Toujours experts dans l'art de donner des leçons et de s'opposer à la toute puissance policière qui fait , comme chacun le sait, de la France un pays ou les droits des citoyens sont chaque jour un peu plus bafoués par les forces de l'ordre; nos amis de la Ligue communiste révolutionnaire viennent de frapper fort en rédigeant, en collaboration avec le RAIDH ( Réseau d'alerte et d'intervention pour les droits de l'Homme, à ne pas confondre avec le célèbre groupe d'intervention de la Police nationale) un manifeste de protestation contre le Taser.
Aux ignorants et aux naïfs, j'expliquerai simplement que le Taser ou PIE (pistolet à impulsions électriques) est un moyen de force intermédiaire (selon une terminologie propre à la doctrine de la Gendarmerie nationale) qui a l'apparence d'une arme de poing et permet d'envoyer à un individu « récalcitrant » une décharge électrique sans autre but que de l'immobiliser et par conséquent de faire cesser le trouble. La Gendarmerie nationale et la Police nationale vont être progressivement dotées de cet instrument dans les mois à venir en donnant naturellement priorité aux unités intervenant dans les quartiers à risque.
Ainsi donc, notre postier de Besancenot s'insurge, dans une lettre adressée au président de la République de la dotation future des forces de l'ordre avec le dit pistolet. Selon le RAIDH, « l'usage généralisé de cette arme (,,,) sur toute personne appréhendée relève d'un véritable retour au châtiment corporel dans notre pays ». Quelle honte pour un pays qui se réclame « patrie des droits de l'homme » de renouer avec d'antiques méthodes au plus grand mépris de la diginité humaine... Pour étayer un peu plus ses propos, Besancenot précise que « électricité et justice n'ont jamais fait bon ménage en France ». La situation dans les banlieues françaises est elle à ce point dégradée qu'elle peut être comparée aux « évenements d'Algérie »? Il est vrai qu'en ces temps de repentante nationale, il est toujours de bon ton de condamner des méthodes qui, comme chacun le sait n'étaient employés que par l'Armée française pendant la guerre d'Algérie.
Il est également précisé sur le site du RAIDH que ce pistolet vient tout droit des USA :Les méchants policiers américains, bien évidemment racistes et violents, toujours prompts à s'improviser bourreaux, sont les précurseurs dans l'utilisation de cet engin de torture.
Et, c'est bien là le pire, si cet objet est utilisé par les Américains, c'est qu'il est forcément mauvais et diabolique. Si cette arme est l'apanage des « cops » c'est d'ailleurs certainement de la faute du grand méchant Bush et des gourous de la tolérance zéro qui pensent, comble de l'ignorance, que la police doit faire, avant tout, de la répression.
Enfin, pour Olivier, « en rajoutant certains problèmes, on va faire qu'empirer les choses »...
Finalement, il est vrai que les forces de l'ordre, pour ne pas empirer la situation dans les quartiers sensibles devraient s'abstenir. Les voitures brûlées ( je rappelle qu'il y en a environ 90 par nuit sur le territoire national en période « normale »), les embuscades contre la police désormais menées comme de véritables actions militaires, la circulation des armes ne sont que des cris du coeur de ces gentils délinquants qui réagissent à l'arbitraire policier...
Mais le plus, grave est que le postulat selon lequel la répression est une des causes des troubles croissants dans les banlieues sensibles, que les auteurs ne sont en fait que des victimes n'est pas partagée que par les quelques membres des partis d'extrême gauche. Toute une frange bien pensante de la population émet la même opinion.
Si la gauche est victorieuse en 2007, elle ressortira certainement de ses cartons le concept étriqué de police de proximité, quelle joie pour les forces de l'ordre : à la poubelle tasers et autres flashballs... Et vive les discussions amicales entre policiers et jeunes, les parties de football avec les délinquants. Le gendarme, ainsi débarrassé de toute pression statistique pourra ranger képi (ou casquette) et menottes et se muer en sympathique et bienveillant « grand frère ». Imaginez : un monde ou tout le monde s'aimerait, ou le crameur de bus, soudain soulagé de cette terrible pression policière, de cette répression source de tous les maux, embrasserait sur la bouche le CRS désarmé! Quel bonheur.
Et comme vous tous, j'aimerai y croire, malheureusement, l'esprit « antiflic » qui fait régulièrement remonter à la surface le spectre d'un Malik Houssekine; les années de laxisme qui font du délinquant une victime et de la victime une statistique ne nous laissent guère d'espoir sur l'évolution de la situation dans certains quartiers... Rassurons nous,avec ou sans Taser, nous pourrons toujours envoyer les délinquants dans des camps militaires.
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