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Jeudi 15 mars 2007

C'est aujourd'hui l'anniversaire de la mort de Jules César. Assassiné par Brutus aux ides de mars, en 44 avant Jésus Christ, César est en quelque sorte notre arrière grand-père spirituel. 

Les démocrates nationaux et lui ont de nombreux points communs : à la fois militaire et homme politique (comme Napoléon, de Gaulle et Juan Peron), il donna son nom au césarisme, pratique politique que nous avons du mal à trouver mauvaise et qui inspira justement les grands hommes cités au début de cette phrase. C'est ainsi que l'homme du peuple devint un des hommes d'Etat les plus célèbres du monde.

Nous pourrions aussi mentionner d'autres points communs, tels l'équitation, la santé fragile, les qualités de plume en latin ou encore un goût pour l'Orient et ses reines egyptiennes très prononcé. Pour toutes ses raisons, des plus profondes aux plus futiles, nous rendons aujourd'hui hommage à Jules César.

par Président publié dans : Nos amis d'hier
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Jeudi 15 mars 2007

A l'occasion des 60 ans de "Time Magazine", Jacques Chirac signait un portrait du Général de Gaulle. Au moment où l'on parle de l'identité nationale...

 
Le Général de Gaulle, c'est d'abord une certaine idée de la France.
 
C'est l'homme qui de Londres, le 18 juin 1940, appela les Français à refuser le honteux armistice avec l'Allemagne nazie. C'est l'homme qui dit non à la Collaboration. C'est l'homme qui sauva l'honneur de la France, qui permit en 1945 à notre pays, avec les États-Unis, avec les Alliés, de figurer dans le camp des vainqueurs. Car de Gaulle avait compris que cette guerre était une guerre mondiale, un choc frontal entre les démocraties et le totalitarisme nazi. Il avait compris que, tôt ou tard, l'entrée en guerre des États-Unis serait déterminante et ferait basculer la victoire dans le camp de la liberté.
 
Bien peu d'hommes ont su, aussi bien que lui, incarner les valeurs éternelles de la France : c'est pour cela qu'une grande majorité de Français, aujourd'hui encore, voit en lui un symbole et un exemple.
 
Mais de Gaulle, c'était aussi un bâtisseur. A la Libération, il rétablit la République, assura la concorde civile, remit en marche l'industrie et les forces vives du pays. Il fit entrer la France dans la modernité en accordant enfin le droit de vote aux femmes. Il donna une nouvelle vigueur à notre idéal de solidarité en mettant en place la Sécurité sociale qui fait partie de notre identité. Il aurait voulu refonder sur de nouvelles bases nos institutions : la classe politique d'alors n'y était pas prête. Et puis, bien peu d'hommes ont eu deux fois rendez-vous avec l'histoire : c'est cela aussi qui fait du Général un personnage hors du commun. En 1958, après douze ans de désordre institutionnel, dans les convulsions de la guerre d'Algérie, c'est lui qui sauva à nouveau la République. Il mit fin à la guerre et mena à bien la décolonisation en créant un lien nouveau, qui dure encore, avec les pays de l'ancien Empire. Il donna au pays sa Constitution actuelle, à la fois stable et souple, qui fonde la légitimité du Président de la République sur le suffrage universel. Il créa les conditions de l'industrialisation des années 1960, qui fit à nouveau de notre pays une grande nation économique.
 
Enfin, de Gaulle rendit à la France son rang dans le monde. D'abord en dotant notre pays d'une force de dissuasion qui garde toute son actualité, et sans laquelle l'indépendance de notre pays ne serait qu'un mot. Et puis, lui qui l'avait tant combattue, il choisit la réconciliation avec l'Allemagne et jeta les bases de la construction européenne. Il créa les conditions d'une nouvelle politique internationale pour la France et fit entendre sa voix dans le monde, par les valeurs universelles qu'elle porte, les solidarités qu'elle cultive sur les cinq continents.
 
C'est, je crois, dans la fidélité à cette conception du rôle de la France que j'ai construit la réponse de notre pays à la mondialisation : la recherche d'une gouvernance mondiale qui soit fondée sur des valeurs et non pas sur les seuls intérêts économiques ; l'importance des peuples, indépendants et souverains, qui doivent être respectés ; le refus de l'usage unilatéral de la force dans un monde qui doit être régi par le droit et la solidarité ; la diversité conçue comme une richesse ; le refus du choc des civilisations et la nécessité du dialogue des cultures.
 
Voilà pourquoi, dans les turbulences contemporaines, la vision, l'ambition et le message du Général de Gaulle restent, à mes yeux, une fierté pour la France et une irremplaçable inspiration. 
par Jacques Chirac publié dans : Lectures saines
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Mercredi 14 mars 2007

Edouard Fillias et son groupuscule libéral jeuniste jettent l'éponge. Leur vaste blague se finit au placard, faute pour Alternative Libérale d'avoir su pipoter suffisamment de maires. Tirer sur les ambulances ne se fait pas : ils ont manifestement annoncé des chiffres "gonflés" - toutes les techniques marketing sont bonnes pour paraître crédible, mais là n'est plus la question. Simplement, la plaisanterie se finit en eau de boudin, par un appel dérisoire à voter Bayrou et une dénonciation de la "double oligarchie politique et syndicale" dans le plus pur style de leur nouvel idole. On notera d'ailleurs que contrairement au Bayrou d'il y a peu, ils n'associent pas une dénonciation des médias, et pour cause : la scandaleuse complicité des journalistes qui fit leur éphémère célébrité - à RMC mais aussi ailleurs - les aura amusés. Les journalistes eux-aussi se sont amusés à nous sortir Fillias, leur jeune politicard si caricatural dans sa gestuelle et ses airs pontifiants : de l'instrumentalisation réciproque en quelque sorte.

Exit donc Fillias, météorite distrayante de la période préélectorale. Exit aussi le libéralisme burlesque. Les jeunes d'AL finiront en club de réflexion de la nouvelle UDF et nous n'en entendrons plus parler. Bon débarras!

par Peronito publié dans : Journal de campagne
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Mardi 13 mars 2007

Le dernier sondage du JDD fait jaser. Il donne Gogolène et Bayrou à égalité à 23%, derrière Sarkozy à 28%. Pour le PS c'est le drame, la hantise de rééditer l'exploit de 2002 de ne pas figurer au deuxième tour. Si Bayrou passait devant Royal, l'argument du vote utile s'inverserait même, et jouerait au détriment du PS! Nous ne sommes pas loin de l'arroseur arrosé.

Un autre sondage juge aussi Gogolène "moins compétente" que les autres candidats. Sans considérer le fait qu'elle est sûrement la moins travailleuse des prétendants, qu'elle maîtrise moins bien ses dossiers, Ségolène y voit deux explications. D'une part le fait d'être une femme, dit-elle, y est pour quelque chose. Pauvre Ségo brimée dans un univers cruellement machiste! ils sont tous méchants avec elles. En bonne socialiste, ce n'est pas de sa faute, elle est victime d'un système qui méprise les femmes.

D'autre part les autres coupables sont les éléphants du PS, qui ne l'ont pas tout de suite soutenue. Leurs tergiversavtions auraient, selon la candidate, semé le doute sur ses capacités. Les éléphants en questions doivent apprécier cette pique.

La vérité est que Gogolène a d'abord joué cavalier seul. Incarner la frêle petite dame qui parle neuf et qui est lâchée par les vieux chnoques du parti est tellement plus valorisant! Qu'il devait être doux de se prendre pour une Liberté guidant le peuple au nez et à la barbe de la vieille garde! Mais voilà, de boulette en ratage, l'appel aux éléphants devint inévitable. Gogolène n'assume qu'à moitié, puisqu'à cause d'eux elle n'est plus la combattante solitaire mais le représentant très classique d'un parti historique. Les éléphants, eux, doivent se délecter de l'originalité perdue de leur candidate.

Le Figaro raconte une anecdote révélatrice : lorsque Strauss-Kahn lui remet son rapport sur la fiscalité, il interroge Ségolène sur le message principal à délivrer à la presse. Réponse de la femme incomprise : "l'essentiel, c'est de dire du bien de la candidate".

Les éléphants ont accepté sans être dupes de tenir la main de leur candidate jusqu'à l'inéluctable échec. Attendant leur heure, ils supportent stoïquement les mauvais tours de Gogolène sans rien dire. C'est le pire cadeau qu'ils pouvaient lui faire! Ils se tairont jusqu'à l'élection et, à l'heure des comptes, il enterreront sans ménagement leur passionaria de pacotille... au cimetière des éléphants.

par Peronito publié dans : Journal de campagne
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Lundi 12 mars 2007

Le Président Chirac l'a annoncé avec moult trémolos dans la voix : il nous aime. Il aime la France, il nous aime nous - et, plus fou encore, il vous aime vous, chers lecteurs. Il nous aime mais il nous quitte. Nous savons bien au RDN, amoureux de la chanson française que nous sommes, que l'on ne vit pas sans se dire adieu. Mais dans quel champ de ruines nous retrouvons-nous! Faudra-t-il se consoler avec Nicolas, Gogolène, le Françoué ou Jean-Marie? C'est un peu rude. La fin d'une époque, la page qui se tourne, etc. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Légalistes, il nous reste moins de deux mois pour nous défouler et nous lamenter de la misère idéologique de la jeune génération de politiques - qu'il va pourtant falloir supporter quelques années avant l'avènement d'une véritable démocratie nationale. Après la victoire de Sarkozy (dont l'élection ne fait guère de doute, si ce n'est chez quelques uluberlus fantaisistes), nous ferons donc des efforts pour faire preuve de sarko-enthousiasme. D'ici là, Monsieur Chirac, s'il vous plaît, ne me quitte pas!

par Peronito publié dans : France
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Samedi 24 février 2007

Nambaryn Enkhbayar est arrivé à Paris mercredi dernier - le 21 février. Au cours de cette visite d'Etat de cinq jours, le président mongol a déjeuné jeudi à l'Elysée. Il était accompagné du champion du monde de sumo, Dolgorsuren Dagvadorj (aucun rapport avec le père de Luke Skywalker).

Le président Chirac a évoqué le sentiment ancien d'amitié et d'admiration envers la Mongolie, son histoire et sa civilisation. Il s'est réjouit en outre de l'étroite coopération archéologique entre les deux pays.

Le Président du RDN, dont la réflexion politique fut jadis nourrie par les cavalcades dans la steppe mongole (qui est quand même autre chose que le far west holywoodien), se félicite d'une meilleure connaissance réciproque entre Français et Mongols et de l'encouragement aux échanges commerciaux que représente cette visite. En effet nous avons à apprendre des mongols! Nous profitons d'ailleurs de l'occasion pour appeler de nos voeux l'importation massive de yourtes. C'est une solution originale, économique et encadrée - en un mot : mongole - à la question des Don Quichotte du canal Saint Martin...

par Président publié dans : Le monde est beau communauté : Démocratie Nationale
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Vendredi 23 février 2007

Notre époque ne produit pas que des terreurs innommables, prises d’otages à la chaîne, réchauffement de la planète, massacres de masse, enlèvements, épidémies inconnues, attentats géants, femmes battues, opérations suicide. Elle a aussi inventé le sourire de Ségolène Royal. C’est un spectacle de science-fiction que de le voir flotter en triomphe, les soirs électoraux, chaque fois que la gauche, par la grâce des bien-votants, se trouve rétablie dans sa légitimité transcendantale. On en reste longtemps halluciné, comme Alice devant le sourire en lévitation du Chat de Chester quand le Chat lui-même s’est volatilisé et que seul son sourire demeure suspendu entre les branches d’un arbre.

On tourne autour, on cherche derrière, il n’y a plus personne, il n’y a jamais eu personne. Il n’y a que ce sourire qui boit du petit-lait, très au-dessus des affaires du temps, indivisé en lui-même, autosuffisant, autosatisfait, imprononçable comme Dieu, mais vers qui tous se pressent et se presseront de plus en plus comme vers la fin suprême.

C’est un sourire qui descend du socialisme à la façon dont l’homme descend du cœlacanthe, mais qui monte aussi dans une spirale de mystère vers un état inconnu de l’avenir où il nous attend pour nous consoler de ne plus ressembler à rien.

C’est un sourire tutélaire et symbiotique. Un sourire en forme de giron. C’est le sourire de toutes les mères et la Mère de tous les sourires.

Quiconque y a été sensible une seule fois ne sera plus jamais pareil à lui-même.

Comment dresser le portrait d’un sourire ? Comment tirer le portrait d’un sourire, surtout quand il vous flanque une peur bleue ? Comment faire le portrait d’un sourire qui vous fait mal partout chaque fois que vous l’entrevoyez, mal aux gencives, mal aux cheveux, aux dents et aux doigts de pieds, en tout cas aux miens ?

Comment parler d’un sourire de bois que je n’aimerais pas rencontrer au coin d’un bois par une nuit sans lune ?

Comment chanter ce sourire seul, sans les maxillaires qui devraient aller avec, ni les yeux qui plissent, ni les joues ni rien, ce sourire à part et souverain, aussi sourd qu’aveugle mais à haut potentiel présidentiel et qui dispose d’un socle électoral particulièrement solide comme cela n’a pas échappé aux commentateurs qui ne laissent jamais rien échapper de ce qu’ils croient être capables de commenter ?

C’est un sourire qui a déjà écrasé bien des ennemis du genre humain sous son talon de fer (le talon de fer d’un sourire ? la métaphore est éprouvante, j’en conviens, mais la chose ne l’est pas moins) : le bizutage par exemple, et le racket à l’école. Ainsi que l’utilisation marchande et dégradante du corps féminin dans la publicité.

Il a libéré le Poitou-Charentes en l’arrachant aux mains des Barbares. Il a lutté contre la pornographie à la télé ou contre le string au lycée. Et pour la cause des femmes. En reprenant cette question par le petit bout du biberon, ce qui était d’ailleurs la seule manière rationnelle de la reprendre ; et de la conclure par son commencement qui est aussi sa fin.

On lui doit également la défense de l’appellation d’origine du chabichou et du label des vaches parthenaises. Ainsi que la loi sur l’autorité parentale, le livret de paternité et le congé du même nom. Sans oublier la réforme de l’accouchement sous X, la défense des services publics de proximité et des écoles rurales, la mise en place d’un numéro SOS Violences et la promotion de structures-passerelles entre crèche et maternelle.

C’est un sourire près de chez vous, un sourire qui n’hésite pas à descendre dans la rue et à se mêler aux gens. Vous pouvez aussi bien le retrouver, un jour ou l’autre, dans la cour de votre immeuble, en train de traquer de son rayon bleu des encoignures suspectes de vie quotidienne et de balayer des résidus de stéréotypes sexistes, de poncifs machistes ou de clichés anti-féministes. C’est un sourire qui parle tout seul. En tendant l’oreille, vous percevez la rumeur sourde qui en émane et répète sans se lasser : « Formation, éducation, culture, aménagement du territoire, émancipation, protection, développement durable, agriculture, forums participatifs, maternité, imaginer Poitou-Charentes autrement, imaginer la France autrement, imaginer autrement autrement. »

Apprenez cela par cœur, je vous en prie, vous gagnerez du temps.

Je souris partout est le slogan caché de ce sourire et aussi son programme de gouvernement. C’est un sourire de nettoyage et d’épuration. Il se dévoue pour en terminer avec le Jugement Terminal. Il prend tout sur lui, christiquement ou plutôt ségolènement. C’est le Dalaï Mama du III e millénaire. L’Axe du Bien lui passe par le travers des commissures. Le bien ordinaire comme le Souverain Bien. C’est un sourire de lessivage et de rinçage. Et de rédemption. Ce n’est pas le sourire du Bien, c’est le sourire de l’abolition de la dualité tuante et humaine entre Bien et Mal, de laquelle sont issus tous nos malheurs, tous nos bonheurs, tous nos événements, toutes nos vicissitudes et toutes nos inventions, c’est-à-dire toute l’Histoire. C’est le sourire que l’époque attendait, et qui dépasse haut la dent l’opposition de la droite et de la gauche, aussi bien que les hauts et les bas de l’ancienne politique.

Un sourire a-t-il d’ailleurs un haut et un bas ? Ce ne serait pas démocratique. Pas davantage que la hiérarchie du paradis et de l’enfer. C’est un sourire qui en finit avec ces vieilles divisions et qui vous aidera à en finir aussi. De futiles observateurs lui prédisent les ors de l’Élysée ou au moins les dorures de Matignon alors que l’affaire se situe bien au-delà encore, dans un avenir où le problème du chaos du monde sera réglé par la mise en crèche de tout le monde, et les anciens déchirements de la société emballés dans des kilomètres de layette inusable.

Quant à la part maudite, elle aura le droit de s’exprimer, bien sûr, mais seulement aux heures de récréation. Car c’est un sourire qui sait, même s’il ne le sait pas, que l’humanité est parvenue à un stade si grave, si terrible de son évolution qu’on ne peut plus rien faire pour elle sinon la renvoyer globalement et définitivement à la maternelle.

C’est un sourire de salut public, comme il y a des gouvernements du même nom.

C’est évidemment le contraire d’un rire. Ce sourire-là n’a jamais ri et ne rira jamais, il n’est pas là pour ça. Ce n’est pas le sourire de la joie, c’est celui qui se lève après la fin du deuil de tout.

Les thanatopracteurs l’imitent très bien quand ils font la toilette d’un cher disparu.

par Philippe Muray publié dans : Lectures saines
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Mercredi 21 février 2007

Discours de Benoît XVI à la délégation de l'Académie des sciences morales et politiques (11 février 2007)

 

Monsieur le Secrétaire perpétuel,
Monsieur le Cardinal,
Chers Amis Académiciens, Mesdames et Messieurs,

C’est avec plaisir que je vous accueille aujourd’hui, vous les membres de l’Académie des Sciences morales et politiques. En premier lieu, je remercie Monsieur Michel Albert, Secrétaire perpétuel, des paroles par lesquelles il s’est fait l’interprète de votre délégation, ainsi que pour la médaille évoquant mon entrée comme membre associé étranger de votre noble Institution.

L’Académie des Sciences morales et politiques est un lieu d’échanges et de débats, proposant à l’ensemble des citoyens et au législateur des réflexions pour aider à « trouver les formes d’organisations politiques les plus favorables au bien public et à l’épanouissement de l’individu ». En effet, la réflexion et l’action des Autorités et des citoyens doivent être centrées autour de deux éléments : le respect de tout être humain et la recherche du bien commun. Dans le monde actuel, il est plus que jamais urgent d’inviter nos contemporains à une attention renouvelée à ces deux éléments. En effet, le développement du subjectivisme, qui fait que chacun a tendance à se prendre comme seule référence et à considérer que ce qu’il pense a le caractère de la vérité, nous incite à former les consciences sur les valeurs fondamentales, qui ne peuvent être bafouées sans mettre en danger l’homme et la société elle-même, et sur les critères objectifs d’une décision, qui supposent un acte de raison.

Comme je l’avais souligné lors de ma conférence sur la nouvelle Alliance, donnée devant votre Académie en 1995, la personne humaine est « un être constitutivement en relation », appelé à se sentir chaque jour davantage responsable de ses frères et sœurs en humanité. La question posée par Dieu, dès le premier texte de l’Écriture, doit sans cesse résonner dans le cœur de chacun : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » Le sens de la fraternité et de la solidarité, et le sens du bien commun reposent sur une vigilance par rapport à ses frères et par rapport à l’organisation de la société, donnant une place à chacun, afin qu’il puisse vivre dans la dignité, avoir un toit et le nécessaire pour son existence et pour celle de la famille dont il a la charge. C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre la motion que vous avez votée, au mois d’octobre dernier, concernant les droits de l’homme et la liberté d’expression, qui fait partie des droits fondamentaux, ayant toujours à cœur de ne pas bafouer la dignité fondamentale des personnes et des groupes humains, et de respecter leurs croyances religieuses.

Qu’il me soit permis d’évoquer aussi devant vous la figure d’Andreï Dimitrijevitch Sakharov, auquel j’ai succédé à l’Académie. Cette haute personnalité nous rappelle qu’il est nécessaire, dans la vie personnelle comme dans la vie publique, d’avoir le courage de dire la vérité et de la suivre, d’être libre par rapport au monde ambiant qui a souvent tendance à imposer ses façons de voir et les comportements à adopter. La véritable liberté consiste à marcher dans la voie de la vérité, selon sa vocation propre, sachant que chacun aura à rendre compte de sa vie à son Créateur et Sauveur. Il importe que nous sachions proposer aux jeunes un tel chemin, leur rappelant que le véritable épanouissement n’est pas à n’importe quel prix et les invitant à ne pas se contenter de suivre toutes les modes qui se présentent. Ainsi, ils sauront avec courage et ténacité discerner le chemin de la liberté et du bonheur, qui suppose de vivre un certain nombre d’exigences et de réaliser les efforts, les sacrifices et les renoncements nécessaires pour agir bien.

Un des défis pour nos contemporains, et particulièrement pour la jeunesse, consiste à accepter de ne pas vivre simplement dans l’extériorité, dans le paraître, mais à développer la vie intérieure, lieu unificateur de l’être et de l’agir, lieu de la reconnaissance de notre dignité d’enfants de Dieu appelés à la liberté, non pas en se séparant de la source de la vie, mais en y demeurant relié. Ce qui réjouit le cœur de l’homme, c’est de se reconnaître fils et filles de Dieu, c’est une vie belle et bonne sous le regard de Dieu, ainsi que les victoires réalisées sur le mal et contre le mensonge. En permettant à chacun de découvrir que sa vie a un sens et qu’il en est responsable, nous ouvrons la voie à une maturation des personnes et à une humanité réconciliée, soucieuse du bien commun.

Le savant russe Sakharov en est un exemple ; alors que, sous la période communiste, sa liberté extérieure était entravée, sa liberté intérieure, que nul ne pouvait lui enlever, l’autorisait à prendre la parole pour défendre avec fermeté ses compatriotes, au nom même du bien commun. Aujourd’hui encore, il importe que l’homme ne se laisse pas entraver par des chaînes extérieures, telles que le relativisme, la recherche du pouvoir et du profit à tout prix, la drogue, des relations affectives désordonnées, la confusion au niveau du mariage, la non-reconnaissance de l’être humain dans toutes les étapes de son existence, de sa conception à sa fin naturelle, laissant penser qu’il y a des périodes où l’être humain n’existerait pas vraiment. Nous devons avoir le courage de rappeler à nos contemporains ce qu’est l’homme et ce qu’est l’humanité. J’invite les Autorités civiles et les personnes qui ont une fonction dans la transmission des valeurs à avoir toujours ce courage de la vérité sur l’homme.

Au terme de notre rencontre, permettez-moi de souhaiter que, par ses travaux, l’Académie des Sciences morales et politiques, avec d’autres institutions, puisse toujours aider les hommes à construire une vie meilleure et à édifier une société où il est bon de vivre en frères. Ce souhait s’accompagne de la prière que je fais monter vers le Seigneur pour vous-mêmes, pour vos familles et pour tous les membres de l’Académie des Sciences morales et politiques.

par Benoît XVI publié dans : Lectures saines
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Samedi 3 février 2007

Pour Ségolène c'est la chute, la dégringolitude dans les sondages qui la créditent de moins de 30% des intentions de vote. Le PS s'inquiète. Ceux qui considèrent que les bourdes de Gogolène détruisent irrémédiablement sa présidentiabilité sont perplexes et ils le disent. Même s'il est bien trop tard pour faire machine arrière, le débat fait rage chez les socialistes. Un blog pour le changement de candidature est même apparu (à vrai dire le blog en question sent très fort l'intox)! D'aucuns se prennent en tout cas à rêver et échafaudent des scénarios de secours. BHL, dont les capacités d'anticipation ne sont plus à démontrer, est de ceux-là  :

"C'est une candidate tellement atypique que tout peut arriver. Un redressement spectaculaire [...] ou bien une extinction soudaine des lumières autour d'elle et en elle qui la ferait plonger [...]. Certains au PS [...] imaginent [...] une sorte d'appel de grands élus exhortant la candidate à se sacrifier sur l'autel extraordinaire qui désignerait... François Hollande! Peut-être..."

BHL le sage n'en est plus au questionnement philosophique : il a des sueurs froides. Car Ségolène Royal c'est le mouvement brownien, imprévisible et incontrôlable. Dans un élan prophétique, le RDN avait imaginé il y a quelques mois l'explosion en vol de Gogolène. Désormais, pour relancer la candidate il ne reste que les conclusions des débats participatifs - vaste programme. On les annonce comme les tables de la loi! Nous sommes très impatients d'être le 11 février afin de connaître la teneur du programme, qui rappelera peut-être moins la loi mozaïque que le veau d'or...

par Peronito publié dans : Journal de campagne
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Jeudi 1 février 2007

François Bayrou a donc été intronisé "troisième homme" de la campagne. Les médias lui ont unanimement décerné ce rôle curieux et ingrat, mais désormais classique et sa frimousse fleurit depuis quelques jours sur tous les titres de presse.

Un peu comme les valets chez Molière, le troisième homme d'une campagne présidentielle n'est pas du tout celui qui pourrait bouleverser l'équilibre entre les deux principaux candidats - car de la vraie menace on ne parle pas trop. Electoralement, le troisième homme est en fait la cinquième roue du carrosse.

En revanche, le troisième homme comble un vide ; son utilité est d'ordre dramatique. En effet la campagne, d'ailleurs généralement assez inintéressante, est vraiment au creux de la vague ; les petites phrases font florès et le public s'ennuie de cette stagnation. Il faut le distraire ! Le troisième homme sort donc du chapeau et répond au besoin des journalistes de créer l'événement. Cela a dû commencer lundi dernier, sur la base d'un sondage largement surinterprété. Tous les journaux, avaient un vide à combler : ils s'en sont alors donné à coeur joie.

Bayrou dénonçait les candidats officiels et le favoritisme des médias, sans pour autant sentir le souffre lepéniste. N'était-il pas alors idéalement placé pour cette place de "troisième homme"? Cruel destin que de finir joujou des médias après avoir tant dénoncé leur pouvoir d'influence. Gageons qu'il n'y verra cette fois pas d'inconvénient tant qu'il est à l'honneur!

Héros le temps d'une scène, il devrait pourtant vite être à nouveau éclipsé par la rivalité des deux grands. Centriste qu'il est, fera un score de centriste - c'est à dire, petit.

par Peronito publié dans : Journal de campagne
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