec libre" est une jolie phrase, mais elle "ne l'aurait pas dit ainsi". Comment l'aurait-elle dit, ça c'est un mystère! L'ensemble de ses déclarations sont des périphrases opaques. A force d'éviter les raccourcis percutants, Royal noie le poisson sous d'interminables rallongis.

En ménageant ainsi la chèvre et le chou, Royal jongle maladroitement avec les forces en présence et ne propose rien. Elle est le consensus mou, la tiédeur même. Comme l'âne de Buridan incapable de choisir, elle nous promet une mort lente et immobile.

Par Peronito
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Mardi 30 janvier 2007
On aime à présenter Valérie Pécresse comme la Gogolène de droite - et il est à parier qu'elle y prend du plaisir, d'après la lecture de son blog. Le parallèle incessant des journalistes doit cependant lui monter à la tête, au point qu'elle semble se croire investie d'une mission quasi-divine. La lutte contre sa rivale devient une affaire personnelle et tourne au duel de poissonnières. A chaque bourde de Gogolène (Dieu sait qu'elle en commet), Pécresse répond, réplique, marque à la culotte, donne une leçon, crie et gesticule. La recherche du bon mot vachard (pourtant si facile devant la crucherie de Royal) est négligée au profit du volume sonore et de la célérité de la réponse. Ségolène ne sait pas ce qu'est un sous-marin nucléaire? Valérie Pécresse s'arrache les cheveux telle une Castafiore. Elle veut avoir le dernier mot.
 
D'un point de vue politique, cette hargne devient gênante, contre-productive. En Martinique, Royal avait lâché une phrase en créole. Malgré ses tares, elle a vécu en Martinique et son créole est tout de même meilleur que celui de Pécresse. Pourtant, notre harpie de droite s'est empressée de s'agiter à cause d'une phrase qu'elle a mal comprise (il s'agissait un faux-ami). Elle se trompe sur le sens d'un mot et pérore sur le projet annoncé de mettre le pays à feu et à sang - comme si Gogolène aux îles avait les épaules de Spartacus. Valérie l'énarque se transmute en plouque analphabète en assimilant le créole à du petit nègre sans lexique ni grammaire (comment un mot français en créole pourrait vouloir dire autre chose qu'en français?). C'est tout l'UMP qui est ensuite raillée par tous les bobos de la terre pour sa franchouillardises. Alors s'il te plaît Valérie, tais-toi parfois!
 
C'est peut-être la aussi le point commun avec Royal : cette tendance assez féminine au discours accablant débité avec aplomb et plein de certitudes dans la voix - des certitudes hélas basées parfois sur du sable. Le voici, le printemps des midinettes!
 
Alors que Valérie se détende, et que Sarkozy choisisse avec à propos ses collaborateurs : des vacances feront du bien au député de Versailles sud. Ensuite, que les bons se rassurent et que les méchants tremblent : Gogolène n'a pas besoin de Valérie pour se discréditer.
Par Peronito
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Mercredi 31 janvier 2007
Par Peronito
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Jeudi 1 février 2007

François Bayrou a donc été intronisé "troisième homme" de la campagne. Les médias lui ont unanimement décerné ce rôle curieux et ingrat, mais désormais classique et sa frimousse fleurit depuis quelques jours sur tous les titres de presse.

Un peu comme les valets chez Molière, le troisième homme d'une campagne présidentielle n'est pas du tout celui qui pourrait bouleverser l'équilibre entre les deux principaux candidats - car de la vraie menace on ne parle pas trop. Electoralement, le troisième homme est en fait la cinquième roue du carrosse.

En revanche, le troisième homme comble un vide ; son utilité est d'ordre dramatique. En effet la campagne, d'ailleurs généralement assez inintéressante, est vraiment au creux de la vague ; les petites phrases font florès et le public s'ennuie de cette stagnation. Il faut le distraire ! Le troisième homme sort donc du chapeau et répond au besoin des journalistes de créer l'événement. Cela a dû commencer lundi dernier, sur la base d'un sondage largement surinterprété. Tous les journaux, avaient un vide à combler : ils s'en sont alors donné à coeur joie.

Bayrou dénonçait les candidats officiels et le favoritisme des médias, sans pour autant sentir le souffre lepéniste. N'était-il pas alors idéalement placé pour cette place de "troisième homme"? Cruel destin que de finir joujou des médias après avoir tant dénoncé leur pouvoir d'influence. Gageons qu'il n'y verra cette fois pas d'inconvénient tant qu'il est à l'honneur!

Héros le temps d'une scène, il devrait pourtant vite être à nouveau éclipsé par la rivalité des deux grands. Centriste qu'il est, fera un score de centriste - c'est à dire, petit.

Par Peronito
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Samedi 3 février 2007

Pour Ségolène c'est la chute, la dégringolitude dans les sondages qui la créditent de moins de 30% des intentions de vote. Le PS s'inquiète. Ceux qui considèrent que les bourdes de Gogolène détruisent irrémédiablement sa présidentiabilité sont perplexes et ils le disent. Même s'il est bien trop tard pour faire machine arrière, le débat fait rage chez les socialistes. Un blog pour le changement de candidature est même apparu (à vrai dire le blog en question sent très fort l'intox)! D'aucuns se prennent en tout cas à rêver et échafaudent des scénarios de secours. BHL, dont les capacités d'anticipation ne sont plus à démontrer, est de ceux-là  :

"C'est une candidate tellement atypique que tout peut arriver. Un redressement spectaculaire [...] ou bien une extinction soudaine des lumières autour d'elle et en elle qui la ferait plonger [...]. Certains au PS [...] imaginent [...] une sorte d'appel de grands élus exhortant la candidate à se sacrifier sur l'autel extraordinaire qui désignerait... François Hollande! Peut-être..."

BHL le sage n'en est plus au questionnement philosophique : il a des sueurs froides. Car Ségolène Royal c'est le mouvement brownien, imprévisible et incontrôlable. Dans un élan prophétique, le RDN avait imaginé il y a quelques mois l'explosion en vol de Gogolène. Désormais, pour relancer la candidate il ne reste que les conclusions des débats participatifs - vaste programme. On les annonce comme les tables de la loi! Nous sommes très impatients d'être le 11 février afin de connaître la teneur du programme, qui rappelera peut-être moins la loi mozaïque que le veau d'or...

Par Peronito
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