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Jeudi 3 mai 2007

Dalida nous a quittés il y a tout juste 20 ans. Bien plus que ses frasques avec un socialiste célèbre dont j'oublie le nom, bien plus que son frère atypique, Dalida lègue à l'histoire de l'univers deux leçons extraordinaires : sa musique d'abord, faite d'un indémodable disco à boîte à rythme, de chorégraphies léchées et de tenues éblouissantes. Les méditations sur la vie que sont les textes de ses chansons, tour à tour enjouées, émues, pleines d'espoir ou de nostalgie, sont une mine inépuisable pour les démocrates nationaux toujours en quête de vérité sur la nature humaine. Derrière l'artiste, et c'est là le second enseignement, se cache le penseur : car sous des airs socialistes, Dalida fut pompidolienne jusqu'à la fin : subtile, visionnaire, moderne. Jusqu'à la fin, jusqu'à réclamer, comme le cher président, de mourir sur scène. Avec deux septennats et un cancer, Mitterrand, une fois encore, n'égala ni son devancier ni sa muse.

Comme Dalida, comme Pompidou, le RDN, s'il doit mourir, mourra sur scène. D'ici là, il ne se taira pas!

par Président publié dans : Culture
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Jeudi 3 mai 2007

Pourquoi j’irai voter Nicolas Sarkozy dimanche.
A tous les catholiques tentés par l’exil intérieur et l’abstention au second tour de la présidentielle.

Voter catho, est-ce bien voter ? Puisqu’apparemment la question semble se poser en ces termes pour un certain nombre d’électeurs à la veille du second tour, je pense qu’elle vaut d’être étudiée : voter catho, est-ce donc bien voter ? Et dès lors, le débat se corse : voter catho, est-ce voter en fonction des consignes de Mgr Brincard rappelant l’exigence du respect de la vie humaine, ou en fonction de celles de la conférence des évêques de France appelant à ouvrir nos frontières en vertu du devoir d’accueil des pays riches à la misère du monde ? Ou encore est-ce voter Christine Boutin lorsqu’elle se présente avec un programme « tout catho » et une lecture, pense-t-elle, très pertinente de la doctrine sociale de l’Eglise ? Ou est-ce voter François Bayrou qui n’affirme sa catholicité que pour mieux la renier ensuite, au motif que ses choix de vie personnelle ne doivent avoir aucune incidence sur son comportement politique ? Quatre façons de « voter catho » qui ne se ressemblent guère – on élargit déjà le spectre. Allons plus loin franchissons l’Atlantique : faudrait-il voter GW Bush au prétexte de ses convictions pro-life ? Est-il plus catholique de lutter en vue d’une hypothétique révision de la législation applicable à l’IVG ou de se retenir de se laisser aller à ses peurs primaires pour éviter de mettre le monde à feu et à sang et de priver un peuple entier de son droit à vivre, LUI AUSSI ? Le tout avec une manipulation éhontée de l’opinion qui en langage catholique s’apparente assez directement à la notion de mensonge. Si j’avais été Américain, et plus encore Américain catholique, j’aurais voté démocrate. De manière absolument certaine. Ce n’est pas parce qu’on est pro-life qu’on est catholique (il y a toute sorte d’autres arguments recevables sur cette question, d’ordre nataliste ou économique par exemple) et ce n’est pas parce qu’on est catholique qu’on est un bon chef d’Etat. Le contraire se saurait, malheureusement.

A mon sens, le moment est donc venu d’abandonner une grille de lecture partisane IVG/euthanasie/homosexualité/bioéthique, qui ne suffit ni à analyser un discours politique, ni à prendre les décisions qui s’ensuivent. Le politique ne se réduit pas à une question de mœurs – qui relèvent pour une bonne part d’entre elles du comportement privé dans un régime démocratique comme le nôtre – et la responsabilité électorale du catholique ne saurait être éludée avec un tel raccourci – à moins de tenir absolument à passer pour des défenseurs de bébés phoques auprès du peuple irakien. Alors, c’est vrai, Nicolas Sarkozy n’abrogera pas la loi Veil. Ni Ségolène Royal, ni personne d’autre. Même GW Bush n’a rien pu y faire. Tout simplement parce que dans notre société cette question ne fait plus aujourd’hui débat. Ce qui fait débat pour les années à venir, c’est la question homosexuelle. Comme tous les autres, notre pays prendra la voie d’une législation en faveur des homosexuels. Droite ou gauche, la pression est trop forte. Seulement, là où l’un viendra par nécessité et avec prudence, l’autre courra avec allégresse, trop heureuse de venger son enfance opprimée. Même sur ces questions dites de société, il y a donc une différence.

Mais n’en déplaise à certains, la doctrine économique n’est pas un luxe non plus. Pour la simple et bonne raison qu’elle conditionne la doctrine sociale : il n’y a pas de solidarité sans un minimum de création de richesses. Certes, la solidarité peut paraître de gauche ; elle est chrétienne en tout cas, c’est celle du partage. L’embryon n’est pas le seul être faible à protéger ! Les personnes âgées, les personnes handicapées, les femmes enceintes, les enfants en âge d’être nourris et scolarisés, tous ceux-là ont besoin de protection et une société s’honore à leur manifester sa solidarité. Simplement, qui n’a rien, n’a rien à partager. La dette a pris une telle ampleur dans notre pays qu’elle réduit non seulement toutes les marges de la politique économique, mais met aussi en cause l’avenir des prestations sociales. Et la première d’entre elles, c’est la retraite. François Bayrou et Ségolène Royal ont raison de dire qu’il faut augmenter les retraites, il est honteux pour nous de savoir que des personnes âgées ne font qu’un repas par jour en France faute de moyens. C’est vrai, on ne vit pas avec 650 euros par mois. Seulement, aujourd’hui, on n’a pas les moyens d’augmenter les retraites, et si l’on continue sur cette pente, ça ne risque pas de s’arranger. Pour garantir un système de retraite, il faut créer de la richesse, et pour créer de la richesse, il faut une croissance beaucoup plus forte que celle que nous connaissons. S’ils veulent une retraite un jour, les moins de 40 ans doivent voter Nicolas Sarkozy. Ceux qui veulent que leur mère ou la mère de leurs enfants qui auront consacré tout ou partie de leur vie active à leur éducation, touche une partie décente de la retraite de leur mari s’il vient à décéder doivent aussi voter Nicolas Sarkozy : car dans un système sous forte tension financière comme le nôtre, les pensions de réversion continueront de se réduire comme une peau de chagrin, et rien ne garantit que la reconnaissance des enfants, pour être éternelle, soit également financière – à supposer que les mêmes enfants en aient seulement les moyens.

C’est la même croissance qui autorise l’entretien d’une armée française de haut niveau. Qui veut une France forte, veut une armée équipée, et convenablement. Inutile de revenir sur la doctrine socialiste en matière de dépenses militaires ; elle est tristement connue. Si la France veut continuer de jouer un rôle sur la scène internationale, il lui faut une armée digne de ce nom. Sinon, comment prétendre faire entendre une voix divergente sur les croisades du très catholique George Bush ? Comment intervenir dans des régions du monde où les populations massacrées et déplacées émettent un cri silencieux que le Pape Benoît XVI (tiens, tiens…) est bien seul à relayer, comme c’est le cas actuellement au Darfour ?

Croissance et solidarité nationale, défense et politique étrangère, il nous reste à parler d’éducation et de sécurité pour montrer comment le discours lénifiant de la « toute-mère » Ségolène Royal ne résoudra en rien la crise d’autorité qui sévit dans notre pays et qui pousse les jeunes des quartiers dans les bras de la violence urbaine ou de l’islamisme radical. Si dénoncer mai 68 et ses inepties éducatives reste un tabou pour la gauche française, la droite ne veut pas d’un système où les mères livrées à elles-mêmes se trouvent menacées, molestées, par leurs propres enfants, grands gaillards privés de père pour leur apprendre le respect. Elle ne veut pas non plus d’un système où la sécurité des personnes n’est plus garantie, parce que les forces de l’ordre sont décriées et remplacées par des éducateurs-joueurs de foot bien démunis pour faire respecter la loi face à des gangs armés. C’est cela aussi le respect du plus faible !

Alors, si la laïcité aujourd’hui, c’est empêcher une minorité islamiste activiste de monopoliser le débat, réjouissons-nous de ne pas entendre de voix spécifiquement religieuse dans ce second tour de l’élection présidentielle. Plutôt qu’un repli communautariste, choisissons entre les deux projets de société qui nous sont proposés et exerçons notre responsabilité de chrétien avec clairvoyance, c’est-à-dire en ayant bien présentes à l’esprit toutes les données du débat. Et si oui, Nicolas Sarkozy a fait preuve de deux vertus bien chrétiennes, l’honnêteté de dire les choses telles qu’elles sont, et, pour ce faire, le courage de rompre avec les pratiques de ses prédécesseurs, reconnaissons lui aussi le talent et la carrure d’un chef d’Etat. S’il fallait voter pour un candidat idéal, chacun ne voterait guère que pour lui-même. Exercer sa citoyenneté, cela peut être, pour certains, faire le choix du moindre mal, celui du compromis. Si ce n’est pas le vôtre, il vous restera à prier dimanche pour que les jeunes de banlieue ou les activistes soixante-huitards de tout poil fassent au moins la même et grave erreur stratégique que vous. En ce qui me concerne, je voterai, et j’appelle à voter, Nicolas Sarkozy dimanche !

par Oum Khalsoum publié dans : Société communauté : Vu de droite
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Dimanche 29 avril 2007

La Mongolie, sa densité de 1,7 hab/km2, ses yourtes et sa capitale, Oulan Bator… Cette destination pour « grand voyageur » est aussi le pays de résidence de 71 de nos compatriotes. Alors, pour qui vote-t-on au premier tour lorsqu’on vit à Oulan Bator (ville même pas reconnue par le dictionnaire Microsoft Word) ?

Et bien sûrement pas comme les Français de la métropole. Normal, pensez-vous, les Français à l’étranger votent relativement plus à droite que les Français de métropole. Détrompez-vous il n’en est rien, car au bureau de vote BV01 Oulan Bator, c’est Ségo qui emporte largement la mise.

Voici donc les résultats :
Nombre d’inscrits : 45
Nombre de votants : 40

Résultats du vote :
1. M. Olivier BESANCENOT : 0
2. Mme Marie George BUFFET : 0
3. M. Gérard SCHIVARDI : 0
4. M. François BAYROU : 8
5. M. José BOVE : 1
6. Mme Dominique VOYNET : 0
7. M. Philippe DE VILLIERS : 4
8. Mme Ségolène ROYAL : 18
9. M. Frédéric NIHOUS : 0
10. M. Jean-Marie LE PEN : 0
11. Mme Arlette LAGUILLER : 0
12. M. Nicolas SARKOZY : 9

En fait, la population des expatriés en Mongolie est assez particulière. Elle est majoritairement formée de fonctionnaires de l’ambassade (si, si vous avez bien lu il y a une ambassade à Oulan Bator), de chercheurs du CNRS et d’humanitaires ce qui explique peut-être les presque 50% de Royal.

Par contre, on ne sait pas bien d’où sortent les 10% de Villiers, mais je parierais pour le consul, sa femme, l’attaché de défense du consulat et le responsable local de l’ Alliance Française…

par Cassandre publié dans : Le monde est fou
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Mercredi 25 avril 2007

Quatre leçons intéressantes se dégagent de ce scrutin : le très fort taux de participation ; le score global de la droite, et plus particulièrement celui de Nicolas Sarkozy ; la contre performance réalisée par le FN et enfin le score de l’extrême gauche, auxquelles nous ajouterons une petite réflexion sur le « vote catholique ».

Le très fort taux de participation s’explique vraisemblablement moins par le « spectre du 21 avril » que par une croyance renouvelée en la politique, elle-même due à un changement de générations (même si Sarko et Ségo ne sont pas exactement des perdreaux de l’année…) qui a permis de retrouver un vrai clivage droite-gauche, mobilisateur.

Les résultats bloc à bloc (45% - 36%, plus les 19% de Bayrou, moins aisément classables) illustrent la prégnance dans l’opinion des thèmes et options de droite, tout au moins en matière d’identité nationale, d’immigration ou de sécurité, l’incapacité de la gauche à imposer ses thématiques le démontrant en creux. Le brillant résultat de Nicolas Sarkozy valide son pari de redonner à l’UMP une thématique droitière clairement assumée, en lieu et place de l’éternelle quête centriste et sociale poursuivie des années durant, avec le succès que l’on sait, par Jacques Chirac

Cependant l’importance de cette participation et de son résultat font peser une lourde responsabilité sur le candidat qui sera élu. Sarkozy, si c’est lui, devra gouverner et réussir sur ces mêmes thématiques. Les nécessaires concessions qui seront faites dans l’entre-deux tours pour élargir son assise et gagner les voix centristes ne devront pas lui faire perdre cette perspective de vue. Bien conduite, elle assècherait définitivement le FN et ancrerait une droite affermie. Mais s’il devait retomber dans les vieux travers de la droite de ces dernières années, la ferveur constatée en 2007 retomberait. Le virage à droite ayant déjà été tenté, il ne serait plus possible en 2012, ne laissant aux Français d’autre choix que la gauche ou l’un des avatars possibles du Front National.

Car en effet la leçon à tirer du recul du FN est paradoxale. Il prouve la justesse de l’intuition de Sarko et la forte demande d’une part au moins des électeurs de Le Pen pour une droite qui s’assumerait enfin. Mais a contrario ce recul laisse une base solide au Front National, que masque le résultat en pourcentage. En effet, entre les scores cumulés de Le Pen et Villiers en 2007 et de Le Pen et Mégret en 2002 le différentiel est de 800.000 voix seulement. Cette base est solide puisque ces électeurs, traditionnellement plus mobilisés que la moyenne des Français, n’ont pas lâché leur camp malgré l’évolution de Sarkozy. Tout laisse donc à penser que la « droite nationale », quelle que soit la forme qu’elle aura alors, récupèrerait, en cas d’échec d’un quinquennat Sarkozy, la quasi-totalité de ces voix qui, ramenée à un taux de participation plus classique de l’ordre de 78%, représenteraient une base de 14%, à laquelle pourrait alors se joindre l’aile droite de l’électorat sarkoziste.

Les diverses gauches hors PS, éclatées, ont réalisé une importante contre-performance. On aurait cependant tort de trop se réjouir. Elle relève probablement plus du vote utile que d’un réel recul, mais pourrait aussi entraîner, paradoxalement, l’émergence d’une extrême gauche moins fragmentée et plus puissante qu’elle ne l’est aujourd’hui. Les Verts, par la sensibilité particulière qu’ils incarnent ; LO et le Parti des Travailleurs, en raison du caractère sectaire de ces organisations, devraient conserver leur indépendance. Par contre, la performance d’Olivier Besancenot, qui a gagné près de 300.000 voix par rapport à 2002, l’impose définitivement comme locomotive du courant antimondialiste et pourrait lui permettre de fédérer ce courant. Entre 2002 et 2007, seule la persistance du PCF et la popularité – et donc les ambitions…- du très médiatisé José Bové avaient empêché ce regroupement. Les résultats médiocres de ce dernier devraient l’empêcher de rééditer sa candidature. Même maintenu sous perfusion par le PS, le PCF pourrait bien voir ses cadres et électeurs aller vers une formation plus dynamique. Rien ne semble donc interdire la constitution d’un bloc antimondialiste, déjà largement inscrite dans les faits par l’interpénétration des états-majors de ces trois courants.

Une remarque pour finir sur le « vote catholique ». Avant le premier tour, d’importants débats ont eu lieu dans la presse et le web catholique sur « l’engagement des chrétiens en politique », les « points non négociables », les programmes « christiano-compatibles », etc. Au premier tour, et malgré ses positions sur le mariage homosexuel ou l’euthanasie, Sarkozy a obtenu 45% des voix des catholiques pratiquants. Par là même, ceux-ci perdent tout espoir de peser sur les orientations de l’UMP puisque, déjà ralliés, ils n’ont plus rien à négocier. Surtout, ils démontrent une fois de plus que, pour les catholiques français, la religion est d’ordre strictement privé, sans connexion avec le débat politique. N’en déplaise à Matthieu Grimpret, Dieu n’est pas encore dans l’isoloir…

par Minimissimus publié dans : Elections communauté : Les blogs républicains
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Mardi 24 avril 2007

Alors que la campagne du deuxième tour ne fait que commencer, on ne se lasse pas de revenir sur la mémorable soirée de dimanche, où les déballages et règlements de comptes ont commencé : on en entend de belles!

La meilleure de la soirée ayant sans conteste été la prestation mémorable de Bernard Tapie, nous ne résistons pas au plaisir malin de vous en offrir le lien : ça devrait vous distraire...

http://www.dailymotion.com/search/tapie/video/x1swvf_soiree-electorale

par Secrétariat Général du RDN publié dans : Journal de campagne
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Mardi 24 avril 2007

L'ancien secrétaire national du PS chargé des questions économiques était présent au meeting de Sarkozy à Dijon hier. Son témoignage de gogoléniste repenti en dit long sur la vilénie de ses anciens amis et explique comment un homme comme lui en vient à soutenir Sarko...

Bravo au PS de prendre ses électeurs pour des gogos naïfs que l'on va effrayer en agitant l'épouvantail. Nous savions déjà que ces gens-là étaient des menteurs : la preuve par Besson.

"Il y a quatre mois à peine je participais au début d'une entreprise délibérément conçue de diabolisation du favori de l'élection présidentielle", déclarait hier Besson à une foule proprement hallucinée. "Dès l'automne 2006, il était déjà limpide pour beaucoup d'entre nous que si la confrontation portait sur [...] les idées et sur la capacité à gouverner, alors Ségolène Royal n'avait guère de chance de l'emporter face à Nicolas Sarkozy. Il fallait donc, pour espérer le battre, le diaboliser, le caricaturer en espérant parvenir à ce qu'il fasse peur".

par Peronito publié dans : Journal de campagne
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Lundi 23 avril 2007

Les résultats du premier tour nous auront agréablement surpris, c'est peu de le dire. Tandis que Nicolas Sarkozy devance de près de cinq points Ségolène Royal avec un score qui dépasse les prévisions les plus optimistes, la gauche à la française, sclérosée et idéologue, apparaît en voie d'extinction. Le PS est distancé et les groupuscules d'extrême-gauche sont insignifiants, au point que les voix de gauche toutes additionnées atteignent environ 36% des voix.

S'il ne faut pas considérer gagnée une bataille qui n'est pas encore menée, les mines déconfites des responsables socialistes, les règlements de compte sur les plateaux télé de l'ancienne gauche plurielle et l'invisibilité de Royal auront rendu cette soirée littéralement jubilatoire! La déclaration de Gogolène, entrecoupée de coupures de courants et de silences crispés, enchaînait des phrases confuses et incompréhensibles. Une succession de concepts mis ensemble, l'absence du mot "gauche" et du mot "socialisme", rien ou presque en direction de la gauche de la gauche. C'était un discours de repli, de défaite, pas un discours de combat. Le contraste avec les déclarations de Bayrou et Sarkozy était tel que mêmes les journalistes s'en étonnaient fort!

L'explication a sans doute été donné par Bernard Tapie, qui peut se permettre de dire ce qu'il veut : "ceux qui font mine de soutenir Ségolène souhaitent en privé sa défaite" (comme on les comprend!). Il disait cela droit dans les yeux de Rebsamen et en le tutoyant, c'était une théorie très convaincante. Et comme il était plaisant de voir Fabius venir plaider (il est allé jusqu'à avouer que la présence de Royal au second tour était incertaine!) à la place de l'état-major de campagne de sa candidate, aux abonnés absents jusqu'à l'apparition très tardive de Rebsamen et Montebourg!

La gauche plurielle s'est en revanche montrée très dure, avec une Marie-George Buffet étonnament combattive et critique. Son score inférieur à 2% a certes dû la réveiller un peu! Quant à Eric Besson, qui faisait jusqu'il y a peu partie de l'équipe de campagne socialiste, il a simplement appelé à voter Sarkozy. Ce point de vue a fort irrité Jack Lang, dont le dernier lifting handicapait hélas sévèrement l'élocution.

Les autres n'avaient qu'à de délecter de ce spectacle... Il fallait en tout cas regarder régulièrement les résultats pour se convaincre que c'était le discours d'un camp qualifié au second tour, car le tout rappelait l'ambiance tendue de 2002.

Pendant ce temps-là, on cherchait Royal. Sa déclaration est venue tard, en direct des Charentes. La candidate prenait ensuite un "jet privé" (mazette!) pour rentrer à Paris, ce qui obligeait Hollande, remarquable d'abnégation et de talent - ce fut bien le seul dans leur camp - à faire l'animation micro au QG de campagne jusqu'à une heure du matin. Nous ignorons pour l'instant si elle est finalement arrivée avant le départ du dernier militant!

Ce soir, nous nous couchons avec une question préoccupante : mais où sont donc les socialistes?

par Peronito publié dans : Elections communauté : Contre Ségolène Royal et le PS
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Vendredi 20 avril 2007

Eric Besson n'a pas l'air très sympathique. Hiérarque socialiste, en charge des aspects économiques dans la campagne de Royal jusqu'il y a peu, il règle désormais ses comptes de façon fort peu élégante avec ses anciens camarades qui ne l'ont pas écouté. Ce n'est pas joli joli, mais la lecture de son bouquin est savoureuse et dresse un portrait terrible de Royal. Du reste, il ne fait pas de doute que les nombreux détails soient authentiques (pour preuve : il est encore en vente!). Jetez-y un oeil avant de voter.

Besson semble avoir une haute opinion de sa personne, et ce depuis sa prime jeunesse, lorsqu'il s'offrait un tiers de page dans le Monde pour clamer au monde qu'il avait échoué à l'ENA mais qu'il vivrait très bien sans. Il faut néanmoins oublier le personnage et lire son témoignage comme un récit in vivo d'une campagne fantaisiste, et un portrait lucide sur l'agitée du bocal qui la conduit, à l'aveugle.

Morceaux choisis :

Je pense, en conscience, que Ségolène Royal ne doit pas devenir Présidente de la République. Je ne le souhaite pas pour mon pays. Je le redoute pour mes enfants. (Qui connaît Madame Royal?, page 9)

Je le dis sans passion aucune, calmement mais fermement : ce que construit Ségolène Royal est mensonger et dangereux, pour la gauche et pour la France. (id., page 9)

Elle promeut une démocratie participative qui n'est que mascarade. Elle fait croire aux citoyens qu'ils seront les inventeurs de son programme [...]. Tout le monde sait que c'est faux. [...] A l'arrivée, c'est l'arbitraire, des décisions incompréhensibles, l'opinion flattée, distraite, amusée, et des catastrophes économiques programmées... (page 10)

[...] l'archaïsme qui sous-tend sa pensée : une détestation sourde de la modernité, de la science, de la raison et du progrès... (page 12)

Elle dit : "ce qui m'importe c'est que le budget de la Nation soit participatif". [...] Tout le monde est atterré. Personne ne réplique. Un ange passe, tout le monde se regarde. (pages 140 et 141)

La France ne peut s'offrir le luxe de cinq ans d'errements et d'immobilisme. Elle ne s'en remettrait pas. (dernière page)

par Peronito publié dans : Journal de campagne
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Vendredi 20 avril 2007

Valéry Giscard d'Estaing aura attendu les derniers jours de la campagne pour achever François Bayrou : il a annoncé mercredi qu'il voterait pour Sarkozy, "le seul à réunir les conditions qui nous permettent de choisir raisonnablement notre futur président". Désormais, on peut dire que tous les anciens Présidents encore en vie soutiennent Sarkozy!

Pour VGE, Sarko c'est le pied : majorité solide en vue, perspectives de renouvellement.

Et de la part du fondateur de l'UDF à l'attention de Bayrou : "l'UDF n'a jamais eu pour vocation ni pour comportement d'entretenir l'incertitude, de flotter dans le vide entre des politiques évidemment différentes, et de s'appuyer sur des majorités impuissantes et fragiles". Tout est dit!

par Peronito publié dans : Journal de campagne
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Mercredi 18 avril 2007

Azouz Begag n'en finit pas d'illustrer sa reconversion, qui tient plus du chamane que du sociologue, en vidant son fiel sur Sarkozy. Dernière perle en date? Une perle bien raciste : "les sondages ne reflètent pas la réalité. Il y aura une grande surprise. Tous les arabes et tous les noirs [...] détestent Sarkozy".

La surprise que tu nous promets, c'est Azouz premier ministre de Bayrou, peut-être?

On attend les prochains oracles avec impatience!

par Peronito publié dans : Journal de campagne
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