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Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /Juin /2009 19:23

La campagne pour les élections européennes de demain était d'une fadeur rarement atteinte, et dans le fond (que l'on a touché), et dans la forme (soporifique). seul petit piment (d'Espelette) : la sortie de Bayrou face au gauchiste Daniel Cohn. Bayrou, rebondissant sur le terme "ignominie" employé par l'autre, a fait allusion à une vieille histoire : c'était dans les années 70 et Dany le rouge vantait les mérites du sexe pour les enfants. Coup bas objectif de Bayrou, certes, sur un sujet tellement à la mode, certes-bis.

Mais voilà : tout le monde a accâblé ce pauvre Bayrou et l'a traité de monstre, avec une emphase très suspecte. Car enfin, si le procédé employé par le Béarnais est contestable, il n'en est pas moins un "classique" de la politique que tous ou presque pratiquent à l'occasion! Qui ne reparle pas du bruit et de l'odeur à Jacques Chirac? Des points de détail à Le Pen? (etc, etc.). Les réactions excessives de tous les parangons en disent long sur la détestation qu'on porte à François Bayrou. Peu suspects de sympathie politique pour l'homme, l'affaire nous le rend sympathique tant, au-delà du procédé du vieux dossier, le sujet de fond est grave : quand Morin qualifie quasiment Bayrou de fou, d'homme "qui perd tous ses repères", n'est-il pas en train d'inverser les rôles? N'est-ce pas l'apologue de la sexualité infantile qui a, depuis longtemps, perdu ses repères? On pourrait - on devrait, même - exiger de Cohn-Bendit un long développement sur ces thèmes, car c'est bien l'ambiguïté entretenue sur ses théories de jeunesse qui est la cause première des attaques de Bayrou, et non la perte de repères de Bayrou lui-même.

Morin, Bertrand, Bachelot et les autres ne sont animés que par des motifs politiciens : Bayrou est l'homme à abattre et tous les moyens sont bons. Ce faisant, en occultant purement et simplement la question de fond, ils jouent avec le feu et laissent croire qu'ils minorent la gravité du sujet... Tandis que Bayrou, exaspérant qu'il est dans son rôle d'instituteur "IIIème République", a au moins la morale pour lui, nous affirmons, nous, que c'est ce pauvre Morin qui a perdu tous ses repères!

Par Secrétaire Général - Publié dans : Journal de campagne - Communauté : Libre parole
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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /Fév /2008 17:57

undefined La ville de Tarbes envisage d'annoncer sa candidature aux jeux olympiques d'hiver de 2022. Le projet est dans les cartons de l'actuel maire de Tarbes, Gérard Trémège, qui pourrait le mener à bien s'il est réélu. Fort de son bilan très honorable, après des années de gestion communiste calamiteuse de la ville, Trémège compte non-seulement poursuivre sur sa lancée, mais aussi,par le biais des jeux olympiques, donner un élan considérable au développement économique et touristique de la ville. Les retombées, en termes d'emploi et de notoriété, seraient bienvenues dans une ville aux atouts géographiques indéniables, mais encore marquée des stigmates de la désindustrialisation.

Les Hautes-Pyrénées, où se trouvent - à quelques pas de Tarbes - les deux plus grandes stations de ski du massif, sont aussi une localisation judicieuse (nous n'osons dire : idéale) pour l'accueil des jeux : hauts sommets (eh oui il y en a dans les Pyrénées) enneigés ; climat clément ; infrastructures modernes des stations de ski ; desserte aisée par TGV ou par avion ; capacités d'accueil de la ville de Tarbes au pied des montagnes. Politiquement, c'est aussi l'occasion de favoriser l'intégration avec les pays voisins, Espagne et Andorre : ça c'est de l'eurorégion concrète!

Pour toutes ces raisons, le RDN soutient farouchement la candidature de Tarbes aux jeux olympiques et transmet ses voeux les plus ardents à Gérard Trémège pour sa réélection, face à un candidat socialiste trop attaché aux lambris parisiens pour représenter une alternative crédible.

Par Cascarèl - Publié dans : Journal de campagne
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Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 18:06

Du côté républicain : 

Le perdant : Romney
Comme prévu, Mitt Romney a du mal à fédérer le front anti-McCain qui se déchaîne ces jours derniers dans les media les plus conservateurs.
L'ancien gouverneur du Massachussetts misait sur des victoires en Californie et en Géorgie pour rester compétitif; il perd les deux. Il ne remporte que les Etats acquis à sa cause (Utah, patrie des mormons, Massachussets) ou ceux du grand Ouest, dans lesquel prédominent le système des caucus plutôt que des primaires. A noter que la perspective de la défaite le rend plus agressif et désespéré que jamais.

La surprise : Huckabee
Il remporte à l'arrachée des Etats évangéliques du Sud dans lesquels McCain était donné vainqueur (Tennessee, Alabama, Georgie), ce qui lui permet de rappeler sa présence dans la course et de grapiller une bonne centaine de délégués. Comme nous l'avions dit sur ce blog, il demeure 'l'outsider' de ces primaires, et son résultat surprend étant donné son faible budget. Cela dit, il a désormais épuisé son fond de commerce, la majorité des Etats sudistes ayant désormais voté.
Ce joli maintien ne peut que plaire à McCain, qui voit ainsi récupérer par un candidat 'ami' des voix courtisées par un candidat ennemi.

Le gagnant : McCain
Il remporte la Californie et les Etats du Nord Est haut la main, ainsi que des Etats du midwest et du Sud. Il prend largement la tête en nombre de délégués.
Seul bémol: sa courte défaite en Géorgie face à Huckabee. Une victoire dans le plus gros des Etats du Sud lui aurait permis de prouver sa capacité à gagner dans les Etats évangéliques. Une erreur de stratégie sans doute: McCain a utilisé les derniers jours de sa campagne pour aller fanfaronner dans le Nord Est, dans des Etats largement acquis à sa cause et dans lesquels le vainqueur remporte tous les délégués (augmenter sa marge ne lui servait donc à rien), ainsi que dans le Massachusset, Etat largement acquis à Romney, dans l'espoir (déçu) de défaire l'ancien gouverneur sur ses terres. A la place, un effort dans le Sud aurait peut-être évité que ces Etats ne tombent dans l'escarcelle du gouverneur de l'Arkansas.
Mais McCain s'en plaint-il vraiment? Les délégués récoltés hier par Huckabee lui seront acquis en septembre, ce qui n'aurait pas été le cas de ceux de Romney...

Le Figaro à la ramasse...
Le correspondant à DC découvre la lune: on commencerait à parler d'un ticket McCain- Huckabee. Vraiment?

La suite ?
Pour McCain, il s'agit de tenir encore quelques semaines afin de gagner les 400 délégués qui lui manquent pour sécuriser totalement la nomination, face à Mitt Romney qui ne manquera pas de déverser des millions de dollars sur les Etats qui vont successivement se présenter au suffrage des électeurs républicains.

Par Agénor - Publié dans : Journal de campagne
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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /Mai /2007 11:47

2 mai, 21 heures. A notre gauche, Ségolène Royal, plus élégante que jamais, a revêtu la tunique du challenger. A notre droite, Nicolas Sarkozy, candidat à l’élection présidentielle depuis 12 ans, vainqueur du 1er tour et grandissime favori pour le second. Au centre, François Bayrou a laissé sa place à deux monstre sacrés du petit écran : PPDA et Arlette Chabot. Ils ne seront, l’espace d’une soirée, que les maîtres du temps. Dehors, la France devant la télévision, seule, en famille ou entre amis, chez soi ou dans un bar, comme si, un an après, le pays revivait une nouvelle finale de Coupe du monde.

Vainqueur du toss, Nicolas Sarkozy donne le coup d’envoi. Visiblement sous Lexomil, le favori se veut courtois et calme. Il est parti pour démontrer sans fanfaronner, pour encaisser sans reculer et, surtout, pour éviter le mauvais geste comme tétanisé par la hantise du carton rouge et les accusations de machiste enragé. « Madame Royal », je suis heureux d’être ici avec vous !

Ségolène Royal prend, quant à elle, le jeu à son compte. N’ayant plus rien à perdre, elle oublie – volontairement – les règles du jeu et s’engage sur la voie du dérapage contrôlé. Abandonnés le séquençage thématique et le ronron d’un débat mille fois joué depuis le 22 avril, elle part dans tous les sens, élève la voix, interrompt, prend à parti. Elle avance pour cogner et pousser l’adversaire à la faute.

Nicolas Sarkozy écoute et lutte contre lui-même, « il me serait si facile de répliquer et de faire mouche » dut-il se dire à plusieurs reprises. Appliqué et pédagogue, il décide de rester dans le canevas décidé à l’avance et d’approfondir chacun des sujets. Plus en retrait sur la forme, il prend néanmoins l’avantage sur le fond ; Ségolène Royal est mise devant ses contradictions et imprécisions. Les « moi, je » et autres « j’ouvrirai une discussion avec les partenaires sociaux » apparaissent clairement comme des dégagements en touche désordonnés, des sauvetages in extremis :
• Je lutterai contre la dette publique lorsque la croissance sera supérieure à 2,5 % ;
• Je suis la candidate du dialogue social mais dénigre toute idée en provenance du MEDEF ;
• Je ne démantèlerai pas les lois Fillon, je les remettrai à plat ;
• Je créerai une taxe sur les profits boursiers dont le produit sera exactement égal à ce dont nous avons besoin pour financer les retraites ;
• Je considère Nicolas Sarkozy comme un candidat dangereux qui a recouvert la France de flics et maltraité les immigrés, mais je l’accuse de ne pas avoir créé assez de postes de policiers pour permettre aux policières d’être raccompagnées le soir en toute sécurité et renonce aux régularisations massives pour me convertir au très sarkozyste « cas par cas »…

On peut multiplier les exemples à l’infini. Incontestablement, il y avait d’un côté un candidat crédible, connaissant ses dossiers (ça n’exclut malheureusement pas quelques erreurs) et ayant une vision pour son pays et, de l’autre, une candidate focalisée sur l’incantatoire et l’émotionnel, pressée de continuer à gouverner la France avec des recettes du passé.

Alors, c’est vrai, le débat n’en est pas resté là. Nicolas Sarkozy a commis une erreur qui inévitablement restera dans les annales. Voulant lui aussi jouer sur le registre des sentiments, il s’est emparé du thème des handicapés et, plutôt que de temporiser, a cherché à accroître son avantage. Ségolène Royal s’est alors minutieusement mise en colère (mais sans s’énerver, nous voilà rassurés !) et a montré tout son talent de professionnelle du pathos. Elle a néanmoins cédé à la tentation d’en faire trop et, à force de surjouer, a perdu beaucoup de son naturel.

Le challenger a donc marqué un but au moment où le favori s’y attendait sûrement le moins. Pas de panique, la fin des hostilités a une nouvelle fois mis en lumière le décalage de stature entre les deux candidats sur les questions internationales (Iran, Darfour), l’Europe, la Turquie ou encore l’immigration. Et ce d’autant plus que Ségolène Royal a raté son final s’engageant dans un face caméra façon clip de campagne ringard !

Au final, chacun a donc joué son rôle. Ségolène Royal a cherché la faille, Nicolas Sarkozy a voulu à tout prix éviter d’apparaître comme l’agresseur. Les partisans des deux candidats peuvent tous se montrer satisfaits.

Cependant, force est de reconnaître :
• que pour gouverner la France, il ne suffit certainement pas de disposer d’une « capacité d’indignation » ou d’être « la candidate de ce qui marche » sans plus de précision et
• que pour gagner cette élection il ne suffisait pas à Ségolène Royal de faire plaisir à son camp en tapant sur son adversaire, encore lui fallait-il convaincre la quasi-totalité de l’électorat bayrouiste, des personnes généralement très qualifiées (et oui c’est parfois dur à croire !) plus avide de rationnel que d’émotionnel.

En conclusion, pas d’inquiétude mes chers amis, mobilisez-vous dimanche et tout ira bien !

Par Kléber - Publié dans : Journal de campagne
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Mardi 24 avril 2007 2 24 /04 /Avr /2007 23:13

Alors que la campagne du deuxième tour ne fait que commencer, on ne se lasse pas de revenir sur la mémorable soirée de dimanche, où les déballages et règlements de comptes ont commencé : on en entend de belles!

La meilleure de la soirée ayant sans conteste été la prestation mémorable de Bernard Tapie, nous ne résistons pas au plaisir malin de vous en offrir le lien : ça devrait vous distraire...

http://www.dailymotion.com/search/tapie/video/x1swvf_soiree-electorale

Par Secrétariat Général du RDN - Publié dans : Journal de campagne
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Mardi 24 avril 2007 2 24 /04 /Avr /2007 12:33

L'ancien secrétaire national du PS chargé des questions économiques était présent au meeting de Sarkozy à Dijon hier. Son témoignage de gogoléniste repenti en dit long sur la vilénie de ses anciens amis et explique comment un homme comme lui en vient à soutenir Sarko...

Bravo au PS de prendre ses électeurs pour des gogos naïfs que l'on va effrayer en agitant l'épouvantail. Nous savions déjà que ces gens-là étaient des menteurs : la preuve par Besson.

"Il y a quatre mois à peine je participais au début d'une entreprise délibérément conçue de diabolisation du favori de l'élection présidentielle", déclarait hier Besson à une foule proprement hallucinée. "Dès l'automne 2006, il était déjà limpide pour beaucoup d'entre nous que si la confrontation portait sur [...] les idées et sur la capacité à gouverner, alors Ségolène Royal n'avait guère de chance de l'emporter face à Nicolas Sarkozy. Il fallait donc, pour espérer le battre, le diaboliser, le caricaturer en espérant parvenir à ce qu'il fasse peur".

Par Peronito - Publié dans : Journal de campagne
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Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /Avr /2007 23:15

Eric Besson n'a pas l'air très sympathique. Hiérarque socialiste, en charge des aspects économiques dans la campagne de Royal jusqu'il y a peu, il règle désormais ses comptes de façon fort peu élégante avec ses anciens camarades qui ne l'ont pas écouté. Ce n'est pas joli joli, mais la lecture de son bouquin est savoureuse et dresse un portrait terrible de Royal. Du reste, il ne fait pas de doute que les nombreux détails soient authentiques (pour preuve : il est encore en vente!). Jetez-y un oeil avant de voter.

Besson semble avoir une haute opinion de sa personne, et ce depuis sa prime jeunesse, lorsqu'il s'offrait un tiers de page dans le Monde pour clamer au monde qu'il avait échoué à l'ENA mais qu'il vivrait très bien sans. Il faut néanmoins oublier le personnage et lire son témoignage comme un récit in vivo d'une campagne fantaisiste, et un portrait lucide sur l'agitée du bocal qui la conduit, à l'aveugle.

Morceaux choisis :

Je pense, en conscience, que Ségolène Royal ne doit pas devenir Présidente de la République. Je ne le souhaite pas pour mon pays. Je le redoute pour mes enfants. (Qui connaît Madame Royal?, page 9)

Je le dis sans passion aucune, calmement mais fermement : ce que construit Ségolène Royal est mensonger et dangereux, pour la gauche et pour la France. (id., page 9)

Elle promeut une démocratie participative qui n'est que mascarade. Elle fait croire aux citoyens qu'ils seront les inventeurs de son programme [...]. Tout le monde sait que c'est faux. [...] A l'arrivée, c'est l'arbitraire, des décisions incompréhensibles, l'opinion flattée, distraite, amusée, et des catastrophes économiques programmées... (page 10)

[...] l'archaïsme qui sous-tend sa pensée : une détestation sourde de la modernité, de la science, de la raison et du progrès... (page 12)

Elle dit : "ce qui m'importe c'est que le budget de la Nation soit participatif". [...] Tout le monde est atterré. Personne ne réplique. Un ange passe, tout le monde se regarde. (pages 140 et 141)

La France ne peut s'offrir le luxe de cinq ans d'errements et d'immobilisme. Elle ne s'en remettrait pas. (dernière page)

Par Peronito - Publié dans : Journal de campagne
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Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /Avr /2007 17:22

Valéry Giscard d'Estaing aura attendu les derniers jours de la campagne pour achever François Bayrou : il a annoncé mercredi qu'il voterait pour Sarkozy, "le seul à réunir les conditions qui nous permettent de choisir raisonnablement notre futur président". Désormais, on peut dire que tous les anciens Présidents encore en vie soutiennent Sarkozy!

Pour VGE, Sarko c'est le pied : majorité solide en vue, perspectives de renouvellement.

Et de la part du fondateur de l'UDF à l'attention de Bayrou : "l'UDF n'a jamais eu pour vocation ni pour comportement d'entretenir l'incertitude, de flotter dans le vide entre des politiques évidemment différentes, et de s'appuyer sur des majorités impuissantes et fragiles". Tout est dit!

Par Peronito - Publié dans : Journal de campagne
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Mercredi 18 avril 2007 3 18 /04 /Avr /2007 19:04

Azouz Begag n'en finit pas d'illustrer sa reconversion, qui tient plus du chamane que du sociologue, en vidant son fiel sur Sarkozy. Dernière perle en date? Une perle bien raciste : "les sondages ne reflètent pas la réalité. Il y aura une grande surprise. Tous les arabes et tous les noirs [...] détestent Sarkozy".

La surprise que tu nous promets, c'est Azouz premier ministre de Bayrou, peut-être?

On attend les prochains oracles avec impatience!

Par Peronito - Publié dans : Journal de campagne
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Mercredi 18 avril 2007 3 18 /04 /Avr /2007 09:20

Mes amis,

Vous êtes jeunes et c'est une chance. Vous le comprendrez un jour. Avoir la vie devant soi est un privilège. Ne laissez personne vous l'enlever.Je ne vous dis pas cela parce que je crois que la jeunesse serait le moment le plus heureux de la vie. Vous serez heureux après et vous pouvez être malheureux aujourd'hui. La jeunesse est tour à tour déchirée, révoltée, mélancolique. Elle est passionnée. Elle est intransigeante. Sa caractéristique est bien de pouvoir incarner tous les sentiments à la fois, amoureux, triste, enthousiaste et déçu. Mais la jeunesse c'est d'abord une formidable envie, l'envie de croire, l'envie d’aimer, l'envie de savoir, l'envie de vivre.

Cette envie jamais satisfaite peut expliquer que le bonheur serein n'est pas souvent l'affaire des jeunes. Baudelaire en a parlé mieux que quiconque.
« Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage
Traversé ça et là par de brillants soleils ! »

Le bonheur est une jouissance, la jeunesse est un désir. La jeunesse a trop soif d’absolu, elle attend trop de la vie pour se sentir complètement heureuse. Le bonheur, elle le veut trop parfait et elle court après lui comme elle court après la vie. Elle a peur qu’il lui échappe et elle passe à côté de lui sans le voir parce qu’elle va vite et parce qu’il est trop petit pour des rêves trop grands.
La jeunesse ce n’est pas le moment le plus heureux de la vie mais c’est le plus exaltant, celui où tout paraît possible, où l’on a le sentiment que l’on peut tout vouloir.
La jeunesse c'est le moment de tous les vertiges et de toutes les ivresses. Un jour peut-être vous direz-vous comme Rimbaud :
« Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – on se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête… »
Rêvez aujourd'hui, car le sens d'une vie d'adulte c'est de faire de sa vie la réalisation de ses rêves de jeunesse. Si vous ne rêvez pas aujourd'hui, vous serez des adultes à la "petite vie". Je ne veux pas que vous la connaissiez !
Vous avez de la chance d’être jeunes, non parce que le bonheur vous tend les bras, mais parce que l’avenir vous appartient.
Vous avez de la chance d’être jeunes, parce que le monde est à vous.
Vous avez de la chance d’être jeunes, parce qu’à votre âge on n’a ni regrets, ni remords.
Vous avez de la chance d’être jeunes, parce que la jeunesse c’est la liberté.

Et je veux, si je deviens Président de la République, couper tous les liens qui vous entravent, et vous donner les moyens de cette liberté que j'appelle l'autonomie.
Vous avez de la chance d’être jeunes, parce que la jeunesse c’est la promesse des commencements, des soleils qui se lèvent sur les mondes endormis.
Et je vous promets que Président de la République, je réveillerai la France pour qu'elle redevienne la nation de tous les possibles.
La jeunesse, c’est l’âge où l’on croit dur comme fer qu’un rêve peut à lui seul changer le monde.
Jeune j'ai rêvé de le changer. Et bien aujourd'hui il est temps de se dire qu'ensemble nous allons le faire !
La jeunesse, c’est ce moment magique dans le souvenir duquel l’Homme puise la part de rêve qu’il cherchera toute sa vie à accomplir.
L’Homme est jeune tant qu’il croit, qu’il peut opposer la force invincible des rêves à l’usure du temps.

Il n’est pas vrai que l’on n’est pas sérieux quand on est jeune. On l’est avec moins de gravité que lorsque l’on est devenu adulte. Mais on l’est souvent avec plus de profondeur.
Elle était sérieuse, elle était profonde, elle était grande, Jeanne à 19 ans devant ses juges.
Ils l'étaient tout autant les jeunes soldats de l’An II qui traversèrent toute l’Europe en chantant la Marseillaise, victorieux des plus puissantes armées du monde par la seule force de leur amour de la patrie et de leur passion de la liberté.
Ils l'étaient aussi les conscrits qui n’avaient pas vingt ans et qui mouraient par milliers dans les plaines de Champagne sous la mitraille allemande pendant la Grande Guerre.
Ils étaient sérieux, ils étaient profonds, ils étaient grands les jeunes résistants qui en juin 44, au péril de leur vie, tentaient de retarder les divisions blindées allemandes qui remontaient vers la Normandie.
Et que dire des lycéens de Carnot et de Buffon qui furent en 1940, à 15, 16, 17, 18 ans, les premiers résistants de France et qui pour beaucoup d’entre eux le payèrent de leur vie.
Il était sérieux, il était profond, il était grand Guy Môquet quand il fut fusillé par l’occupant. La veille de sa mort il a 17 ans, il écrit à ses parents et à son petit frère.
« Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé »
« Ma petite maman chérie». Un garçon de 17 ans ! 17 ans, cet âge où l’on ne montre pas ses sentiments, où l’on veut avoir l’air d’un homme, où l’on croit qu’un homme c’est insensible, que la tendresse, que l’affection c’est bon pour les enfants.
« Ma petite maman chérie ». D’habitude à ces mots l’adolescent ricane. Il veut montrer qu’il est fort Mais là devant la tendresse de ce garçon de 17 ans qui est face à la mort au-devant de laquelle il a choisi d’aller, devant ce tout jeune homme qui à cet instant n’a plus rien à prouver, personne n’a envie de se moquer et chacun comprend qu’une grande âme c'est celle qui est capable d'exprimer simplement un sentiment si profond, si vrai, si total.

Chacun ressent ce qu’est la grandeur d’un homme, et ce qu’il faut d’amour au fond pour s’engager ainsi sans fanatisme, sans aveuglement, pour être digne d’une famille que l’on aime et parce que l’on a la fraternité humaine chevillée au corps.
« Ma petite maman chérie ». Ce mot d’amour que nous portons tous en nous et que nous n’avons pas dit, quand nous le pouvions, aussi souvent que nous aurions dû. Ce mot d’amour et de tendresse prononcé au seuil de la mort, je veux vous dire une chose importante, il n’est pas ridicule. Il est, pour tout être humain, simplement bouleversant.

Etre jeune, demeurer jeune, c'est savoir accepter d'être bouleversé par la sincérité d'un sentiment si fort.
« J’aurais voulu vivre, écrit Guy Môquet. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. 17 ans et demi… Ma vie a été courte ! Je n’ai aucun regret si ce n’est de vous quitter tous. Je vous quitte tous en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. »
A ceux qui ont osé dire que je n’avais pas le droit de citer Guy Môquet parce que je n’étais pas de gauche, je veux dire que je demeure stupéfait de tant de sectarisme. Guy Môquet appartient à l’histoire de France et l’histoire de France appartient à tous les Français.
Président de la République je veux rassembler tous les Français et leur dire que j'honorerai tous ceux qui ont fait la grandeur de la France, sans me préoccuper de la couleur de leur peau, de leur appartenance politique, de leurs origines sociales.
Je veux dire que cette lettre de Guy Môquet, elle devrait être lue à tous les lycéens de France non comme la lettre d’un jeune communiste mais comme celle d’un jeune Français faisant à la France et à la liberté l’offrande de sa vie, comme celle d’un fils qui regarde en face sa propre mort et dit à ses parents et à son frère le dernier mot d’amour qui sera tout ce qui restera vivant de lui dans leur cœur.
Je n’ai jamais pu lire cette lettre si émouvante sans penser au sens de la vie, à cette vie qui finit un jour, à cette vie qu’il ne faut pas gaspiller, à cet amour qui se croit éternel et auquel il faut tout donner avant qu’il ne finisse.
Les plus petites paroles d’amour qu’un grand garçon de 17 ans adresse à sa mère et à son père prennent une grandeur tragique quand ce sont les dernières, non parce que la vie va cesser mais parce qu’après il ne sera plus possible d’aimer.

J'ai suffisamment d'expérience de la vie, de ses épreuves comme de ses joies pour vous le dire avec certitude.
Aimer, c'est la seule chose qui compte vraiment.
Seront plus heureux ceux qui parmi vous le comprendront avant qu'il ne soit trop tard.
Quand on est jeune on aime, on aime parfois trop, pas longtemps, on peut passer d’un amour à un autre comme s’il fallait à tout prix faire l’expérience de tous les amours possibles en ayant le pressentiment que l’on n’aura pas le temps.
Quand on est jeune on ne s’aime pas vraiment, au pire on se fuit, au mieux on apprend à s'aimer, à aimer les autres, à aimer la vie. Non comme un étourdissement qui endort la conscience mais comme un accomplissement qui la réveille. Un jour vient où l’on éprouve un remords de n’avoir pas assez aimé, pas assez profondément, pas assez sincèrement, pas assez fidèlement.
Albert Cohen, pensant à la mort de sa mère a écrit cette phrase admirable :
« Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra et tous les fils se fâchent et s’impatientent contre leurs mères, les fous si tôt punis. »
Souvent la jeunesse regrette un jour de n’avoir pas su bien aimer ce qu’elle avait de plus cher quand il était encore temps.
Vous vous direz tous à vous-mêmes un jour, comme le vieil Hugo :
« Que vous ai-je donc fait, ô mes jeunes années !
Pour m’avoir fui si vite et vous être éloignées
Me croyant satisfait ? »

Aimer ! Vous pensez au plaisir et souvent à lui seul. C’est le privilège de la jeunesse qui ne sait pas encore vraiment ce que c’est que la souffrance.
Aimer ! C’est prendre le risque de souffrir.
Aimer ! C’est s’engager, se donner sans retenue, avec une générosité infinie, c’est abolir toutes les barrières, toutes les distances, accepter de devenir sensible, vulnérable.
Mais c’est en dominant ses peines que l’on se construit. C’est en surmontant sa souffrance que l’on devient plus fort.
Celui qui ne s’engage jamais, qui ne se donne jamais, qui se protège, qui garde ses distances, qui refuse de prendre des risques, celui-là passe à côté de tout ce que la vie a de plus beau et de plus grand, de tout ce qu’elle a de plus intense, de tout ce pour quoi elle mérite d’être vécue.

Voici pourquoi je veux proposer aux jeunes Français une grande ambition, parce que les petites sont médiocres. Une vie où tout devient possible parce que la vie ne sert à rien si on n'en fait rien. Un avenir sans limite parce que c'est à vous de construire vos propres frontières. Je veux faire de la France le pays de la vie, de la joie, du dynamisme, de la jeunesse retrouvée et de la création renouvelée!


Pourquoi toujours cacher ses faiblesses, ses douleurs, ses échecs ? Pourquoi en avoir honte ? C’est en les assumant, c’est en les surmontant que l’homme grandit.
Longtemps j’ai cru le contraire, j’ai cru que pour être fort il fallait donner à croire que l’on n’avait jamais eu de faiblesse, que l’on n’avait jamais eu aucune faille. Longtemps j’ai cru que j’étais fort par les protections que je mettais autour de moi, ou dans ma tête, pour empêcher quiconque de pénétrer jusqu’à mes failles, jusqu’à mes blessures intimes, jusqu’à mes cicatrices.
Je sais maintenant que ce sont ces failles, ces blessures, ces souffrances que j’ai surmontées qui font ma force. Je sais que l’on est toujours plus fort de la difficulté que l’on a effacée que de la facilité qui ne vous apprend rien, que l’on sort toujours plus fort d’avoir affronté des épreuves que de s’être laissé vivre.
Des faiblesses, des blessures, des épreuves, j’en ai connu. Je sais qu’avec la voie que je me suis choisie, l’ambition que je me suis fixée, j’en connaîtrai d’autres. Je sais que je souffrirai encore. Mais ce risque vaut mieux que celui de ne rien vivre, de ne rien éprouver, aucun sentiment fort, aucune passion, de n’avoir aucun projet, aucune ambition.
Je ne suis pas né pour subir, je suis fais pour agir. Je veux mettre cette force au service de mon pays, de chaque Français, pour que chacun ait un avenir à sa mesure.


Il arrive que les rêves se brisent. Ce n'est pas une raison pour ne plus rêver.
Il arrive que les espérances soient déçues. Ce n'est pas une raison pour ne plus espérer.
Il arrive que la vie soit dure, qu’elle soit lourde, qu’elle soit douloureuse. Ce n'est pas une raison pour refuser de vivre.
A cinquante-deux ans, vous pourriez vous dire, mais que sait-il de la jeunesse. ?
Cette question, je la connais parce que ma génération l’a déjà posée à ses parents dans les mêmes termes.
Je sais que vous vous dites souvent que vos parents lorsqu’ils vous parlent de votre présent et de votre avenir vous parlent de ce qu’ils ne connaissent pas. Je me le suis dit aussi.
La jeunesse a toujours eu du mal à concevoir qu’un jour ses parents aient été jeunes aussi et qu’à son tour elle-même un jour cessera de l’être.

Mais je ne suis pas venu vous parler de la meilleure façon d’être jeune. Vous ne m’écouteriez pas davantage que je n’écoutais il y a trente ans les gens de la génération de mes parents. J'ai passé mon temps à refuser d'entendre ceux qui me disaient : "il est trop tôt ! ne sois pas impatient ! tu as le temps !" Je me suis fait une promesse jadis: ne jamais dire cela car justement je pense qu'on n'a pas le temps, que c'est tout de suite, aujourd'hui qu'il faut construire, bâtir, agir.
Je ne suis pas venu vous parler de votre présent qui est déjà presque votre passé.
Je suis venu vous parler de votre avenir, de ce que vous allez devenir, de ce que vous vous préparez à être.
Je suis venu vous dire qu’il n’appartient qu’à vous de ne plus être trompés et d’en finir avec les mensonges qui depuis quarante ans préparent à la jeunesse un avenir toujours plus désespérant.
Je suis venu vous dire que je ne crois pas à une politique de la jeunesse, mais que je crois à une politique qui permette à la jeunesse de se construire un avenir qui soit à la hauteur de ses espérances et de ses rêves.
Je suis venu vous dire que je ne veux pas vous aider à rester jeunes le plus longtemps possible mais à devenir des adultes accomplissant les rêves de leur jeunesse.

Le drame de la jeunesse française depuis quarante ans, le vôtre par conséquent mais aussi celui de vos aînés et celui de ma génération, c’est qu’au lieu de lui apprendre à aimer on le lui a désappris.
Entre la glorification de l’instinct et la montée de l’utilitarisme, on a étouffé cette alliance du sentiment et de la raison qui était l’essence même de la civilisation et de la culture.
Sans le patient travail de la civilisation, sans la culture, il ne reste plus dans l’homme, que la violence instinctive, que la pulsion aveugle, que le réflexe tribal.
C’est la culture, c’est la philosophie, c’est la littérature, c’est la poésie, c’est le théâtre, c’est l’art qui apprennent à l’homme à aimer, à reconnaître l’amour, à l’exprimer, à le sublimer parfois.
C’est la culture, la littérature, la poésie, l’art qui poussent l’amour à offrir plutôt qu’à prendre, à séduire plutôt qu’à forcer.
Rien n’est plus frustrant, que de ne pas arriver à exprimer ce que l’on ressent, à le faire partager parce que l’on n’a pas les mots pour le dire. Rien n’est pire que de ne pas arriver à comprendre ce que l’on éprouve et ce que l’on désire parce que l’on n’a jamais appris à descendre en soi-même.
Ne pas être en mesure de trouver les pensées, les mots, les gestes de l’amour, il n’y a rien de pire, rien qui incite plus à la violence contre l’autre ou contre soi-même. Voici l'explication à la tentation du suicide chez tant de nos jeunes, à la fascination pour la violence, à la montée des fanatismes.
Ne pas être capable de partager l’amour c’est se condamner à être toujours seul.
Le suicide qui fascine, la banalisation du viol et de la violence faite aux filles, témoignent de la profondeur du mal.
Je me souviens de ce jeune dans une cité qui disait :
« On parle toujours des difficultés des jeunes pour l’école, pour le sport mais c’est surtout pour l’amour qu’on est en difficulté ».
Cela m'a fait réfléchir.
Réapprendre à aimer, c’est le plus grand défi auquel se trouve confrontée la civilisation moderne. C’est le plus beau projet que la politique puisse offrir à la jeunesse.
Car il n’y a pas de fatalité. Depuis des décennies nous n’apprenons pas à aimer nous apprenons à détester. La mode est à la détestation de soi, à la détestation de la famille, de la nation, de la société, de la culture, de la civilisation, à la détestation de l’Occident, de la religion, de la morale, de l’intelligence, à la détestation du devoir, du travail, de l’excellence, de la réussite … Je déteste cette détestation systématique!

On a cherché à nous faire tout détester à commencer par nous-mêmes. Nous ne sommes pas obligés de continuer ce chemin morbide. Nous devons changer. Cela ne dépend que de nous, de notre volonté, de l’idée que nous nous faisons de l’homme et de la politique.
En finir avec la détestation de soi par où commence toujours la haine de l’autre, voilà par quoi doit commencer une politique de l’Homme et de la civilisation pour le XXIème siècle.

Donner à chaque homme le sentiment de sa propre dignité, tel devrait être le but de toute politique. Voici pourquoi je veux parler à tous les Français et tous les rassembler parce que tous, à mes yeux, ont un rôle à jouer, une utilité sociale, une valeur qui leur est propre. Dans mon esprit, il ne peut y avoir de demi-mesure : respecter l'homme c'est respecter chaque homme sans exception.
Permettre qu’en toute circonstance chacun garde l’estime de lui-même, voilà ma conception de la politique.
Quand on prive une partie de la jeunesse de l’accès aux grandes œuvres de l’esprit en prétendant qu’elle n’est pas capable de faire l’effort nécessaire pour les comprendre, que c’est trop compliqué pour elle et que cela ne lui sert à rien, quand on refuse d’enseigner Antigone au fils d’ouvrier ou à l’enfant d’immigré, on ne fait pas la politique qui permet à chacun de conquérir l’estime de lui-même, on fait la politique du nivellement, de l'égalitarisme, de l'assistanat.
Quand il n’y aura plus qu’une toute petite partie de la jeunesse qui comprendra ce que signifie la phrase d’Antigone : « Je ne suis pas venue pour partager la haine mais pour partager l’amour », nous n’aurons pas préparé une société de l’amour mais une société de la haine.
Quand seule une petite partie de la jeunesse aura été rendue curieuse de ce qui est beau et de ce qui est grand.
Quand seule une petite partie de la jeunesse aura pu accéder à la connaissance parce que l’autre n’aura pas été jugée digne de la recevoir.

Quand tous les jeunes de France auront cessé d’avoir ce minimum de culture commune qui permet de se parler et de se comprendre.
Quand chaque jeune Français sera enfermé dans le monde clos de son langage et de sa pensée, incapable de communiquer avec les autres, d’échanger, de partager des projets et des rêves, alors le grand rêve d’une République universelle et fraternelle qui est le grand rêve de la France laissera la place au communautarisme et aux tribus. C’est-à-dire à une société où chacun n’aime que celui qui lui ressemble, celui qui a la même couleur de peau, la même origine, la même religion. Je veux lutter contre cette dérive. Je le dis clairement. Si je suis Président de la République je combattrai le communautarisme parce que c'est la négation de la République. Je le combattrai en défendant la promotion d'une culture commune : celle de la France avec son identité, ses valeurs, ses convictions

Depuis des décennies nous laissons dénigrer la nation et la République. Nous nous excusons même d'incarner une identité nationale, républicaine, française.
Depuis des décennies nous avons pris l’habitude d’avoir honte de notre histoire et de nos valeurs.
Comment s’étonner dès lors que ce qui nous sépare finisse par devenir plus grand que ce qui nous unit ?
Que ceux qui nous rejoignent n'arrivent pas à s'intégrer à un pays dont on n'aurait même pas pris la peine de leur parler.
Comment s’étonner qu’à avoir trop longtemps cédé sur la laïcité on ait fait le lit des fanatismes et de l’intolérance ? C'est à l'honneur de Jacques Chirac que de l'avoir rappelé avec force.
Comment s’étonner qu’en dénigrant l’amour de la patrie on réveille le nationalisme qui est la haine des autres ?
Comment s’étonner que la mode exécrable de la repentance, en voulant faire expier aux Français les fautes supposées des générations passées, ressuscite des haines ancestrales que l’on croyait à tout jamais appartenir à l’histoire et rouvre des blessures que le temps avait à peine commencé à fermer ?
Comment s’étonner qu’en manifestant à tout propos la haine de la France on rende l’intégration de plus en plus difficile ? On n’a jamais envie de partager ce que l’on a appris à détester.
La France est une part de nous même, c’est un grand projet de civilisation, une grande idée de liberté, d’égalité et de fraternité.
La France est notre pays et nous n’en avons pas d’autre. La France c’est nous. C’est notre héritage. Notre bien commun.
La haïr ce serait nous haïr nous-mêmes.
Mais nul ne peut refaire la France sans les Français.
La France s’inscrit dans une longue histoire qui est celle de tous les Français, qui est celle de chacun d’entre nous, quelles que soient nos origines et les autres histoires que nos parents ou nos grands parents ont amenées avec eux.
La France, tous ceux qui se sont battus pour elle, de génération en génération, ne savaient d’elle au fond qu’une chose, c’est qu’ils ne voulaient pas la perdre, parce qu’ils sentaient que c’était ce qu’ils avaient de plus précieux à transmettre à leurs enfants, parce qu’ils comprenaient qu’en se battant pour elle ils se battaient pour eux, parce qu’ils avaient au fond de leur cœur le sentiment que ce lien mystérieux les rattachait à une destinée commune exceptionnelle à la grandeur de laquelle chacun avait sa part.
Au-delà de la droite et de la gauche, au-delà des partis, au-delà des croyances, il y a quelque chose de plus grand qui s’appelle la France.

Je veux rendre à chaque jeune Français la fierté d’être Français. Cette fierté, je veux que nous l’offrions en partage à tous ceux qui veulent devenir Français, au lieu de les accueillir dans une France qui croierait si peu dans ses valeurs qu’elle ne se donnerait même plus la peine de les défendre.
A la jeunesse française qui ne mesure pas toujours combien elle aurait à souffrir du déclin de la France je veux rappeler que la France est plus forte quand elle est unie, que la désunion des Français a toujours causé l’affaiblissement de la France, que lorsque la France est faible c’est chacun d’entre nous qui se trouve affaibli.
Aimer la France c’est rassembler les Français. Pour rassembler il faut aimer. Il faut ouvrir les bras. Il faut donner. On peut le faire si dans le même temps on ne renonce pas à ce que l'on est.

Dans les valeurs de la République, la fraternité n’est pas une valeur moins importante que les autres. C’est la plus importante de toutes.
La fraternité, c’est elle qui fait que la République est une réalité et pas seulement un rêve de philosophe.
La fraternité, c’est elle qui unit les volontés humaines.
La fraternité, c’est la volonté de vivre ensemble, de partager un destin commun, une loi commune.
Je veux remettre la fraternité au cœur de la politique. Ce n'est pas démodé. Ce n'est pas l'affaire de la société civile. Ce n'est pas seulement la préoccupation du monde associatif. Ce doit être le combat d'un Président de la République : la Fraternité ! Car sans elle on ne peut pas rassembler.
Je veux remettre la fraternité au cœur du projet républicain.
J'ai encore de grands rêves. C'est pour cela que j'ai choisi de faire de la politique.
Je continue à rêver d’un monde meilleur et je continue de croire que ce monde est possible.
On dit parfois « il ne faut pas rêver » façon de dire : « ce n’est pas sérieux ».
Je crois à l'inverse que la politique qui n’est pas sérieuse c’est celle qui n’est plus portée par des rêves. Celle qui se contente de gérer, celle qui est persuadée que rien ne peut être changé, que le monde est tel qu’il doit être, qu’il ne peut pas être autrement, que l’on n’y peut rien, que l’on a déjà tout essayé, que tout a été tenté, que tout a été dit. Je ne crois pas à cette politique qui ne peut rien parce qu’elle ne veut rien et parce qu’elle n’imagine rien.
Souvenez-vous de Martin Luther King, ce pasteur noir qui a dit un jour à l’Amérique devant le mémorial de Lincoln à Washington :
« Je rêve qu’un jour notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : que tous les hommes sont créés égaux ».
Je rêve qu’un jour sur les rouges collines de Géorgie les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. »
Ce discours bouleversa le monde et le grand rêve de fraternité et de justice dont il parlait changea l’Amérique. Si le rêve a pu changer l'Amérique, pourquoi ne permettrait-il pas aujourd'hui de changer la France ? Nous y arriverons si la jeunesse française se l'approprie comme hier la jeunesse américaine a fait sienne celui de Martin Luther King.

Je rêve que le peuple français tout entier se lève pour que la fraternité ne soit plus seulement un mot gravé sur le fronton des mairies mais devienne une réalité entre les hommes et les femmes de notre pays.
Je rêve qu’un jour tous les enfants dont les familles sont françaises depuis des générations, tous les enfants de rapatriés et de harkis, tous les enfants d’immigrés, tous les petits-enfants d’Italiens, de Polonais et de Républicains espagnols, tous les enfants catholiques, protestants, juifs ou musulmans puissent s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve que vous viviez dans une France où personne ne soit jugé sur la couleur de sa peau ou sur sa religion ou sur l'adresse de son quartier, mais sur la nature de son caractère.
Je rêve que tous les enfants de tous les quartiers, de toutes les couleurs, de toutes les religions qui habitent ce pays qui est le leur puissent partager la même fierté d’être Français, les mêmes rêves et les mêmes ambitions, qu’ils aient le sentiment de vivre dans le même pays avec les mêmes chances et les mêmes droits.
Je rêve d’une France où chacun trouve sa place, où les professeurs n’aient plus peur de leurs élèves, où les adultes n’aient plus peur des jeunes, où les jeunes n’aient plus peur de devenir adultes, où les parents n’aient plus peur que leurs enfants vivent moins bien qu’eux, où l’ouvrier ne vive plus dans la hantise des délocalisations, où la différence ne soit plus vécue comme un danger mais comme une richesse, où l’avenir ne soit plus une menace mais une promesse.

J’aime cette France de toutes les couleurs et de toutes les religions où s’entremêlent tant d’histoires, de souvenirs et de cultures. J’aime cette France de la diversité, des différences et des mélanges.
Et parce que je l’aime, parce que je la respecte, je ne veux pas la laisser caricaturer par une minorité qui ne lui ressemble pas, qui ne cherche qu’à attiser la violence et la haine.


La France de toutes les couleurs et de toutes les religions c’est la France qui rêve d’emploi, d’école, d’intégration, de promotion sociale. Ce n’est pas la minorité qui brûle les voitures, qui agresse les gens et qui tend des embuscades aux forces de l'ordre qu’elle veut éloigner pour pouvoir mieux se livrer à ses trafics.
La France de la diversité qui veut étudier, travailler, s’intégrer ne réclamer rien d’autre que l’égalité des chances.Cette France je veux lui dire que la fraternité c’est d’abord pour elle que je veux la remettre au cœur de la République. Cette France-là qui est la vraie France, la France de toujours, celle de l’effort, du mérite et de la tolérance, elle ne supporte plus les voyous qui lui empoisonnent la vie, elle veut vivre dans la paix, la tranquillité, la dignité.
Je veux lui dire que la fraternité ce n’est pas seulement des allocations, ce n’est pas seulement la réhabilitation des immeubles, l’aide aux territoires. La fraternité c’est d’être avec les personnes. C’est d’être avec les victimes. Mais c’est d’être aussi avec les condamnés quand les conditions de détention sont indignes. C’est d’être aux côtés de tous ceux qui ont besoin d’être accompagnés dans leurs parcours de formation, de logement, d’emploi, d’insertion, d’intégration. C’est d’être avec les jeunes parents pour les aider à élever leurs enfants. Avec le jeune qui a besoin d’une deuxième chance. Avec l’immigré qui veut devenir Français.
Mais la fraternité ce n’est pas le refus de lutter contre l’immigration clandestine qui met tant de malheureux à la merci des exploiteurs, qui condamne tant de pauvres gens à vivre dans des conditions sordides parce qu’il est impossible de pouvoir accueillir dignement toute la misère du monde.
A tous ceux qui vivent dans l’angoisse de l’exclusion, du déclassement, qui vivent avec au ventre la peur de ne plus pouvoir loger leurs enfants, de ne plus pouvoir les nourrir, les habiller, je veux leur dire que la France est leur pays, qu’elle a besoin d’eux et qu’elle ne les abandonnera pas.
La fraternité pour moi c’est que les accidentés de la vie soient secourus. C’est que les malades puissent avoir une vie sociale normale, qu’ils puissent se loger, travailler, emprunter aux mêmes conditions que les autres avec s’il le faut une caution publique. C’est que le plein emploi soit atteint pour que tout le monde puisse travailler, puisse nourrir sa famille, élever ses enfants. C’est que celui qui travaille dur puisse se loger décemment.
Je ne veux pas d’une société où les travailleurs sont si pauvres qu’ils ne peuvent pas se loger.
Je ne veux pas d’une société qui laisse des hommes et des femmes mourir de froid sur le trottoir. C’est pour cela que j’ai proposé le droit opposable à l’hébergement.
Je ne veux pas d’une société où la pauvreté est tolérée comme une fatalité, où le chômage est supporté comme un mal nécessaire.
Le plein emploi est possible. Je m'engage sur cet objectif. Beaucoup d’autres pays y sont parvenus. Il n'y a aucune raison que la France n'y parvienne pas.
Je veux lutter contre la pauvreté et contre le chômage par la revalorisation du travail, par l’augmentation du pouvoir d’achat, par l’incitation à travailler plus pour gagner plus, parce que c’est le travail qui crée le travail.
La fraternité, c’est le partage des richesses, pas le partage du travail. Les 35 heures, c’est moins de pouvoir d’achat, moins de croissance, moins d’emplois.
La fraternité, c’est l’égalité des chances, c’est tout faire pour que chacun puisse développer ses talents, puisse essayer de réaliser ses ambitions, de réaliser ses rêves. Si je suis élu je mettrai en œuvre une politique de discrimination positive à la française, fondée non pas sur des critères ethniques qui nourriraient le communautarisme, mais sur des critères économiques et sociaux, parce que l’égalité républicaine ce n’est pas traiter également des situations inégales mais de donner plus à ceux qui ont moins, de compenser les handicaps.
Si je suis élu je mettrai en œuvre un grand plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de nos quartiers, pour qu’aucun ne soit laissé de côté, pour que chacun puisse tenter sa chance, pour que chacun ait un emploi.
La fraternité, c’est permettre à chaque jeune de conquérir l’autonomie financière qui lui permette de financer ses études, sa formation, de ne plus vivre chez ses parents, de vivre sa vie, de vivre avec qui il veut, d’aimer qui il veut, comme il veut.
La fraternité, c’est la solidarité avec les pays pauvres et l’engagement dans les grandes causes humanitaires, dans la lutte contre la faim, la misère, la maladie, dans le codéveloppement qu’il va bien falloir réussir si l’on ne veut pas que l’exode massif du Sud vers le Nord ne tourne au désastre.
La fraternité, c’est la fraternité à l’égard des personnes âgées, c’est la lutte contre la solitude, c’est l’effort fait pour accompagner la vieillesse, pour accueillir la dépendance.
La fraternité, c’est la solidarité entre les générations, entre les territoires, entre les peuples.

La fraternité c’est la solidarité avec ceux qui souffrent, ceux qui sont humiliés, ceux qui sont persécutés partout dans le monde.
Je veux être le Président d’une France qui se sente solidaire de tous les proscrits, de tous les enfants qui souffrent, de toutes les femmes martyrisées, de tous ceux qui sont menacés de mort par les dictatures et par les fanatismes. Le Darfour est un scandale inacceptable, la Tchétchénie une horreur, les infirmières bulgares en Lybie, une barbarie, Ingrid Bettancourt dans la jungle colombienne une tragédie. Président de la République, je ne me taierai pas devant ces insultes aux droits de l'homme.

A tous les jeunes je veux dire : ne vous laissez pas décourager, ne renoncez pas, ne vous avouez pas vaincus.
Rêvez d’un monde meilleur, ayez soif d’absolu, portez en vous le ferment des révolutions à venir.
Votre jeunesse est semblable à toutes celles qui l'ont précédée.
Comme elles ont pleuré leurs premières amours, vous pleurerez les vôtres.
Comme elles ont souffert de se sentir cet être inachevé qui n’est plus un enfant et pas encore un homme, vous souffrez aussi.
Comme elles ont espéré et redouté leur liberté future, vous l’espérez et vous la redoutez aussi.
Et pourtant, ce qu’ont fait les jeunesses qui vous ont précédé vous pouvez le faire aussi.
Ce qu’ont accompli les hommes de la Renaissance à partir du jour où ils se sont mis à croire que tout était possible, vous pouvez l’accomplir aussi.
Comme la jeunesse de la révolution a balayé le vieux monde, comme la jeunesse de la Résistance a mis un terme à la guerre civile européenne. Comme la jeunesse tchèque a pris sa revanche sur le printemps de Prague. Vous pouvez changer le monde si vous ne laissez personne vous voler vos rêves.
Tout est possible si vous le voulez.
Mais je veux vous dire aussi que la jeunesse est un passage et pas une fin en soi.
Que le jeunisme qui a mis la jeunesse au-dessus de tout ne lui a pas rendu service.
On ne rend pas service à la jeunesse quand on lui laisse croire qu’elle a tous les droits, que tout lui est dû, qu’elle n’a pas besoin de faire d’effort.
Je veux dire à la jeunesse que la liberté est un bien précieux mais qu’il y a des règles à respecter sans lesquelles, précisément, il ne peut plus y avoir de liberté.
Je veux lui dire que si la jeunesse s’affirme en transgressant, il n’y a rien à transgresser s’il n’y a pas de règle.
Je veux lui dire qu’on ne lui a pas rendu service en lui laissant croire que tout était permis, que l’âge excusait tout.
Je veux lui dire qu’on ne lui a pas rendu service en lui laissant croire qu’elle pouvait tout avoir sans effort, sans travail et sans courage, qu’elle n’avait même pas besoin de vouloir puisque la société serait toujours là pour vouloir à sa place.
Ce n'est pas vrai ! Ce que vous ne voulez pas vous-même vous ne l'aurez pas !
La vérité c’est qu’avec la jeunesse on n’a été ni assez généreux, ni assez ferme.
On lui a trop peu donné pour qu’elle n’éprouve pas un sentiment d’injustice, et trop peu demandé pour se convaincre que si la société a des devoirs envers elle, elle en a aussi envers la société.
On a eu tort : la jeunesse donne sans compter lorsque l’on sait le lui demander.
Si je suis élu, je mettrai en place le service civique de 6 mois. Parce qu’il faut une fois au moins que l’on demande quelque chose à la jeunesse en contrepartie de ce qu’elle reçoit. Elle y trouvera la possibilité de servir de grandes causes, d’élargir son horizon, de rencontrer d’autres gens que ceux qu’elle a l’habitude de voir. Et la société sera obligée de lui faire une place.
La fraternité, ce n’est pas à sens unique. C’est un échange, c’est une réciprocité.
Elle impose des droits et des devoirs.
Mais on n’a de véritables devoirs que vis-à-vis de ce que l’on aime. On a le sentiment d’avoir des devoirs vis-à-vis de sa famille parce que l’on aime sa famille.
On a le sentiment d’avoir des devoirs vis-à-vis de sa patrie parce que l’on aime sa patrie.
On le sentiment d’avoir des devoirs vis-à-vis de ses amis parce que l’on aime ses amis.
C’est l’amour qui crée le devoir.
Si une partie de la jeunesse d’aujourd’hui a perdu le sens du devoir, c’est qu’elle n’aime pas assez. C’est parce qu’on ne lui a pas appris à aimer mais à détester. Mais c’est peut-être aussi parce qu’on ne lui a pas assez témoigné d’amour. C’est peut-être parce que ne se sentant pas assez aimée, elle se révèle elle-même en difficulté pour aimer.
Aimer son enfant c’est lui apprendre la vie, c’est lui montrer les limites, c’est lui faire comprendre l’interdit. Le père qui aime son fils ne lui laisse pas faire ce qu’il veut mais s’efforce de lui apprendre à devenir un homme. Le professeur qui aime ses élèves ne cherche pas à leur faire plaisir mais à leur transmettre tout le savoir qu’il peut.
La jeunesse au fond d’elle-même demande-t-elle autre chose ?
Si elle ne se sent pas assez aimée c’est parce qu’on l’a trop flattée et qu’elle sait bien au fond d’elle-même que cette flatterie est le contraire de l’amour.
Je veux être un Président qui, parce qu'il aime la jeunesse, lui dira la vérité. Parce qu’on doit toujours la vérité à ceux que l’on aime.
La vérité c’est que vous avez des devoirs vis-à-vis de vous-mêmes et d’abord le devoir d’apprendre, qui sera un devoir tout au long de votre vie.
La vérité c’est que vous avez des devoirs vis-à-vis de votre pays et d’abord le devoir de l’aimer.
La vérité c’est que vous avez des devoirs vis-à-vis de tous ceux qui sont dans le malheur parce que nul n’est à l’abri du malheur.
La vérité c’est que vous avez des devoirs vis-à-vis de vos parents qui vous ont tout donné et qui dans la vieillesse auront besoin de vous.
La vérité c’est que vous aurez des devoirs vis-à-vis de vos enfants, le devoir de les éduquer, de leur transmettre des valeurs, de leur apprendre à aimer, le devoir aussi de leur laisser un monde vivable.
Vous aurez à bâtir la France de demain.
Je vous propose de commencer maintenant.

Je veux être le Président qui avec vous accomplira une triple révolutions : la révolution numérique, la révolution écologique et la révolution de l’éducation.


Je veux être le Président qui avec vous réconciliera la France avec elle-même et avec le monde parce qu’au XXIe siècle les nations continueront de mener le monde et parce que la France ce n’est pas fini.
Je veux être le Président qui avec vous refera de l’Europe un idéal de paix et de prospérité pour tous les hommes parce que sans l’Europe l’idée que nous nous faisons de l’Homme serait condamnée à disparaître.
Je veux être le Président qui avec vous fera l’union de la Méditerranée parce que c’est en Méditerranée que se joue l’avenir de l’Europe et de la civilisation mondiale.

Mais c’est d’abord la politique qu’il faut changer.
Je veux redonner à la politique plus de sincérité, plus d’humanité, plus de morale, plus de courage.
La sincérité, je la mettrai au service de la vérité.
L’humanité, c’est aider à s’en sortir ceux qui malgré tous leurs efforts n’arrivent pas à s’en sortir tout seuls.
La morale c’est tenir sa parole. C’est être impartial. C’est ne pas exiger des autres des sacrifices que l’on serait incapable de s’imposer à soi-même.
Le courage c’est prendre ses responsabilités, ne pas dire sans arrêt « je n’y peux rien ». Le courage ce n’est pas laisser faire, c’est agir.


Je voudrais vous lire ce qu’écrivait le poète allemand Rilke au début du XXe siècle dans un petit livre intitulé « Lettres à un jeune poète »:
« Si nous construisons notre vie sur ce principe qu’il nous faut aller toujours au plus difficile, alors tout ce qui nous paraît encore aujourd’hui étranger nous deviendra familier et fidèle. Comment oublier ces mythes que l’on trouve au début de l’histoire de tous les peuples; les mythes de ces dragons qui, à la minute suprême, se changent en princesses. Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours, qui attendent que nous les secourions. »
Comment peut-on mieux exprimer ce formidable besoin d'amour qui doit faire marcher le monde ?
Il ne me reste que deux choses à vous dire, deux choses auxquelles il vous faut croire parce qu'elles sont votre bien le plus précieux :
Vive la République !
Vive la France !

Par Nicolas Sarkozy - Publié dans : Journal de campagne
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