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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /2009 17:48

La grande idée de communication du Modem consistait à apparaître comme des gens neufs. Après le "ni droite ni gauche" cher au Front National d'antan et qui connut son heure de gloire, c'est désormais François Bayrou "et sa clique" (comme dirait l'agence Chine Nouvelle) qui s'accapare de la même idée. Le PS et l'UMP serait les deux mamelles flasques et usées de la même conception périmée de faire de la politique. Pour le MoDem, le paysage est simple : un décor de vieux partis, vieux lideurs, vieilles méthodes. Et au milieu se dresse François Bayrou, l'homo novus. La posture théâtrale de l'ancien ministre de l'Education de Balladur et de Juppé fait rire, mais elle touche sans doute quelques idéalistes déçus. A défaut de preuve, accordons seulement à Bayrou la sincérité : il a fait son chemin de Damas et croit intimement qu'il est la Bernadette Soubirous de la politique, même si ça nous fait rire.

Les séides de Bayrou, qu'ils croient ou non au discours messianique du chef, le singent quand même volontiers, tant celui-ci fait vendre et attire de nouvelles têtes en politique.

Dans le genre, la palme de la plus mauvaise parodie revient sans conteste à l'inénarrable Quitterie Delmas et à sa bande de copines. Quitterie Delmas est une trentenaire parisienne, jeune maman qui travaille, jolie et moderne. Son credo, c'est la politique autrement, faite par une femme neuve. Son moyen, c'est un blog, popularisé par la presse nationale et des disciples à l'enthousiasme effrayant (jetez un oeil au blog et lisez la prose sucrée de Hervé Torchet, vous comprendrez). Le blog de Quitterie atteint les sommets du parisianisme. Il dégouline de consensus mou très politiquement correct, et les articles publiés sont autant d'indignations soigneusement étudiées et très dans l'air du temps. Un fan-club bruyant assure la bonne garde des commentaires : gare à la leçon de morale lourdingue dès lors que vous témoignerez trop tièdement de votre admiration pour Mrs Q., ou - pire! - que vous oserez mettre en doute ses oracles.

Car il s'agit d'oracles. Les phrases nominales, exclamatives si possibles, marquent une envie de révolte toujours à son comble. Le thérapeute y verrait même volontiers de l'hystérie. On évite en revanche la succession sujet - verbe - complément, structure qui obligerait l'auteur à exposer une pensée cohérente. Sur le blog de Quitterie, c'est le pathos qui règne en maître.

La fraîcheur de Quitterie Delmas sonne faux, archi-faux. Et en effet, derrière l'argument marketing de la femme neuve et moderne se cache l'indicible : Quitterie Delmas, cette jeune et fraîche inconnue, est en réalité l'archétype de la politicienne "ancienne mode": un pur produit du microcosme. Quitterie Delmas, assistante parlementaire de profession et en mal de notoriété, hante depuis des années les couloirs de l'assemblée nationale en se rêvant un destin. Pis, la passionaria des brasseries de la rive gauche porte pour nom de jeune fille Quitterie de Villepin. Elle est la nièce de Dominique de Villepin, celui de l'affaire Clearstream.

Issue d'une famille aristocratique avec tonton politicien, Quitterie passe donc une jeunesse dorée classique. Scolarité dans le privé, du lycée des Yvelines à l'école de commerce en Anjou, puis grouillottage dans le milieu parlementaire. Elle réunit encore son cyber-staff au Bourbon, brasserie chic avec vue sur l'Assemblée : the place to be pour tous les Rastignac de la politique. C'est que, loin des caméras, Quitterie aime à se sentir partie du sérail. Cette vanité à elle seule trahit son image de "nouvelle venue de la politique autrement". Un paradoxe qui confine au foutage de gueule de l'électeur MoDem. Ce parti, quel que soit le verni arc-en-ciel dont il se pare au gré des scrutins, reste indécrottablement ce qu'il est : la version bo-bo de l'UDF des notables, l'hypocrisie en plus et les convictions en moins. Foi de républicain, il fallait faire tomber ce masque hypocrite!

Pour la petite histoire, Quitterie a quitté le MoDem. Elle se répand sur son blog, lyrique et pleurnicharde. On se perd en conjectures sur les raisons de la rupture : ambitions frustrées, besoin d'attention, drame passionnel ou chantage affectif... Toujours est-il que c'est une rupture moderne : on reste amis. Alors Quitterie boude. Sans pouvoir s'empêcher de se raccrocher encore un peu à cette image européenne, jeune, moderne, qui a fait son ascension. Ne dit-on pas que la vanité est le péché féminin?

Adieu, Dame Quitterie!

Par Peronito - Publié dans : Microcosme - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Commentaires

En somme, vous n'aviez rien à dire, personne ne vient commenter votre blog, vous vous êtes dit "Comment faire du buzz ? Je vais m'en prendre à Quitterie, ça va me faire du monde".

Eh bien, sachez que Quitterie n'a été assistante parlementaire que pendant deux ans, qu'elle a antérieurement travaillé dans des ONG, et qu'elle travaille depuis au développement de projets créatifs qui permettent à notre société d'innover pour lutter contre la crise.

Sachez aussi que si Quitterie avait voulu profiter de la notoriété de son lointain oncle, ce n'est évidemment pas à l'UDF d'alors qu'elle se serait engagée.

Si vous la connaissiez mieux, vous n'auriez aucun doute sur ses convictions.
Commentaire n°1 posté par Hervé Torchet le 13/09/2009 à 11h26

Cher Hervé. L'envie de relancer le blog du RDN nous a en effet repris, et vous avez raison, c'est la loi du genre, il faut le faire savoir à la blogosphère. Cependant, il nous faut rétablir la vérité au sujet du thème de l'article : l'article sur Quitterie existait en brouillon dans nos archives depuis quelques mois (une douzaine je dirais!). En fait, nous nous trouvions l'an passé à la même terrasse que Quitterie, quelques copines et vous-même. Ayant reconnu Dame Quitterie, nous avons tendu l'oreille, avons pu mettre un visage sur votre tête à vous, et avons bien ri en voyant comment se montait un plan de bataille à la Quitterie. Nous nous sommes dits qu'il fallait vraiment raconter ce qui se cachait derrière la fausse naïveté. Vous me poussez à raconter l'anecdote originelle mais voilà l'histoire. J'ai fini et mis à jour l'article avant-hier, et voilà. Quoi d'autre? Si le seul but était le buzz, j'aurais développé quelques rumeurs tenaces au sujet des vraies raisons du départ de Q. du MoDem. Mais nous évitons de donner dans le caniveau, malgré les tentations. A vous lire, ici ou là-bas!

Réponse de Secrétaire Général le 13/09/2009 à 14h39
J'ignore de quel plan de bataille vous prétendez parler. Vos insuations ne parviendront pas à créer plus de doute que vos affirmations, qui sont au-dessous déjà du niveau du caniveau.
Commentaire n°2 posté par Hervé Torchet le 13/09/2009 à 17h26
Allons allons, cher Hervé. Je n'insinue rien. J'écris un article argumenté: démonstrations, éléments factuels et une analyse - personnelle j'en conviens, mais je ne la crois pas si fausse que ça. Je respecte votre amitié pour Quitterie. Néanmoins, elle est un personnage publique, avec des propos et une action publics. Comme tels, ils s'exposent à l'analyse, au commentaire, à la critique. Votre égérie n'est pas la mienne, et sa parole n'est pas d'Evangile : l'examen critique est la rançon de la célébrité. Je persiste et signe volontiers : il y a une stratégie de communication, il y a une ambition, il y a de la "communication", mais d'idées et de propositions politiques, peu. Quitterie Delmas est un produit marketing. Le temps, donc le vieillissement, jouent contre son leitmotiv jeunisme auquel je ne crois absolument pas. Je crois enfin qu'elle a été victime de l'effet boomerang : la seule naïveté de Quitterie était de se croire intouchable : elle y a laissé ses plumes. Vous pouvez surtout nous remercier d'avoir ressuscité, en lui consacrant cet ultime et définitif article, l'objet politique Quitterie, car il est bel et bien mort. Nous restons tout de même curieux (par pur passéisme!) de savoir ce qu'étaient donc ces "projets créatifs à même de résorber la crise" dont vous parlez. Sans doute est-ce là le baroud d'honneur d'un pari déjà perdu.

Sans ironie aucune, je salue votre fidélité à toute épreuve, mais j'ose tout de même vous encourager à miser désormais sur un meilleur poulain!
Réponse de Peronito le 13/09/2009 à 23h18
cher Péronito,

Bien qu'âgé, et ayant donc pas vu de choses en un demi siècle en matière d'invectives politiques, de bassesses gratuites et d'attaques perfides, j'avoue être littéralement ébaubi devant un tel torrent de venin fielleux.

Ce qui est évident, au delà de votre talent de plume flagrant, c'est que vous n'avez rien compris à la portée du message de François Bayrou et à la véritable révolution que représentent les idées démocrates !
Adhérent du modem, oui je l'assume et le proclame je me dénonce, je professe les valeurs du progressisme français qui rejette le schéma binaire et stérile du clivage droite/gauche : cette alternance nous a poussé vers l'abime, cette "démocratie française" pour reprendre l'expression du rénégat Giscard, est une comédie, un régime vérolé par les partis et leurs idées opposées. Nous pronons l'union de tous,de tout le peuple sous la bannière du progressisme, de la croissance verte, du dialogue social, du respect de toutes les différences (si elles s'expriment dans le cadre progressiste et humaniste), sous notre bannière orange.
Cette bannière que porte si haut, dans la lumière et la promesse des lendemains meilleurs, notre Quitterie Delmas !
J'aurais pu vous parler d'autres lumières de la pensée française, d'autres visionnaires comme Corinne Lepage, Marielle de Sarnez ou Jacqueline Gourault, mais votre site ne le mérite pas...
Cordialement
Guy Monteil
Commentaire n°3 posté par Guy Monteil le 15/09/2009 à 22h52

Cher Guy,

Nous respectons infiniment la foi qui anime votre engagement. Vous semblez sincère et nous vous prêtons volontiers un coeur noble. Simplement, nous ne partageons pas vos idoles (et nous nous méfions de l'idolâtrie en général). Ce qui est sûr, c'est que le cas Delmas n'a, selon nous, rien à voir avec les idées humanistes du MoDem, mais tout à voir avec l'instrumentalisation d'un effet de mode, à des fins personnelles. Il s'agit de vendre un produit marketing, à l'étiquette "jeune" et "moderne" trop criante pour être tout à fait vraie.
Nous ajoutons volontiers que, si nous ne jugeons pas un homme politique à l'aune de sa vie personnelle, les échecs personnels de l'ex-Madame Delmas nous paraissent quand même être la conséquence directe d'une futilité probable, et d'une vanité certaine. Comme si Quitterie était la première victime d'avoir trop cru à ses propres sornettes. En ce sens, nous la plaignons. Il lui reste une longue vie pour méditer cela et, pourquoi pas, devenir sage...

Cordialement

Réponse de Secrétaire Général le 28/09/2009 à 23h37
Marielle de Sarnez, "lumière de la pensée française et visionnaire"...drôle!
J'ai du louper un épisode de la grande série du marketing politique parce que je découvre à l'instant qui est cette chère Quitterie...Quant à ses idées créatives pour contrer la crise, je ne saurais que trop lui conseiller de s'associer à la géniale et visionnaire Marielle. A elles deux elle pourraient même carrément changer la face de la terre. Ben quoi?
Commentaire n°4 posté par Cassandre le 21/09/2009 à 21h50

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