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Samedi 26 mai 2007
par Président publié dans : France
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Jeudi 24 mai 2007

Comitiis praesidentialibus die Dominico factis Nicolas Sarkozy novus praesidens Franciae electus est, cum circiter quinquaginta tres centesimas suffragiorum obtinuit.

Sarkozy, vir quinquaginta duorum annorum, ministerio et rerum interiorum et oeconomiae in hodierno regimine functus, praesidenti Jacques Chirac succedit, qui duodecim annos in munere fuit.

Potestas praesidentis in Francia maior est quam apud plerasque alias nationes Europaeas.

Praesidens ministrum primarium eligit sed eum dimittere non potest. Legem latam in parlamentum remittere potest, sed non saepius quam semel.

Potest etiam legem in tribunal constitutionale mittere aut eandem suffragio populi subicere. Praesidenti licet scelestis impunitatem concedere aut poenas eorum breviores reddere. Est etiam imperator exercitus.

Munus praesidentis antea septuenne fuit, nunc iam iterum quinque annos durat.

Numerus praesidentatuum non est limitatus, ut exempli gratia in Finnia, ubi idem semel tantum denuo eligi potest.

(Tuomo Pekkanen)

par Urbi et orbi publié dans : Le monde est fou
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Lundi 21 mai 2007

C'est l'histoire de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf. Il était une fois une jeune assistante parlementaire au parlement européen qui travaillait pour les centristes. A force de cotoyer des hommes politiques, elle décida un jour qu'elle serait une importante femme politique. Parce que femme et jeune, elle se dit qu'elle incarnait à l'évidence une façon neuve de faire de la politique. Et grenouille Quitterie de lancer son blog.  Un blog moderne, jeune, jeuniste. Puant. Blog qui allait lui apporter une relative célébrité médiatique, avec des dommages collatéraux non négligeables pour son ego!

Le blog de Quitterie (nous vous offrons le lien car il vaut son pesant de cacahouètes) c'est la cour des miracles. On y voit tout! Une horde de vrais candides qui se croient politologues ; des vils flatteurs héros proclamés du néocentrisme, à vomir de jeunisme ; un amoureux transi qui passe son temps à confondre Quitterie et Aphrodite ; des socialistes maquillés comme une voiture volée qui tentent de se faire passer pour l'aile gauche du centrisme mou ; quelques taquins enfin, qui, avouons-le, mettent de l'ambiance dans cette guimauve insipide. Les personnages nous ont séduits, fascinés. Aucun n'a l'air réel tellement il sombre dans le cliché! Le discours, lui, est fadasse : il y a les gentils - et à la base tout le monde est gentil, et des méchants dont personne ne comprend pourquoi ils sont méchants! Ils ont dû rater le sourire de Quitterie.

Le sourire de Quitterie, parlons-en. Il est partout! Dans les articles d'autocongratulations et d'intercongratulations. Dans les petites vidéos qui ressemblent à une campagne de recrutement pour Arthur Andersen. Dans les répliques des courtisans mielleux!

Forte de sa cour, Quitterie s'est laissée aller. Elle a péché par excès de gnan-gnantitude, au point d'appeler à voter Gogolène avec une argumentation que la morale réprouve. Elle a un peu trop souri, la Quitterie, et l'on a vu ses canines qui rayaient le parquet. Le chute est aujourd'hui rude : le sourire de Quitterie devient un rire jaune grimaçant, et les courtisans se font pleureuses : le MoDem (nouveau nom de l'UDF, pour ceux qui n'ont pas suivi) vient de lui refuser l'investiture!

Adieu veaux, vaches, cochons, couvées! Adieu Quitterie, météorite de la jeunesse politicarde désormais en voie de reconversion vers un destin plus humble...

par Peronito publié dans : Blogosphère
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Jeudi 10 mai 2007

On pourra trouver que pour un président de la République, aller naviguer sur le yacht d'un ami a un côté m'as-tu vu un peu déplacé. On peut y voir aussi la preuve de la pipolisation grandissante de la vie politique et craindre que bientôt Voici nous parle de la dernière soirée à l'Etoile des jeunes parlementaires branchés qui ne manqueront pas d'être élus le mois prochain. Mais, venant du camp des perdants, l'instance pénible avec laquelle ils dénoncent notre Nico Maltese paraît très très suspecte.

La vérité est que dans la guerre des paparazzis, les socialistes voudraient bien faire des vacances du petit Nicolas l'arbre qui cache la forêt des scandales à venir. On apprend en effet qu'un livre s'apprête à paraître, La femme fatale, écrit par deux journalistes du Monde, qui fait notamment le point sur le couple Hollande-Royal. Ces deux-là sont séparés et en mauvais termes. Tout le monde le sait dans le microcosme, mais toi cher électeur pigeon, on t'a fait croire le contraire, on t'a pris pour un con et tu as cru à Blanche Neige... Pour illustrer, je ne résiste pas au plaisir de citer cette phrase du livre : "si tu vas chercher Jospin pour me faire barrage, tu ne reverras jamais tes enfants!"

A bien y réfléchir d'ailleurs, il était tout de même hallucinant de voir les journalistes entretenir le mythe d'une relation idyllique qui n'existe plus : parlant de l'un ou de l'autre, on a entendu tout au long de la campagne les mots "compagnon de" ou "compagne de", tant il est vrai que la stabilité du couple est un argument électoral massue à l'élection présidentielle. Quelle ironie, lorsque l'on sait ce qu'il en est, d'avoir vu Royal pérorer sur sa vie de famille dans Paris Match! Nous ne militons pas pour le grand déballage des vies privées, loin de là, même, mais l'inverse - le mensonge électoraliste - est proprement répugnant.

Merci Nicolas, qui, pendant qu'au PS on s'envoie des assiettes à la figure, vas passer quelques jours avec ta femme et ton fils sur le Love Boat! Merci de prouver à la face du monde médusé que la paix règne dans ton foyer et que sur le yacht tout n'est qu'ordre et beauté...

Vivement la sortie prochaine du bouquin dont les révélations sur la vie privée trépidante de Gogolène ravaleront la croisière de Sarko au rang d'insignifiante pécadille. Là, les parangons de vertu socialiste à qui il n'a pas suffit de prendre une grosse baffe dimanche dernier finiront peut-être par rougir de honte et de confusion!

par Peronito publié dans : Actualités
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Mercredi 9 mai 2007

Une page est tournée, adieu 1981 !

L’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République constitue le signe le plus visible d’une profonde rénovation de la vie politique française déjà entamée il y a quelques années. Les règles du jeu, les citoyens, le monde, tout a changé et remis en cause notre modèle politique fondé sur deux piliers : l’alternance systématique des équipes et la longévité des carrières.

Le maintien à la tête de l’Etat de celui qui a si bien incarné cet ancien modèle – Jacques Chirac qui fut si cher à nos cœurs de jeunes étudiants – a masqué l’entreprise de renouveau déjà amorcée sous l’effet conjugué du quinquennat, du développement d’Internet ou encore de la modernisation de l’ensemble de nos voisins et alliés.

Il aura donc fallu attendre le 6 mai 2007 pour marquer une « rupture » nette et définitive avec deux lois électorales qui ont paralysé et ringardisé notre vie politique.

Rupture d’abord avec celle qui voulait que, pour entrer à l’Elysée, mieux valait s’y prendre à l’avance et souffrir plusieurs défaites comme si les Français n’affectionnaient que les vieilles connaissances et les losers. François Bayrou et dans une autre mesure Jean-Marie Le Pen sont aujourd’hui les seules survivances de cette conception de l’élection présidentielle si chère à François Mitterrand et Jacques Chirac.

Rupture ensuite avec le cycle infernal inauguré le 10 mai 1981 qui voulait que le résultat de l’élection à venir soit l’exacte inverse de celui de la précédente. Chaque scrutin était lié, aucune équipe n’espérait être reconduite, si ce n’est la fois d’après. « Sortez les sortants » ne suffit plus pour remporter un scrutin national.

Ces ruptures aboutissent inévitablement au rajeunissement et au turnover des gouvernants. Le perdant de l’élection présidentielle, surtout depuis qu’il n’est plus le fondateur de son parti, connaîtra toujours le même sort. Le vainqueur, quant à lui, savourera son élection dès la première tentative par la nomination de jeunes ministres depuis peu entrés dans la lumière ou encore inconnus du grand public. En cela, 2007 accentue bien une tendance en germe depuis quelques années, mais cachée par la longévité de cet animal politique qui a joué les premiers rôles depuis 1967. Ségolène Royal, en dépit des espoirs de son clan, rejoindra ainsi Lionel Jospin au cimetière des éléphants ; tandis que le prochain gouvernement sera composé en grande partie de personnes dont l’expérience du pouvoir n’est pas plus grande que celle de Raffarin, Villepin, Perben, Fillon, Copé, MAM et même Sarkozy en 2002.

Une page est bien tournée. Reste maintenant à en écrire une nouvelle. L’avenir dira alors si 2007 a consacré une autre rupture : celle du retour du courage en politique, cette valeur elle aussi perdue depuis plusieurs décennies !

par Kléber publié dans : France
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Lundi 7 mai 2007

 

 

par Président publié dans : France communauté : Vu de droite
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Vendredi 4 mai 2007

2 mai, 21 heures. A notre gauche, Ségolène Royal, plus élégante que jamais, a revêtu la tunique du challenger. A notre droite, Nicolas Sarkozy, candidat à l’élection présidentielle depuis 12 ans, vainqueur du 1er tour et grandissime favori pour le second. Au centre, François Bayrou a laissé sa place à deux monstre sacrés du petit écran : PPDA et Arlette Chabot. Ils ne seront, l’espace d’une soirée, que les maîtres du temps. Dehors, la France devant la télévision, seule, en famille ou entre amis, chez soi ou dans un bar, comme si, un an après, le pays revivait une nouvelle finale de Coupe du monde.

Vainqueur du toss, Nicolas Sarkozy donne le coup d’envoi. Visiblement sous Lexomil, le favori se veut courtois et calme. Il est parti pour démontrer sans fanfaronner, pour encaisser sans reculer et, surtout, pour éviter le mauvais geste comme tétanisé par la hantise du carton rouge et les accusations de machiste enragé. « Madame Royal », je suis heureux d’être ici avec vous !

Ségolène Royal prend, quant à elle, le jeu à son compte. N’ayant plus rien à perdre, elle oublie – volontairement – les règles du jeu et s’engage sur la voie du dérapage contrôlé. Abandonnés le séquençage thématique et le ronron d’un débat mille fois joué depuis le 22 avril, elle part dans tous les sens, élève la voix, interrompt, prend à parti. Elle avance pour cogner et pousser l’adversaire à la faute.

Nicolas Sarkozy écoute et lutte contre lui-même, « il me serait si facile de répliquer et de faire mouche » dut-il se dire à plusieurs reprises. Appliqué et pédagogue, il décide de rester dans le canevas décidé à l’avance et d’approfondir chacun des sujets. Plus en retrait sur la forme, il prend néanmoins l’avantage sur le fond ; Ségolène Royal est mise devant ses contradictions et imprécisions. Les « moi, je » et autres « j’ouvrirai une discussion avec les partenaires sociaux » apparaissent clairement comme des dégagements en touche désordonnés, des sauvetages in extremis :
• Je lutterai contre la dette publique lorsque la croissance sera supérieure à 2,5 % ;
• Je suis la candidate du dialogue social mais dénigre toute idée en provenance du MEDEF ;
• Je ne démantèlerai pas les lois Fillon, je les remettrai à plat ;
• Je créerai une taxe sur les profits boursiers dont le produit sera exactement égal à ce dont nous avons besoin pour financer les retraites ;
• Je considère Nicolas Sarkozy comme un candidat dangereux qui a recouvert la France de flics et maltraité les immigrés, mais je l’accuse de ne pas avoir créé assez de postes de policiers pour permettre aux policières d’être raccompagnées le soir en toute sécurité et renonce aux régularisations massives pour me convertir au très sarkozyste « cas par cas »…

On peut multiplier les exemples à l’infini. Incontestablement, il y avait d’un côté un candidat crédible, connaissant ses dossiers (ça n’exclut malheureusement pas quelques erreurs) et ayant une vision pour son pays et, de l’autre, une candidate focalisée sur l’incantatoire et l’émotionnel, pressée de continuer à gouverner la France avec des recettes du passé.

Alors, c’est vrai, le débat n’en est pas resté là. Nicolas Sarkozy a commis une erreur qui inévitablement restera dans les annales. Voulant lui aussi jouer sur le registre des sentiments, il s’est emparé du thème des handicapés et, plutôt que de temporiser, a cherché à accroître son avantage. Ségolène Royal s’est alors minutieusement mise en colère (mais sans s’énerver, nous voilà rassurés !) et a montré tout son talent de professionnelle du pathos. Elle a néanmoins cédé à la tentation d’en faire trop et, à force de surjouer, a perdu beaucoup de son naturel.

Le challenger a donc marqué un but au moment où le favori s’y attendait sûrement le moins. Pas de panique, la fin des hostilités a une nouvelle fois mis en lumière le décalage de stature entre les deux candidats sur les questions internationales (Iran, Darfour), l’Europe, la Turquie ou encore l’immigration. Et ce d’autant plus que Ségolène Royal a raté son final s’engageant dans un face caméra façon clip de campagne ringard !

Au final, chacun a donc joué son rôle. Ségolène Royal a cherché la faille, Nicolas Sarkozy a voulu à tout prix éviter d’apparaître comme l’agresseur. Les partisans des deux candidats peuvent tous se montrer satisfaits.

Cependant, force est de reconnaître :
• que pour gouverner la France, il ne suffit certainement pas de disposer d’une « capacité d’indignation » ou d’être « la candidate de ce qui marche » sans plus de précision et
• que pour gagner cette élection il ne suffisait pas à Ségolène Royal de faire plaisir à son camp en tapant sur son adversaire, encore lui fallait-il convaincre la quasi-totalité de l’électorat bayrouiste, des personnes généralement très qualifiées (et oui c’est parfois dur à croire !) plus avide de rationnel que d’émotionnel.

En conclusion, pas d’inquiétude mes chers amis, mobilisez-vous dimanche et tout ira bien !

par Kléber publié dans : Journal de campagne
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Jeudi 3 mai 2007

Dalida nous a quittés il y a tout juste 20 ans. Bien plus que ses frasques avec un socialiste célèbre dont j'oublie le nom, bien plus que son frère atypique, Dalida lègue à l'histoire de l'univers deux leçons extraordinaires : sa musique d'abord, faite d'un indémodable disco à boîte à rythme, de chorégraphies léchées et de tenues éblouissantes. Les méditations sur la vie que sont les textes de ses chansons, tour à tour enjouées, émues, pleines d'espoir ou de nostalgie, sont une mine inépuisable pour les démocrates nationaux toujours en quête de vérité sur la nature humaine. Derrière l'artiste, et c'est là le second enseignement, se cache le penseur : car sous des airs socialistes, Dalida fut pompidolienne jusqu'à la fin : subtile, visionnaire, moderne. Jusqu'à la fin, jusqu'à réclamer, comme le cher président, de mourir sur scène. Avec deux septennats et un cancer, Mitterrand, une fois encore, n'égala ni son devancier ni sa muse.

Comme Dalida, comme Pompidou, le RDN, s'il doit mourir, mourra sur scène. D'ici là, il ne se taira pas!

par Président publié dans : Culture
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Jeudi 3 mai 2007

Pourquoi j’irai voter Nicolas Sarkozy dimanche.
A tous les catholiques tentés par l’exil intérieur et l’abstention au second tour de la présidentielle.

Voter catho, est-ce bien voter ? Puisqu’apparemment la question semble se poser en ces termes pour un certain nombre d’électeurs à la veille du second tour, je pense qu’elle vaut d’être étudiée : voter catho, est-ce donc bien voter ? Et dès lors, le débat se corse : voter catho, est-ce voter en fonction des consignes de Mgr Brincard rappelant l’exigence du respect de la vie humaine, ou en fonction de celles de la conférence des évêques de France appelant à ouvrir nos frontières en vertu du devoir d’accueil des pays riches à la misère du monde ? Ou encore est-ce voter Christine Boutin lorsqu’elle se présente avec un programme « tout catho » et une lecture, pense-t-elle, très pertinente de la doctrine sociale de l’Eglise ? Ou est-ce voter François Bayrou qui n’affirme sa catholicité que pour mieux la renier ensuite, au motif que ses choix de vie personnelle ne doivent avoir aucune incidence sur son comportement politique ? Quatre façons de « voter catho » qui ne se ressemblent guère – on élargit déjà le spectre. Allons plus loin franchissons l’Atlantique : faudrait-il voter GW Bush au prétexte de ses convictions pro-life ? Est-il plus catholique de lutter en vue d’une hypothétique révision de la législation applicable à l’IVG ou de se retenir de se laisser aller à ses peurs primaires pour éviter de mettre le monde à feu et à sang et de priver un peuple entier de son droit à vivre, LUI AUSSI ? Le tout avec une manipulation éhontée de l’opinion qui en langage catholique s’apparente assez directement à la notion de mensonge. Si j’avais été Américain, et plus encore Américain catholique, j’aurais voté démocrate. De manière absolument certaine. Ce n’est pas parce qu’on est pro-life qu’on est catholique (il y a toute sorte d’autres arguments recevables sur cette question, d’ordre nataliste ou économique par exemple) et ce n’est pas parce qu’on est catholique qu’on est un bon chef d’Etat. Le contraire se saurait, malheureusement.

A mon sens, le moment est donc venu d’abandonner une grille de lecture partisane IVG/euthanasie/homosexualité/bioéthique, qui ne suffit ni à analyser un discours politique, ni à prendre les décisions qui s’ensuivent. Le politique ne se réduit pas à une question de mœurs – qui relèvent pour une bonne part d’entre elles du comportement privé dans un régime démocratique comme le nôtre – et la responsabilité électorale du catholique ne saurait être éludée avec un tel raccourci – à moins de tenir absolument à passer pour des défenseurs de bébés phoques auprès du peuple irakien. Alors, c’est vrai, Nicolas Sarkozy n’abrogera pas la loi Veil. Ni Ségolène Royal, ni personne d’autre. Même GW Bush n’a rien pu y faire. Tout simplement parce que dans notre société cette question ne fait plus aujourd’hui débat. Ce qui fait débat pour les années à venir, c’est la question homosexuelle. Comme tous les autres, notre pays prendra la voie d’une législation en faveur des homosexuels. Droite ou gauche, la pression est trop forte. Seulement, là où l’un viendra par nécessité et avec prudence, l’autre courra avec allégresse, trop heureuse de venger son enfance opprimée. Même sur ces questions dites de société, il y a donc une différence.

Mais n’en déplaise à certains, la doctrine économique n’est pas un luxe non plus. Pour la simple et bonne raison qu’elle conditionne la doctrine sociale : il n’y a pas de solidarité sans un minimum de création de richesses. Certes, la solidarité peut paraître de gauche ; elle est chrétienne en tout cas, c’est celle du partage. L’embryon n’est pas le seul être faible à protéger ! Les personnes âgées, les personnes handicapées, les femmes enceintes, les enfants en âge d’être nourris et scolarisés, tous ceux-là ont besoin de protection et une société s’honore à leur manifester sa solidarité. Simplement, qui n’a rien, n’a rien à partager. La dette a pris une telle ampleur dans notre pays qu’elle réduit non seulement toutes les marges de la politique économique, mais met aussi en cause l’avenir des prestations sociales. Et la première d’entre elles, c’est la retraite. François Bayrou et Ségolène Royal ont raison de dire qu’il faut augmenter les retraites, il est honteux pour nous de savoir que des personnes âgées ne font qu’un repas par jour en France faute de moyens. C’est vrai, on ne vit pas avec 650 euros par mois. Seulement, aujourd’hui, on n’a pas les moyens d’augmenter les retraites, et si l’on continue sur cette pente, ça ne risque pas de s’arranger. Pour garantir un système de retraite, il faut créer de la richesse, et pour créer de la richesse, il faut une croissance beaucoup plus forte que celle que nous connaissons. S’ils veulent une retraite un jour, les moins de 40 ans doivent voter Nicolas Sarkozy. Ceux qui veulent que leur mère ou la mère de leurs enfants qui auront consacré tout ou partie de leur vie active à leur éducation, touche une partie décente de la retraite de leur mari s’il vient à décéder doivent aussi voter Nicolas Sarkozy : car dans un système sous forte tension financière comme le nôtre, les pensions de réversion continueront de se réduire comme une peau de chagrin, et rien ne garantit que la reconnaissance des enfants, pour être éternelle, soit également financière – à supposer que les mêmes enfants en aient seulement les moyens.

C’est la même croissance qui autorise l’entretien d’une armée française de haut niveau. Qui veut une France forte, veut une armée équipée, et convenablement. Inutile de revenir sur la doctrine socialiste en matière de dépenses militaires ; elle est tristement connue. Si la France veut continuer de jouer un rôle sur la scène internationale, il lui faut une armée digne de ce nom. Sinon, comment prétendre faire entendre une voix divergente sur les croisades du très catholique George Bush ? Comment intervenir dans des régions du monde où les populations massacrées et déplacées émettent un cri silencieux que le Pape Benoît XVI (tiens, tiens…) est bien seul à relayer, comme c’est le cas actuellement au Darfour ?

Croissance et solidarité nationale, défense et politique étrangère, il nous reste à parler d’éducation et de sécurité pour montrer comment le discours lénifiant de la « toute-mère » Ségolène Royal ne résoudra en rien la crise d’autorité qui sévit dans notre pays et qui pousse les jeunes des quartiers dans les bras de la violence urbaine ou de l’islamisme radical. Si dénoncer mai 68 et ses inepties éducatives reste un tabou pour la gauche française, la droite ne veut pas d’un système où les mères livrées à elles-mêmes se trouvent menacées, molestées, par leurs propres enfants, grands gaillards privés de père pour leur apprendre le respect. Elle ne veut pas non plus d’un système où la sécurité des personnes n’est plus garantie, parce que les forces de l’ordre sont décriées et remplacées par des éducateurs-joueurs de foot bien démunis pour faire respecter la loi face à des gangs armés. C’est cela aussi le respect du plus faible !

Alors, si la laïcité aujourd’hui, c’est empêcher une minorité islamiste activiste de monopoliser le débat, réjouissons-nous de ne pas entendre de voix spécifiquement religieuse dans ce second tour de l’élection présidentielle. Plutôt qu’un repli communautariste, choisissons entre les deux projets de société qui nous sont proposés et exerçons notre responsabilité de chrétien avec clairvoyance, c’est-à-dire en ayant bien présentes à l’esprit toutes les données du débat. Et si oui, Nicolas Sarkozy a fait preuve de deux vertus bien chrétiennes, l’honnêteté de dire les choses telles qu’elles sont, et, pour ce faire, le courage de rompre avec les pratiques de ses prédécesseurs, reconnaissons lui aussi le talent et la carrure d’un chef d’Etat. S’il fallait voter pour un candidat idéal, chacun ne voterait guère que pour lui-même. Exercer sa citoyenneté, cela peut être, pour certains, faire le choix du moindre mal, celui du compromis. Si ce n’est pas le vôtre, il vous restera à prier dimanche pour que les jeunes de banlieue ou les activistes soixante-huitards de tout poil fassent au moins la même et grave erreur stratégique que vous. En ce qui me concerne, je voterai, et j’appelle à voter, Nicolas Sarkozy dimanche !

par Oum Khalsoum publié dans : Société communauté : Vu de droite
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