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Microcosme

Vendredi 27 octobre 2006

Chevènement est-il de retour? Il était hier soir à la télé. C'est toujours un régal quand il commente l'actualité, alors voici quelques extraits du "Che" dans le texte.

1. Sur sa candidature : "Tout homme politique qui se respecte ne se laisse pas marcher sur les pieds, donc évidemment, probablement, très probablement je serai candidat".

2. Sur ses différends avec Gogolène, il rappelle les points de désaccords avec le Parti socialiste : "l'Europe, les conditions de la croissance, les services publics, la politique industrielle".

3. A propos des trains canadiens en Ile-de-France : il est "inadmissible" que la SNCF ait pu octroyer au groupe canadien Bombardier le marché de renouvellement des trains de banlieue d'Ile-de-France, alors que le Canada a réservé certains de ses propres marchés à Bombardier. Il ajoute qu'il y a "un manque de patriotisme économique réel de ceux qui nous dirigent" et "il faut que les intérêts de la France soient mieux défendus".

4. Sur les banlieues, Jean-Pierre Chevènement a indiqué qu'il craignait "surtout une nouvelle excessive médiatisation". "Une médiatisation excessive à un moment donné peut créer un effet d'appel [...]. Les médias devraient traiter avec plus de mesure et de responsabilité ce genre de sujet".

Par Peronito
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Mardi 21 novembre 2006

Suite à l’envoi de commentaires très courageux du type « copié-collé » du petit livre bleu, façon vulgate de l’UMP, tout entier dévoués à la gloire de son Président, je me permets de réagir, surtout quand je vois quelques tentatives de récupération inepte de l’ « héritage » gaulliste.

Comment peut-on associer au gaullisme le Président de l'UMP, qui se permet de critiquer à l'étranger l'action diplomatique menée par le Président de la République et donc par la France (ou à minima par le gouvernement auquel il appartient), évoquant une certaine "arrogance". Il semble ainsi se rallier à ceux, décidément de moins en moins nombreux, qui considèrent que cette guerre en Irak était une bonne chose. Qu'aurait-il déclaré s'il avait été ministre du gouvernement de Georges Pompidou lorsque le Général a invoqué le "Québec libre" ! Il se serait sans aucun doute rangé derrière les criailleurs et les pleutres giscardiens et aurait pu parler d' "exercice solitaire du pouvoir".

Comment peut-on encore qualifier un tel homme de "gaulliste" qui, lorsqu'il était secrétaire général du RPR a bataillé becs et ongles pour qu'on retire la croix de Lorraine du sigle officiel du RPR ? Il doit être content avec le bel arbre d’aujourd’hui (pourquoi pas des petites fleurs ou des bisounours ?). Il fut un temps où il ne tarissait pas d’éloge sur son excellent ami José Maria Aznar dont le parti populaire espagnol était censé inspirer l’UMP C’est vrai que lorsque l’on n’a pas de référence historique dans son propre pays, on peut toujours se tourner vers une grande formation politique internationale qui n’a pas hésité à mener l’action que l’on sait aux côtés des Etats-Unis ; souvenons-nous de la glorieuse conférence des Açores avec d’ailleurs l’excellent M. Barroso alors Premier Ministre portugais. Elle donne pas envie de s’engager à ses côtés la belle droite européenne décomplexée ?

Comment un homme qui fait de l'adoubement partisan par l’UMP (qui d’ailleurs apparaît de plus en plus comme un club de supporters comme le prouve les huées proférées à l’encontre de l’actuel Ministre de la défense au congrès du 16 novembre dernier) son unique légitimité, bafouant au passage la souveraineté électorale du peuple en la réduisant à celle des sondages, peut-il incarner le gaullisme?

Comment celui qui rêve d'un communautarisme à l'américaine dans notre pays, qui veut que l'Etat finance des édifices de culte et fait de la religion un argument pour nommer un préfet peut-il se prévaloir d'une quelconque légitimité gaulliste ?

Quand je vois ce qu'est devenu l'UMP, un parti d'aveugles galvanisés d'auto contentement qui renie son passé, siffle le nom de l'actuel Président de la République qui a fondé ce mouvement il y a fort longtemps (4 ans!) au point qu'on puisse penser faire table rase du passé, se dandine sur les standards à la mode de Bob Sinclar, se prononce en faveur d'un renforcement du PACS et pour l'introduction d'une dose de proportionnelle aux élections législatives (pourquoi ne pas dire d'emblée qu'il faut voter UDF ou Arlette Laguiller pour leur permettre de participer au « grand débat démocratique » ou tout simplement se tirer une balle dans le pied!), j'ai tout simplement envie de pleurer.

Le gaullisme, ai-je envie de dire, c’est l’amour de la France, le respect de la loi et des institutions, l’attachement à notre indépendance nationale mais c’est aussi et surtout une certaine mystique du peuple, qui reste le souverain du régime gaulliste. C’est tout simplement une relation particulière avec les Français, leurs valeurs, leurs traditions : c’est une certaine inscription dans l’histoire de France qui ne renie rien et qui au lieu de rompre, recherche sans cesse la continuité de l’aventure française avec le sentiment de la spécificité de notre pays dans le monde. On est loi du programme à la petite semaine de l’actuelle UMP qui se gargarise de la réforme économique avec les 35 heures ou l’ISF (qui ne sont d’ailleurs pas supprimés mais bien toilettés : où en est la rupture ?) mais ne propose aucune vision pour notre pays et se rallie au fédéralisme européen et à la baisse du prestige militaire (et des crédits) de notre défense.

Contre « la France d’après » façon UMP, je choisis la France de toujours façon Charles de Gaulle.

Par Cicéron
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Dimanche 8 avril 2007

Azouz Begag quitte le Gouvernement, sur un brûlot antisarkoziste et pour soutenir l’aberrant Bayrou. Dire que l’on est surpris serait exagéré. Qu’on le regrettera un mensonge.

Il aura incarné jusqu’à la caricature les obsessions politiquement correctes qui détruisent le pays. L’« identité nationale » ? A oublier, au profit de « l’entrée dans le monde de la mobilité et de la mixité » et d’un culte solide de la Repentance, qui permettra à chacun de se sentir reconnu (à défaut de se sentir Français…). L’immigration ? Selon la célèbre définition, une « chance pour la France », en aucun cas la source de quelque problème que ce soit, si minime soit-il. L’insécurité, la dégradation de la situation dans les « territoires perdus de la République » ? La faute des Français de souche, viscéralement racistes et discriminant à tout-va. Une responsabilité, quand même, de certains « jeunes » ? Non, tout au plus des réactions, compréhensibles à défaut d’être entièrement légitimes.

Ses solutions étaient aussi originales que ses diagnostics, et tenaient en deux mots : répression et arrosage. A défaut d’avoir l’argent nécessaire à la seconde partie, il aura au moins contribué à renforcer la lutte « contre toutes les discriminations », et pourra ainsi s’enorgueillir d’un bilan solide, uniquement fondé sur la multiplication des testings…

Entre le programme de l’un et le bilan de l’autre, on comprend finalement ce qui aura rapproché Bayrou et Begag. L’absence. A moins que ce ne soit le vide…

L’Elysée indique dans son communiqué qu’il ne sera pas remplacé car « l'ensemble de ses missions pour les semaines qui viennent sont reprises par Matignon ». Cela ne devrait guère surcharger l’emploi du temps du Premier ministre.

Par Minimissimus
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Jeudi 12 avril 2007

Raymond Barre choisit bien son moment pour faire parler de lui. Hospitalisé au Val de Grâce dans un état sérieux, l'ancien Premier Ministre fête dans de tristes circonstances ses 83 ans aujourd'hui.

Bien involontairement, Barre se rappelle ainsi au souvenir de Bayrou et vient hanter ce mauvais fils spirituel : son ombre monumentale vient idéalement planer sur la campagne  et relègue l'épiphénomène à l'arrière plan, zone qu'il n'aurait jamais dû quitter! Les 16,5% du meilleur économiste de France en 1988 semblent être alors un horizon indépassable pour François Bayrou dont l'ambition paraît subitement bien vaine. Alors que dans son sommeil agité il doit rêver de tuer ce père qui ressurgit, éveillé il rend hommage à Barre - tout en signalant sa différence.

Hélas les gesticulations n'y feront rien, pas plus que l'âge et l'Etat de santé de Barre-Oedipe : c'est bien la statue du Commandeur Raymond Barre qui est immortelle, tandis que le donjuanisme politique de Bayrou ne durera que le temps d'une campagne. Et bientôt, très bientôt, des vents nouveaux le balaieront.

Par Peronito
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Vendredi 26 juin 2009

Guillaume Peltier, naguère bras droit "jeune" et directeur de campagne de Villiers, finit sa trajectoire de météorite à l'UMP d'Indre-et-Loire.

Après de bons et médiatiques services au MPF, on apprend en effet aujourd'hui que son passage à l'UMP est sur le point d'être officialisé, avec à la clef une candidature possible aux cantonales. Tu es poussière et tu retourneras à la poussière... 

Par Secrétaire Général
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Vendredi 11 septembre 2009

La grande idée de communication du Modem consistait à apparaître comme des gens neufs. Après le "ni droite ni gauche" cher au Front National d'antan et qui connut son heure de gloire, c'est désormais François Bayrou "et sa clique" (comme dirait l'agence Chine Nouvelle) qui s'accapare de la même idée. Le PS et l'UMP serait les deux mamelles flasques et usées de la même conception périmée de faire de la politique. Pour le MoDem, le paysage est simple : un décor de vieux partis, vieux lideurs, vieilles méthodes. Et au milieu se dresse François Bayrou, l'homo novus. La posture théâtrale de l'ancien ministre de l'Education de Balladur et de Juppé fait rire, mais elle touche sans doute quelques idéalistes déçus. A défaut de preuve, accordons seulement à Bayrou la sincérité : il a fait son chemin de Damas et croit intimement qu'il est la Bernadette Soubirous de la politique, même si ça nous fait rire.

Les séides de Bayrou, qu'ils croient ou non au discours messianique du chef, le singent quand même volontiers, tant celui-ci fait vendre et attire de nouvelles têtes en politique.

Dans le genre, la palme de la plus mauvaise parodie revient sans conteste à l'inénarrable Quitterie Delmas et à sa bande de copines. Quitterie Delmas est une trentenaire parisienne, jeune maman qui travaille, jolie et moderne. Son credo, c'est la politique autrement, faite par une femme neuve. Son moyen, c'est un blog, popularisé par la presse nationale et des disciples à l'enthousiasme effrayant (jetez un oeil au blog et lisez la prose sucrée de Hervé Torchet, vous comprendrez). Le blog de Quitterie atteint les sommets du parisianisme. Il dégouline de consensus mou très politiquement correct, et les articles publiés sont autant d'indignations soigneusement étudiées et très dans l'air du temps. Un fan-club bruyant assure la bonne garde des commentaires : gare à la leçon de morale lourdingue dès lors que vous témoignerez trop tièdement de votre admiration pour Mrs Q., ou - pire! - que vous oserez mettre en doute ses oracles.

Car il s'agit d'oracles. Les phrases nominales, exclamatives si possibles, marquent une envie de révolte toujours à son comble. Le thérapeute y verrait même volontiers de l'hystérie. On évite en revanche la succession sujet - verbe - complément, structure qui obligerait l'auteur à exposer une pensée cohérente. Sur le blog de Quitterie, c'est le pathos qui règne en maître.

La fraîcheur de Quitterie Delmas sonne faux, archi-faux. Et en effet, derrière l'argument marketing de la femme neuve et moderne se cache l'indicible : Quitterie Delmas, cette jeune et fraîche inconnue, est en réalité l'archétype de la politicienne "ancienne mode": un pur produit du microcosme. Quitterie Delmas, assistante parlementaire de profession et en mal de notoriété, hante depuis des années les couloirs de l'assemblée nationale en se rêvant un destin. Pis, la passionaria des brasseries de la rive gauche porte pour nom de jeune fille Quitterie de Villepin. Elle est la nièce de Dominique de Villepin, celui de l'affaire Clearstream.

Issue d'une famille aristocratique avec tonton politicien, Quitterie passe donc une jeunesse dorée classique. Scolarité dans le privé, du lycée des Yvelines à l'école de commerce en Anjou, puis grouillottage dans le milieu parlementaire. Elle réunit encore son cyber-staff au Bourbon, brasserie chic avec vue sur l'Assemblée : the place to be pour tous les Rastignac de la politique. C'est que, loin des caméras, Quitterie aime à se sentir partie du sérail. Cette vanité à elle seule trahit son image de "nouvelle venue de la politique autrement". Un paradoxe qui confine au foutage de gueule de l'électeur MoDem. Ce parti, quel que soit le verni arc-en-ciel dont il se pare au gré des scrutins, reste indécrottablement ce qu'il est : la version bo-bo de l'UDF des notables, l'hypocrisie en plus et les convictions en moins. Foi de républicain, il fallait faire tomber ce masque hypocrite!

Pour la petite histoire, Quitterie a quitté le MoDem. Elle se répand sur son blog, lyrique et pleurnicharde. On se perd en conjectures sur les raisons de la rupture : ambitions frustrées, besoin d'attention, drame passionnel ou chantage affectif... Toujours est-il que c'est une rupture moderne : on reste amis. Alors Quitterie boude. Sans pouvoir s'empêcher de se raccrocher encore un peu à cette image européenne, jeune, moderne, qui a fait son ascension. Ne dit-on pas que la vanité est le péché féminin?

Adieu, Dame Quitterie!

Par Peronito
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Dimanche 18 octobre 2009

Tout a été dit sur l'ascension fulgurante de l'icône en vogue de la méritocratie républicaine, Jean Sarkozy. Vingt-trois ans, une année de fac de validée (et une de ratée), et le tour est joué, l'EPAD c'est lui.

Jean Sarkozy nous insupporte. Il a une tête de petit con neuilléen fringué en Ralph Lauren. Polo rose et cheveux longs, champagne et scooter, école privée et femme friquée. Ce gosse mériterait des claques à plusieurs titres, tant le péché des origines n'est pas le seul motif de hargne que les Français lui vouent. Car si Jean Sarkozy avait travaillé, réussi des concours, fait des études, on se réjouirait peut-être de sa chance à la naissance : il aurait aurait fait fructifié les nombreux talents reçus et aurait mérité son succès, conformément à la parabole. Hélas, bien au contraire, l'ensemble des gens sérieux et travailleurs (et en particulier des étudiants qui étudient) est horripilé par cette affaire et on les comprend. Les interventions télévisées de Jean Sarkozy aggravent son cas : on voit cette tête de prépubère s'exprimer comme un vieux briscard de la politique rompu aux coups tordus, et on est terrifié : la gestuelle comme la langue de bois ne parviennent pas à camoufler le néant total du discours.

L'ombre de la vilaine marraine Isabelle Balkany plane sur cette affaire d'EPAD : le petit Jean est l'instrument d'un règlement de compte qui n'en finit pas, et Devedjian passe encore une fois pour l'idiot de service (certes, à 65 ans sa retraite est légitime).

A la lecture des réactions, la servilité totale des élus de droite fout le bourdon aux hommes honnêtes : aucun n'ose émettre la moindre critique, y compris les plus sérieux. A ce titre, l'interview de Copé au journal Le Monde est à désespérer de la politique : ce genre de mauvaise foi fait le lit de l'antiparlementarisme. Le pompon revient quand même à Thierry Solère, élu mineur des Hauts-de-Seine (adjoint au maire de Boulogne-Billancourt et conseiller général), réussit quand même à parler de talent héréditaire au sujet de Jean Sarkozy, et ce au moyen d'une métaphore surréaliste : le fils de Zidane serait sans doute un grand footballeur : théorie de type raciste qui nous rappelle ainsi les heures les plus sombres de notre histoire (mais, n'étant pas de la race des seigneurs, je fais sans doute preuve de myopie sur la question).

En tout cas, c'est promis, je ne me moquerai plus du Centrafrique de Bokassa.

Par Peronito
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