On aime à présenter Valérie Pécresse comme la Gogolène de droite - et il est à parier qu'elle y prend du plaisir, d'après la lecture de son blog. Le parallèle incessant des journalistes doit cependant lui monter à la tête, au point qu'elle semble se croire investie d'une mission quasi-divine. La lutte contre sa rivale devient une affaire personnelle et tourne au duel de poissonnières. A chaque bourde de Gogolène (Dieu sait qu'elle en commet), Pécresse répond, réplique, marque à la culotte, donne une leçon, crie et gesticule. La recherche du bon mot vachard (pourtant si facile devant la crucherie de Royal) est négligée au profit du volume sonore et de la célérité de la réponse. Ségolène ne sait pas ce qu'est un sous-marin nucléaire? Valérie Pécresse s'arrache les cheveux telle une Castafiore. Elle veut avoir le dernier mot.Le tout-Paris bien informé bruissait dès dimanche soir de la dernière péripétie interne au Front National : plus tôt dans la journée, la jeunesse militante lepéniste était en effet mise à l'écart par le fan-club alcoolo-progressiste de Marine Le Pen.
Cela se passait lors d'une galette des rois et le FNJ fut privé de fêve - donc de couronne. Mauvaise augure! Nous nous sommes laissés dire que la dernière élucubration de sa fille avait fort fâché Le Pen. Selon une tradition de gestion des conflits qui est propre à ces gens-là, cela pourrait donc saigner bientôt.
Oseront-ils s'autodétruire, dans la cruciale période de la chasse aux signatures? A suivre...
L'Esprit devait souffler sur la rencontre entre Royal et le chef du Parti Québecois (PQ). Le candidat socialiste, inspiré et conscient de faire face à l'Histoire, s'est rappelé le Québec libre et a tenté de mettre ses talons aiguilles dans les pas du Général. Cette jolie tentative est presque plaisante, et la mauvaise humeur du premier ministre canadien à la susceptibilité froissée est amusante.
Il est aussi drôle de voir les journalistes dénoncer la nullité de Gogolène en matière de politique étrangère : c'est devenu un lieu commun, alors qu'ils n'y comprennent parfois guère plus et qu'ils n'essaient même pas de comprendre. Ce qu'ils aiment c'est le conformisme et l'absence de vagues ; ils ne savent que dénoncer les petites phrases, les dérapages. De la même façon jadis les journalistes du Figaro, après Montréal, faisaient passer de Gaulle pour fou : il dérangeait.
La comparaison s'arrête toutefois là (nous sommes déjà bien bons de l'avoir poussée si loin). A vouloir mettre ses pas dans les pas de géant d'illustres prédecesseurs, Gogolène aux petites gambettes risque de déchirer son tailleur ou ses ligaments. Comme toujours - et là est l'incompréhensibilité, l'étrangitude voire l'indiscernabilité de sa politique, elle ne choisit pas. Elle dit blanc à Israël et noir aux Palestiniens, gris aux Chinois, et flatte André Boisclair le souverainiste québecois sans vouloir fâcher les canadiens. Elle trouve que "Vive le Québec libre" est une jolie phrase, mais elle "ne l'aurait pas dit ainsi". Comment l'aurait-elle dit, ça c'est un mystère! L'ensemble de ses déclarations sont des périphrases opaques. A force d'éviter les raccourcis percutants, Royal noie le poisson sous d'interminables rallongis.
En ménageant ainsi la chèvre et le chou, Royal jongle maladroitement avec les forces en présence et ne propose rien. Elle est le consensus mou, la tiédeur même. Comme l'âne de Buridan incapable de choisir, elle nous promet une mort lente et immobile.
Un magistrat argentin a trouvé la géniale idée de lancer un mandat d'arrêt international contre Isabel Peron, la troisième femme du vénéré Juan Peron. L'histoire ne dit pas s'il est péroniste ou pas, mais il a trouvé là une double occasion de faire parler de lui et de Peron. On reproche à Isabel Peron les meurtres par la triple A (l'Alliance Anticommuniste Argentine - qui n'a rien à voir avec le péronisme!) de leurs opposants : cela se passait avant la dictature militaire, lorsqu'Isabel Peron présidait.
Isabel Peron, pour les péronistes que nous sommes, n'était que la dernière épouse de Peron et ne put jamais rivaliser avec le charisme d'Evita. Sa présidence fut aussi courte qu'infructueuse, malgré toute la bonne volonté qu'elle mit à perpétuer l'oeuvre justicialiste. Après quelques mois à peine, elle fut sortie de la Casa Rosada aux cris de "Videz-la" et remplacée par un sinistre imbécile du même nom. C'est cette clique-là qu'il faudrait inquiéter! La triple A servit la Junte, pas Isabel Peron.
Quelle pitié de voir qu'au vingt-et-unième siècle les rares agités radicaux exploitent le maillon faible du péronisme pour se venger d'un passé qu'ils n'aiment pas mais qui ne passe pas dans le coeur des Argentins! Aussi nulle qu'elle fut, Isabel Peron incarne aujourd'hui toute l'épopée argentine d'après-guerre, toute la gloire justicialiste. Défendons bec et ongles Isabel Peron, dénonçons la dictature militaire fasciste qui l'expulsa de sa place légitime. Puisse l'Espagne, hôte d'Isabel Peron, ne pas céder à la démagogie de ces fallacieuses pressions mémorielles! Puisse l'histoire rétablir la vérité! Et cette vérité est simple, évidente : aujourd'hui comme hier, l'Argentine - toute l'Argentine - est péroniste.
Le premier ministre japonais est arrivé tout à l'heure à Paris et dîne ce soir à l'Elysée avec le fin connaisseur du Japon qu'est Jacques Chirac. Le RDN souhaite la bienvenue à cet ami d'aujourd'hui !

Un chef d'Etat arabe laïque et progressiste a été pendu haut et court. Il avait stabilisé l'Irak et tenté de libérer les koweïtiens d'une monarchie absolue oppressive : cela lui coûta cher.
On ne sait pas très bien si ses bourreaux sont des chiites ou des sunnites (ou des indépendantistes corses), mais la peine capitale, appliquée en présence de hauts dignitaires, avec hommes de main encagoulés et téléphones portables pour filmer la scène, a un air de grossière parodie de justice. Une vengence facile.
Saddam Hussein était un fou dangereux. Aujourd'hui pourtant, on le trouverait presque sympathique.
Toujours experts dans l'art de donner des leçons et de s'opposer à la toute puissance policière qui fait , comme chacun le sait, de la France un pays ou les droits des citoyens sont chaque jour un peu plus bafoués par les forces de l'ordre; nos amis de la Ligue communiste révolutionnaire viennent de frapper fort en rédigeant, en collaboration avec le RAIDH ( Réseau d'alerte et d'intervention pour les droits de l'Homme, à ne pas confondre avec le célèbre groupe d'intervention de la Police nationale) un manifeste de protestation contre le Taser.
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