Trop c'est trop. L'accumulation des lectures des interviews de barons centristes ventripotents et sûrs d'eux-mêmes, ajoutées à celles des blogs guimauves et stupides de leurs jeunes séides (les citer ici serait faire beaucoup trop d'honneur à leur logghorée de songe-creux), a fini par faire déborder le vase.
Evidemment, je ne parle même pas du candidat au tracteur lui-même. Lui, c'est le gourou, le seul qui ait du plomb dans la tête pour tirer, certes de manière grossière, les bonnes vieilles ficelles du populisme le plus vil. Un vulgaire joueur de bonneteau qui voudrait passer pour Cincinnatus.
Alors, c'est parti.
1 - Bayrou n'est pas démocrate chrétien.
Spéciale dédicace aux tièdes membres d'une certaine middle class catholique... Que voulez-vous, ce sont d'honnêtes gens et la seule bonne mine d'un candidat (« il est sympathique, ce Bérou »), ne leur suffit pas à se jeter dans ses bras. Mais ils doivent cesser de se faire escroquer sur l'air de la démocratie chrétienne.
2 - Bayrou ne porte d'ailleurs plus aucune valeur chrétienne.
Il suffit de se référer à ses positions très « tendance » sur les questions de société (mariage ; adoption ; euthanasie ; racines chrétiennes de l'Europe ; indignation le jour où les drapeaux furent mis en berne pour la mort du pape).
3 - Bayrou est anarcho-centriste.
Son discours est celui d'un populisme très nouveau. Pour la première fois celui-ci est positionné au centre, et pas aux extrêmes (comme le PCF au temps de sa magnificence, ou comme l'UDCA de Poujade). En position de réceptacle/catalyseur droite-gauche, son pouvoir de nuisance est très fort. Son but est de tuer le régime, de passer sur le ventre des seules institutions équilibrées que la France ait connu depuis longtemps.
4 - Bayrou n'est plus de droite.
Officiellement « démocrate chrétien », il a quitté avec fracas le groupe PPE après les dernières élections européennes pour rejoindre des micro-partis croupions de centre gauche comme la « Marguerite » italienne. Rappelons que le PPE rassemble toutes les formations de droite et du centre d'Europe. Mais bon, peut être que François B. a dû trouvé le parti social-chrétien belge ou la CDU
allemande trop réac' à son goût...
5- Bayrou n'est pas le candidat de l'assainissement de nos finances publiques.
N'est pas Pinay ou Poincaré qui veut. Il ne suffit d'avoir une tête de paysan madré pour être économe. Selon une étude de l'Institut COE-Rexcode (parue aujourd'hui), le coût net de son programme est de 5,5 Mds euros. En 5 ans, il aggraverait la dette de près d'un point de PIB.
6 - Bayrou n'incarne aucun renouvellement des vieilles pratiques qu'il condamne.
Ces compagnons fumeurs de cigare et amateurs de bonne chère sont de fidèles et loyaux alliés des majorités de droite au sein des collectivités. Prétendant incarner la modernité, il se donne pourtant des airs de vieux maquignon rad'soc' recuit. Le siège du Général n'est pas fait pour Henri Queuille...
7 - Bayrou, s'il est élu, ne pourra pas gouverner.
Il esquive systématiquement la question de sa future « majorité présidentielle ». Au mieux, les spectateurs sont gratifiés d'un sourire entendu sur l'air de « vous verrez ce que verrez » et... plus rien. Sans parler du bluff honteux sur le nom de son futur premier
ministre, dont il n'a par ailleurs pas la moindre idée.
8 - Bayrou utilise le mensonge, le sophisme et la malhonnêteté intectuelle sous toutes leurs formes
Sa posture de concentration de la droite et la gauche porte en elle la mort de la politique, le sel même de ce qui fait la richesse de notre démocratie représentative : la possibilité de l'alternance Ce qui fait la dignité du citoyen, l'exercice de sa liberté souveraine, c'est sa faculté à choisir, en conscience ce qu'il croit être bon et juste pour son pays. Avoir un centre mou surétendu, c'est ne plus avoir de choix, juste de la grisaille. Ou alors les extrêmes comme seul horizon...
Voilà. Bien sûr, on pourrait en dire plus, mais il fallait que ça sorte. Canaliser un sentiment de colère, de révolte devant un tel avilissement, un tel cynisme. Parce que trop c'est trop. Parce que tous les coups ne sont pas permis. Parce qu'on ne doit pas mentir aux citoyens ainsi en racontant tout et son
contraire.
La démocratie est une éthique de responsabilité et une exigence de vérité. Deux qualités qui font cruellement défaut à M. Bayrou.
On sait depuis longtemps qu’on ne fait pas de bonnes politiques avec de bons sentiments, fussent-il rebaptisés en « droits de l’homme » mis à toutes les sauces. Certains pourtant s’obstinent en cette voie.
Nul n’a pu y couper : la Nation, son identité, ses symboles, sont les
invités surprises de cette campagne.
Antonio Oliveira de Salazar a été élu plus grand Portugais de tous les temps par les téléspectateurs lors d'une émission de télévision portugaise. Avec 41% des voix, il bat même Vasco de Gama (que de toutes façons le vote télévisuel a ravalé au rang de vestige poussiéreux et inintéressant de l'histoire antique de la navigation : il n'était même pas deuxième). Salazar, au pouvoir de 1932 à 1968, n'a pourtant pas de quoi susciter l'euphorie. Son "nouvel Etat" était relativement autoritaire et idéologiquement ça ne cassait pas des briques (en ce sens, n'en déplaise à certains, tous les chefs d'Etat en uniforme ne se valent pas). Le régime fut balayé en 1974 par un vent de liberté mémorable : la révolution des oeillets était un formidable élan romantique. Elle tient son nom de militaires fleuris qui ne s'étaient pas remis de la mort de Salazar six ans plus tôt et qui en avaient assez de faire des guerres de décolonisation. Malgré tout, le régime de Salazar semble avoir laissé une bonne image aux Portugais qui sont mécontents et blasés de leur classe politique actuelle.
Jany Le Pen s'est rendue au Cameroun il y a dix jours, du 10 au 14 mars, pour livrer un minibus pour une école, poser une première pierre de pont, papoter avec Dieudonné (rendu là-bas aussi) et rencontrer Chantal Biya, la femme du président du Cameroun. Quelques jours après, Jany a pris un malin plaisir à répéter les confidences de la présidente. En effet après avoir salué les talents oratoires de Le Pen, Madame Biya concluait : "vous le féliciterez car il s'exprime magnifiquement et nous adhérons à ce qu'il dit".
Cesare Battisti a été arrêté dimanche dernier au Brésil, à la demande
de l'Italie et d'après des indications de la police française. Sorte d'intellectuel gauchiste italien, Battisti fut membre des prolétaires armés pour le communisme, qui était, comme son nom
l'indique, tout sauf une réunion d'enfants de choeur. On le lit partout dans la presse, ce groupuscule sévissait en Italie pendant les "années de plomb", époque où le terrorisme se
déchaînait contre la démocratie chrétienne : l'URSS impressionnait et le PCI était puissant.
Il reste un peu moins de deux heures aux candidats pour déposer leurs parrainages au conseil constitutionnel. Fini de rire, les choses sérieuses vont commencer : disparition des candidats fantaisistes, suspense levé pour les candidats tangeants, lancement pour de vrai de la campagne pour les candidats retenus.
Commentaires